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30.03.2007
La présidentielle version chinoise
Parmi les conversations favorites que l’on peut échanger avec nos amis les taxis chinois, il y a outre les classiques « depuis combien de temps es-tu là ? », « d’où viens-tu ? » et « ton chinois est si bon ! », le thème de la France est 还不错 hai bu cuo, c'est-à-dire la France, c’est pas mal ! assorti d’un JiDaNei soit Zidane dans le texte pour les jeunes générations ou d’un Platini pour l’ancienne génération revient assez souvent. Les plus politisés arrivent à connaître DeGaoLe 德高乐 pour DeGaulle, ce qui est un nom traduit magnifiquement en chinois par Vertu-Grandeur-Bonheur, preuve que la reconnaissance par la France de la République Populaire de Chine à l’époque a marqué les esprits. Dommage tout simplement que l’essai diplomatique n’est pas été transformé économiquement mais je garde cette remarque pour un post économique.
Parmi mes collègues de travail peu connaissent 希拉克, XiLaKe pour Chirac, où je reconnais tout de même le caractère de la rareté dans le choix du 希, signe tout de même que l’on a choisi un joli nom pour traduire un nom d’homme politique gaullien.
C’est le vide total pour ce qui est de la couverture de la campagne présidentielle en France contrairement à ce qui se passe en Europe. C’est peut-être un peu tôt, ou tout simplement les chinois ne sont pas assez politisés pour pouvoir prendre goût à notre sport national. Les médias de Hong-kong et de Taiwan couvrent plus l’événement.
J’ai tout de même trouvé les traductions des noms de 10 candidats sur 12 ! Désolé pour les partisans de Schivardi et du CNPT.
Je me suis aventuré à une traduction hasardeuse et volontairement francisée mais il faut savoir que la majorité des sinogrammes utilisés pour la traduction du nom ne sont utilisés que pour une transcription phonétique. Il est assez rare d’y trouver du sens comme pour la traduction de DeGaulle par exemple. Toujours est il qu’il est assez inutilement ludique de vouloir traduire mot à mot pour un occidental :
Sarkozy : 萨尔科齐 SaErKeQi est Boudha qui vous adresse une amende.
Royal : 罗亚尔 : LuoYaEr rassemble l’Asie
Bayrou : 贝鲁 : BeiLu le coquillage grossier
LePen : 勒庞 : LePang le gros qui ne court pas vite
Buffet : 比费 : BiFei compare les dépenses
Besancenot : 贝桑瑟诺 : BeiSangSeNuo ou les promesses d’une baie sauvage qui joue de la flûte (ma plus poétique)
Bové : 博韦 : BoWei porte du cuir doux et cher
Voynet : 瓦内 : WaNei est à l’intérieur de la tuile
Laguillier : 拉吉耶 : LaJiYe traine la chance
DeVilliers : 德维利耶 : DeWeiLiYe (tente de) conserver l’honneur
Cette note s’inspire d’un post d’un très bon blog écrit par un autre jeune expatrié en Asie, mais au Japon cette fois ci.
