16.01.2007
Qui est communiste ?
D’où vient le déficit d’identité ou la perte des liens sociaux dans nos sociétés actuelles. Pourquoi constater que le monde s’enrichit en donnant l’impression que le nombre de gens malheureux augmentent aussi par la même occasion ?
Claude Riveline apporte une analyse à deux dimensions :
La distinction sédentaire/nomade, et la distinction avec projet/sans projet. La première distinction recouvre, pour fixer les idées, tout ce qui oppose la fabrication, éprise de continuité, au commerce épris de mouvement ; la seconde, la différence entre ceux qui savent où ils vont, et les autres.
Ces deux distinctions délimitent quatre catégories d’acteurs avec chacun des rêves et chacun des cauchemars.
Les premiers, les sédentaires avec projet, comprennent, outre les industriels au sens strict, les gestionnaires du territoire, les chercheurs, les artistes. Dans un monde où tout change de plus en plus vite, leur cauchemar est la précarité.
Les seconds, les nomades avec projet, comprennent donc les vendeurs, et tout ceux dont le territoire de conquêtes s’étend à la planète entière. Leur vie est faite de voyages, de vigilance, d’avalanches d’informations. Leur cauchemar est le stress.
Les troisièmes, les sédentaires sans projet, comprennent tous ceux qui sont payés à ne rien faire, ou à faire des choses qui ne leur apportent guère de sens. Pour certains, qui trouvent leur bonheur ailleurs, cela peut être un rêve, pour d’autres, un cauchemar, que j’appellerai la déprime.
Les quatrièmes, les nomades sans projet, sont ceux qui n’ont plus de lieux où ils seraient connus et estimés. A l’exception de quelques ascètes errants qui ont choisi un tel destin, la vie de ces derniers est le cauchemar de l’exclusion.
Cette nomenclature présente l’avantage de faire abstraction du revenu.
Total annonçait il y a quelques jours des résultats encore une fois historique de plus de 12 milliards d’euros de bénéfice. Pas mal me direz-vous de faire gagner à une entreprise 1 milliard d’euros par mois. Mais encore trop loin des bénéfices des américaines. Pourtant la réaction en France fut plutôt négative, enfin en tout cas comme je l’ai perçu à 10 000 kilomètres que je suis. Il est vrai que Total est perçu comme une entreprise polluante et n’est pas très populaire sur les campus à cause de l’Erika notamment. Encore une fois, l’entreprise devrait aussi donner du sens à la création de la valeur mais c’est un autre débat. Ce que je voulais écrire aujourd'hui, c’est qu’une entreprise comme Total va permettre d’offrir à deux de mes connaissances des expériences extraordinaires, un stage en exploitation au Nigéria ou encore en Mongolie. Peu d’entreprises au monde peuvent offrir ce genre de défi à l’international comme Total. Si nous perdons ces grandes entreprises à les embarrasser encore en les taxant comme Ségolène Royal le propose, comment les français vont pouvoir être crédible à l’international ? Ne pense pas trop franco français en métropole ?
Total serait donc selon la grille de lecture de Riveline un nomade à projet, et les français pensent peut-être un peu trop en tant que sédentaire avec ou sans projet, peur de la précarité ou de la déprime, c’est selon. Mais nous ne sommes plus seuls, et le marché ne fera aucun cadeau aux entreprises françaises qui ont depuis longtemps plus de salariés à l’étranger qu’en France. Quand je vois que L’Oréal est leader avec seulement 10% du marché, c’est dire que la compétition est féroce.
Récemment le gouvernement chinois a décidé par une nouvelle loi de ne plus s’occuper de la stratégie internationale de ses firmes championnes comme Haier, TCL ou Lenovo.
Quand je vois les propositions faites en France, je me demande vraiment quel est le pays communiste entre les deux. D’un côté le PDG de Total est perçu comme le méchant capitaliste pendant que le PDG de Lenovo est un héros ici en Chine.
06:00 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Economie, france, chine


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