05.03.2007
Le second bond en avant
La Chine se rêve en immense incubateur de grandes multinationales (MNC : MultiNational Company) plus qu’en atelier du monde. A voir l’admiration des chinois pour les entreprises coréennes ou japonaises,
c’est vers ce développement qu’aspire la Chine d’aujourd’hui. L’objectif est clair : construire 50 multinationales chinoises parmi les 500 premières entreprises mondiales d’ici 2010 contre seulement 15 en 2005.
La trajectoire qu’a emprunté le Japon ou la Corée comporta trois différentes phases distinctes : Build, Borrow and Buy.
On construit d’abord des usines pour offrir le plus souvent un espace pour les multinationales à venir s'installer dans les pays Low Cost : Build.
On emprunte ensuite en passant par les montages juridiques tels Joint Ventures ou partenariats stratégiques les technologies pour améliorer les process, la qualité et commencer à exporter.
On achète ensuite des marques et du capital à l’étranger pour assurer ces positions.
Particularité pour la Chine, le développement se fait en accéléré en sautant parfois les étapes ou en les appliquant dans le même temps. La Chine est devenue, en empruntant les savoir-faire, le premier exportateur de jeux, jouets, vêtements, et maintenant de fournitures de bureaux et d’électronique. Pour accélérer le process, les investissements étrangers se portent désormais vers le secteur de la RetD. Résultat : la Chine est devenu le numéro 3 dans l’export mondial.
Ensuite la Chine achète les savoir faire manageriaux lorsque Lenovo achète IBM ou lorsque Haier rachète Maytag. Dans le même temps, la construction d'un marché de plus de 100 millions de personnes au revenu comparable aux pays développés est en passe d’être assuré.
Lorsque Toyota ou Hyundai met 30 ou 40 ans pour s’affermir et devenir crédible à devenir leader mondial et pouvoir assurer ses investissements à l’étranger, c’est en deux fois moins de temps que Shanghai automotive veut bousculer le marché.
Quand l’on pense que Lenovo a mon âge, 22 ans…créé en 1984 par 11 scientifiques dans les campus de Beijing. Après Joint Venture avec AOL ou Microsoft, là voilà à racheter IBM.
Donc comment les MNC vont-elles devoir réagir pour aller challenger les chinoises ?
Tout d’abord en développant des unités qui parlent couramment la Chine (China-fluent management), unités qui font des profits et proches du marché.
Etre très tendu sur les coûts et réapprendre s’il le faut à être compétitifs sur les coûts mais battre les chinois sur leur propre terrain s’annonce difficile.
Conserver tout de même les segments de marché à haute valeur ajoutée sur les marchés stratégiques.
Traiter le problème des ressources humaines comme un champ d’action stratégique. Etre premier de la classe pour attirer, conserver, motiver les talents.
Accélérer et internationaliser la RetD.
S’assurer que l’on respecte nos engagements envers nos consommateurs : de près, on se comprends mieux, organiser des feed backs de la part des clients, avoir une supply chain compétitive…
03:05 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, economie, croissance, business


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