08:24 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : chinois, france, présidentielles, traduction
28.03.2007
Lean Manufacturing vocabulary
I worked these past few weeks on lean manufacturing projects so I gathered some specialized (so hard to find) vocabulary. I used this vocabulary during preparation and implementation of Kaizen week. This is the list of words I used to improve communication between foreigners and Chinese local team involved with the project:
Analyse : FenXi : 分析
Bottleneck : PingJing : 瓶颈
Concept : GaiNian : 概念
Cost Reduction : JiangDi ChengBen : 降低成本
Customer : KeHu : 客户
Demand Forecast : XuQiu YuCe : 雪球预测
Efficiency : Xiaolv : 效率
Eliminate : XiaoChu : 消除
Equipment : ZhunBei : 准备
Flexible : LingHuo : 灵活
Flow processes : LiuShui ZuoYe : 流水作业
Human work : ShouGong CaoZao : 手工操造
Information : JiaoLiu : 交流
Jidoka : Zhi Neng ZiDongHua : 智能自动化
Just In Time production : Jishi Shengchan : 及时生产
Kaizen : GaiShan : 改善
KanBan : KanBan : 看板
Layout : BuJu : 布局
Lot : PiLiang : 批量
Machine work : JiQi CaoZao : 机器操造
Measure : CeSuan : 测算
Mission : RenWu : 任务
Muda of defective parts and reworking : Bu LiangPing de LangFei : 不良品的浪费
Muda of inventory : ZaiKun de LangFei 在库的浪费
Muda of motion : DongZuo de LangFei : 动作的浪费
Muda of over-production : ZhiZao GuoDuo : 制造过多
Muda of processing : JiaGong de LangFei : 加工的浪费
Muda of transportation : BanYun de LangFei : 搬运的浪费
Muda of waiting : DengDai de LangFei : 等待的浪费
Muda : LangFei : 浪费
One piece time flow : ZhengKuai JiaGong : 整块加工
Operation : CaoZao : 操作
Operator : CaoZuoYuan : 操造员
Optimum : ZuiJia : 最佳
Poka Yoke : YiChang TanCe ZhuangZhi : 异常探测装置
Practice : ShiJian : 实践
Price : JiaGe : 价格
Principle : YuanZe : 原则
Production Plan : ShengChan JiHua : 生产计划
Production : ShengChan : 生产
Profit : LiRun : 利润
Project : XiangMu : 项目
Pull production system : 拉动生产系统
Reduction : JianShao : 减少
Room : FangJian : 房间
Savings : JieSheng : 节省
Standardized Work : BiaoZhun ZuoYe : 标准作业
Standardized work-in-process : BiaoZhun ZuoYe ChengXu : 标准作业程序
Statistic : TongJi : 统计
Takt Time : ChanJu ShiJian : 产距时间
To control : KongZhi : 控制
To evaluate : PingGu : 评估
To investigate : DiaoCha : 调查
To manufacture : ZhiZao : 制造
To optimize : YouHua : 优化
Visual control : MuShi KongZhi : 目视控制
Warehouse : KuFang : 库房
Working Sequence : ZuoYe ShunXu : 作业顺序
02:35 Publié dans Vie de l'Entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Lean manufacturing, chinois
26.03.2007
Entrepreneur en Chine : 1- Meet the players
白忍成金BaiRenChengJin littéralement signifie des « centaines de moments de souffrance se transforment en or » et constitue à mon sens un proverbe (chengyu) important dans la vie des entreprises chinoises. Car après tout, le degré de sympathie que l’on éprouve envers nos amis les chinois même si c’est parfois teinté de « périljaunisme » ces derniers temps est à mon avis lié au fait que les chinois savent souffrir, et souffrir beaucoup, en attendant des jours meilleurs et dorés.
En terme de purchasing power, la Chine est la deuxième puissance au monde derrière les Etats-Unis, pourtant vous lecteur, pouvez vous me donner le nom d’un seul entrepreneur venu de l’empire du milieu ?
Des centaines d’ouvrages sont consacrés aux entrepreneurs américains qui ont su naviguer dans les eaux mouvantes du business américain. Tout le monde a au moins entendu parler des Bill Gates, Michael Dell, Rockfeller, Henry Ford, Sam Walton, Donald Trump, qui sont autant d’icones de l’entrepreneuriat américain mais qu’en est-il des entrepreneurs chinois à la tête des nouveaux fleurons de l’industrie chinoise ?
Je trouve la question intéressante car construire un business viable en Chine est sans doute une tâche plus ardue qu’ailleurs du fait du caractère mouvant et imprévisible de l’économie. Ils sont de plusieurs types :

- Une incertitude en termes de politique industrielle et de régulations.
La nouvelle loi sur la reconnaissance de la propriété privée de la semaine dernière (à l’exception de la terre qui reste propriété de l’Etat) change encore une fois la donne pour un grand nombre d’acteurs économiques. La Chine devient du jour au lendemain une nation d’héritiers, terme proscrit et combattu il y quelques dizaines d’années. En 2003, c’est encore un changement dans les textes de loi au sujet des investissements dans l’immobilier qui a changé les règles du jeu de manière drastique. Bien sûr, il y a ce que dicte le gouvernement central et ce qui est réellement appliqué comme le montre l’exemple il y a 2 ans de la taxe sur les boissons qui réduisait de 20% le profit de certaines compagnies alors que dans certaines provinces la loi n’était pas appliquée par les gouvernements locaux.
- Une intégration incertaine dans le marché global.
Si la Chine entre dans le système d’économie de marché en acceptant les conditions de l’OMC, ceci implique que les entreprises chinoises doivent faire face à la concurrence accrue des champions étrangers aux revenus substantiels et à la capacité d’investissement qui ne peut souffrir comparaison avec les chinoises. Les franchises que vont devoir payer les fabricants de DVD car ils ne maîtrisent pas les technologies américaines ou japonaises sont un exemple du fait que les chinois sont dépendants sur certains secteurs de la maîtrise de la technologie étrangère.
- Un accès incertain au capital et un coût fluctuant.
Alors que les banques d’Etat ont toujours bien voulu prêter aux entreprises d’Etat, il n’en est pas de même pour les entreprises privées. C’est ce que j’ai pu constater pour un de nos fournisseurs chez qui l’on confiait que très peu de charge, mais qui avait une force de réaction encore plus élevée que notre filiale à 100% capitaux français. Après recherche rapide sur le statut de la société, je me suis rendu compte qu’elle appartenait à un grand groupe d’investisseurs issu du parti communiste et qui détenait des capitaux dans différents business comme l’hôtellerie ou l’immobilier et donc le nôtre. Pas étonnant qu’ils bénéficient d’une force de frappe plus rapide et efficace que la nôtre en termes d’investissement ou par exemple de ressources humaines.
Après les événements de Tiananmen, nombre d’investisseurs étrangers ont retiré leurs avoirs de Chine, causant encore une fois une épreuve de plus aux entrepreneurs privés notamment dans les télécommunications. Très dur de s'assurer une pérennité des investissements lorsqu'on est pas lié d'une façon ou d'une autre au gouvernement.
-Des données macroéconomiques variantes.
Même si le Renminbi est fixé à taux d’échange un contre un avec le dollar, les fluctuations et un décrochement du dollar est à prévoir et à anticiper pour les entreprises chinoises qui sont considérablement dépendantes des exportations. Une épreuve de plus pour les entreprises qui achètent beaucoup de matières premières, des licences technologiques ou détiennent des investissements en dollars. Même si la stabilisation est l’objectif de Pékin, l’incertitude n’arrange pas la visibilité.
-La mouvance de la propriété intellectuelle.
Désormais, la Chine est dotée de toutes les armes légales modernes en terme de propriété intellectuelle mais c’est encore tout neuf et là encore l’application des règles reste au bon vouloir des décideurs locaux. A qui appartient le savoir reste une question d’actualité. Comme le prône le prix nobel d’économie Stiglitz en visite à Pékin, une solution iconoclaste serait de confier la propriété du brevet à l’Etat et ainsi d’imposer de reverser des royalties à ceux qui utilisent le brevet. Je trouve cette politique plus sage que la loi américaine qui permet de déposer un brevet sur ce qui relève du bien commun, comme un gène par exemple. Imaginez la puissance d’un laboratoire américano-suisse s’il arrivait à imposer une taxe de propriété sur le génome du riz en Chine.
C’est pour ces cinq principales raisons que les entrepreneurs chinois ont bien du mérite à pouvoir conduire leur entreprise face à tant d’inconnues. Je me propose tous les lundis de vous en présenter un dans différentes branches d’activités de l’économie chinoise. En tout cas comme vous le montre la photo que j’ai prise dans un aéroport en Chine, l’entrepreneur chinois boit du Perrier et s’entiche du café Starbucks.
09:10 Publié dans Vie du Marché | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Economie, marché, stratégie, entrepreneur, management
23.03.2007
Délocalisation ou sous-traitance ?
Le rapport de sous-traitance peut être défini de la façon suivante :
« Un rapport économique où une entité, appelée donneur d’ouvrages, demande à une autre entité indépendante, le sous-traitant (ou fournisseur), d’entreprendre la production ou la transformation d’un matériel, d’une composante, d’une partie, d’un sous-ensemble ou de fournir un service industriel selon les caractéristiques définies par le donneur d’ouvrages. »
Le rapport de sous-traitance entre Nord et Sud mais aussi inter régional Est-Ouest en Chine, a tout de la relation Win-Win. Il permet de faire des économies d’échelles, de réduire la capacité disponible, d’améliorer la productivité et l’efficacité et de tirer bénéfice des transferts de technologie pour le sous-traitant. De plus il permet de soutenir la croissance et de construire un tissu économique dynamique dans la région en développement. D’autre part, pour les donneurs d’ordre, il permet de réduire les coûts de production de manière significative et ainsi d’améliorer leur compétitivité et de se concentrer sur les activités de recherche et développement tout en ayant accès à des composants, sous-ensembles ou services industriels de haute qualité. Cette efficacité accrue et les ressources disponibles qui en résultent permettent à leur tour de générer des opportunités d’emplois.
Pourtant l’opinion la plus largement répandue dans les pays occidentaux est celle selon laquelle les pays à potentiel aurait un effet négatif sur le marché de l’emploi des pays développés. Une étude de l’Onudi : « Organisation des nations unies pour le développement industriel » a mené une étude afin de déterminer quel était l’impact réel de la sous-traitance internationale sur les marchés de l’emploi des pays industrialisés.
Concernant les effets de la sous-traitance internationale dans les pays en voie de développement sur le marché de l’emploi des pays développés, les arguments se divisent en 2 catégories. D’une part, la plupart des économistes soutiennent la thèse selon laquelle le commerce international avec les pays en développement est encore trop faible pour avoir un effet prépondérant sur le marché de l’emploi. La cause est plutôt attribuée à des changements technologiques. D’autre part, quelques chercheurs ont la thèse inverse, soutenant que les deux phénomènes sont d’un impact comparable sur le marché du travail. Mais sous l’impulsion de la compétition des nations dans une économie mondialement intégrée, ce phénomène est naturel et résulte de l’internationalisation du travail et de la répartition suivant les caractéristiques de chaque pays.
A travers une série d’études académiques, l’Onudi tend à affirmer que les investissements étrangers directs (IED) dans les pays en voie de développement sont complémentaires à la main-d’œuvre des pays développés. De plus, la substitution d’activités productives est un phénomène qui se produit entre pays de niveaux de développement semblables.
07:50 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, chine, sous-traitance
Un lien, des liens
Je signale la tenue d'un excellent blog "pour échanger sur les différences culturelles entre français et ressortissants d'autres pays en contexte professionnel" comme il est dit en bannière.
Comme je l'ai voulu dès le début de l'écriture de ce blog, l'aspect multiculturel de mon expérience en Asie revet pour moi d'une importance primordiale et il y a des articles sur ce blog qui font écho à ce que je suis en train de vivre ici sur place.
Laissez vous guider par des articles éclectiques et qui témoigne d'un grand niveau d'érudition de l'auteur.
A bientôt Bernard pour de nouveaux débats sur l'esprit Kaizen au pays de confucius.
04:35 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
21.03.2007
Les recettes du Docteur Yao
Me voilà pris par les affres de la grippe dans un pays où l’on peut avoir peur d’aller dans les hôpitaux publics. Ceci dit je l’ai expérimenté il y a quelques mois suite à un mal de gorge qui s’était un peu compliqué sans doute à cause de la pollution, et j’ai bien apprécié la saveur de se faire consulter avec 12 amis chinois autour de moi curieux de voir l’étranger dans cet hôpital de banlieue, ainsi que d’être sous perfusion pour on ne sait quelle raison dans une grande salle avec 50 autres amis chinois.
Alors cette fois ci, j’ai fait appel à un médecin pouvant se déplacer à domicile et qui m’a traité par la médecine chinoise traditionnelle. Les résultats sont tout de même étonnants car la fièvre est tombée au bout de 2 jours et j’ai été sur pied rapidement.
Idem pour une douleur au genou persistante qui n’a été traitée seulement que par des massages alors qu’en France, on m’avait prescrit un traitement très lourd et vomitif. Alors bien sûr pour ce qui est de mon ligament, il attend d’être opéré, mais toujours est-il que j’éprouve un soudain intérêt pour ces techniques traditionnelles et douces de traiter la maladie ou la douleur.
La médecine chinoise traditionnelle met surtout l’accent sur la prévention plutôt que le traitement a posteriori, et elle a permis tout de même à ce pays de ne pas subir à la même échelle qu’en Occident les horreurs de graves épidémies du Moyen Age.
L’acupuncture, le massage, le traitement par les herbes sont la base de cette médecine qui voit son intérêt grandir parmi la communauté internationale. Pensez donc que mon professeur de math sup au lycée du Parc à Lyon vient jusqu’à Pékin pour pouvoir devenir lui aussi spécialiste en médecine traditionnelle chinoise !
C’est d’ailleurs la seule grande pensée traditionnelle que la Révolution Culturelle n’a pas balayé et a voulu conservé malgré tout.
Il y a bien débat pour savoir si l’acupuncture a de véritables vertus thérapeutiques, et en Chine désormais il y a plus de médecins pratiquant la médecine occidentale mieux reconnue que la MCT et il y a doit y avoir aussi du placébo qui joue en la faveur du praticien mais tout de même, je reste persuadé qu’un traitement parfois plus doux de la douleur surtout lorsqu’elle d’ordre nerveuse ou musculaire par les plantes ou les massages est bénéfique pour la santé.
08:55 Publié dans Vie Culturelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, chine, medecine
19.03.2007
Que faire de 300 milliards de dollars ?
Evénement sur la planète finance, le plus grand fonds d’investissement du monde vient de voir le jour en Chine, pays communiste. Que pensez de cette entrée fracassante dans l’économie de marché à l’anglo saxonne ? Et surtout que vont-ils faire de tout cet argent qui pourrait racheter une entreprise comme Total à lui tout seul ?
Lou Jiwei, ancien vice ministre des finances, est donc le nouveau Warren Buffet puisqu’il a été retenu pour diriger cette nouvelle agence qui devrait gérer entre 200 et 300 milliards de dollars. Cette décision, je la trouve naturelle, et dans la lignée de ce qui a pu être fait par les sud coréens ou les singapouriens avec leur fonds d’investissement Temasek holding qui affiche une belle santé. Ayant 1000 milliards de réserves en bons de trésors américains, il est temps pour la Chine de diversifier son avoir.
Les chinois dépendent beaucoup de l’exportation comme chacun sait, et les américains sont très contents d’être financés par l’épargne chinoise puisqu’ils vivent au-dessus de leurs moyens. C’est donc une relation bilatérale entre les deux géants qui a des avantages réciproques jusqu’à ce que…jusqu’à ce que l’endettement américain devienne trop élevé et qu’un ajustement s’opère de manière coopérative ou chaotique ? Je n’ai pas la réponse…
En tout cas, en créant une telle force de frappe, Pékin suscite le débat sur l’utilisation de ces centaines de milliards de dollars : les utiliser pour réduire la pauvreté ou pour investir à l’étranger ?
Ce qu’il faut savoir c’est qu’une partie des réserves, les fameux 1000 milliards de dollars ont déjà été en partie utilisé pour aider les banques, assureurs et courtiers chinois qui étaient très mal en point par l’intermédiaire de Central Beijing, l’actuelle agence d’investissement du parti. Les programmes sociaux n’ont pas encore été évoqués à part le vœu pieux d’une société harmonieuse.
Il s’agit de créer un rendement sur une partie des réserves (20%) qui par définition étant en dollars, est soumise à la fluctuation du billet vert. Pourquoi ne pas diversifier en d’autres devises, et là européen que je suis, je lance le mot euro ! Mais ce serait se tirer une balle dans le pied puisque convertir veut dire faire baisser la valeur du dollar et donc de son fonds… La deuxième solution est d’obtenir un rendement compensateur, une sorte de prime de risque qui permettra de compenser les pertes futures puisque le dollar est amené à baisser. Comme les grands fonds de pension : diversification internationale, private equity, actions, voilà le programme.
Des actifs dans le secteur de l’énergie seraient prioritaires, mais le mot d’ordre est à la prudence… Eads pourrait il constituer une cible potentielle ?
03:40 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, chine, finance, fonds d'investissement
14.03.2007
Du Lean Manufacturing en Chine
Avec tellement d’industriels sur le sol chinois désormais, l’avantage du bas coût perd de son attractivité et ne constitue plus un élément différentiateur. Il faut trouver alors d’autres moyens pour faire baisser les coûts. Pour remplir cet objectif, les usines chinoises adoptent les bonnes pratiques en production comme le Lean Manufacturing qui a fait ses preuves dans d’autres pays.
Toyota, pionnier en la matière il y a plus d’une génération fait donc maintenant la leçon au pays voisin : travailler sur la partie non valeur ajoutée du process, réduire les MuDa (gaspillage en japonais), améliorer le niveau de qualité, réduire les lead time…
Mais appliquer les techniques du Lean s’avèrent une tâche ardue en Chine et ces deux dernières semaines où j’ai pu aider à la formation et au bon déroulement d’une semaine Kaizen sur notre entreprise m’a démontré qu’il fallait trouver des compromis pour appliquer les best practices japonaises.
Les fournisseurs par exemple ne sont pas si stables et dignes de confiance comme peuvent l’être les panels dans d’autres pays. Mettre en place des politiques de Just In Time est très difficile à contrôler.
Un des exemples de contraintes que l’on peut trouver en Chine est le problème de qualité des fournisseurs locaux, qui peuvent nous livrer des produits de bonne qualité pour les deux premières commandes puis soudainement la qualité s’en va pour la troisième commande. Nous n’avons que très peu de visibilité aussi sur les prévisions qui peuvent être très variable sur le marché chinois contrairement au marché européen qui est très stable et sur lequel on peut travailler en flux tendus sans trop de risques.
Un autre problème en Chine est celui des ressources humaines, il faut des personnes qualifiées avec au moins quelques années d’expérience dans l’entreprise pour pouvoir appliquer ces concepts, il faut aussi s’assurer qu’ils resteront à l’issu de tel projets car ce type de démarche de progrès continu nécessite un suivi de tous les jours et une constante remise en question.
Enfin le principal challenge est sans doute celui du type de management que l’on doit appliquer pour ce type de projet. Pour une semaine Kaizen (kaizen pour amélioration ou GaiShan en chinois), le team leader passe d’un statut de manager à celui problem solver. Ce qui est très dur en Chine. Les gens sont très peu enclins à discuter des problèmes, à être créatifs sur la façon de le résoudre, et le poids hiérarchique est presque impossible à surpasser. Les ouvriers ne donnent pas d’idées à leurs managers, c’est la règle ici. Construire une équipe capable de communiquer efficacement pour résoudre des problèmes est un vrai défi en Chine. Mais ce n’est que le début pour ce genre de projet dans mon entreprise et lorsque j’ai pu faire la remarque : « maintenant, il va falloir rattraper le retard par rapport aux japonais », ils sont tous devenus extrêmement sérieux et politisé et se sont attelés à la tâche de manière très courageuse.
04:45 Publié dans Vie de l'Entreprise | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Chine, culture, lean manufacturing, kaizen, interculturel, entreprise
12.03.2007
Elder Brother China wins over younger brother Korea
Alors que les relations US-Corée se détériorent, la Corée se tourne de plus en plus vers son pays voisin : la Chine en qui elle voit une alternative intéressante pour la péninsule coréenne en terme diplomatique et économique. Pékin a largement réussi à se positionner comme une opportunité à saisir plus qu’une menace sur l’économie coréenne. Depuis la normalisation des relations en 1992, notamment avec la volonté de la part de la RPC de soutenir de manière plus marginale le régime nord-coréen, les liens économiques entre les deux pays se sont incroyablement raffermis. Les coréens reconnaissent l’influence grandissante du grand frère, et profitent aussi de la fièvre chinoise avec 20% de croissance annuel des échanges commerciaux entre les deux pays depuis 92. Le mandarin est largement étudié dans les universités coréennes, surpassant le japonais désormais en popularité, la Chine est le pays le plus visité par les coréens, et un tiers des étudiants étrangers en Chine sont coréens. A Pékin, les little Korea sont situés du côté de WuDaoKou ou de WangJing et l’on sent toute l’influence coréenne culturelle sur le marché chinois. Les investissements coréens excèdent désormais 2 milliards de dollars par an et non plus seulement dans les villes voisines de Shandong, Beijing, Tianjin, Qingdao, mais à l’ouest désormais. Les entreprises coréennes emploient des centaines de milliers de travailleurs chinois notamment dans la téléphonie mobile (LG à Tianjin), l’automobile (Hyundai à Beijing), l’acier, la chimie, l’électronique…
La chine est perçue comme une « land of opportunities », comme en 2001-2002 où les économies américaines et japonaises en récession, les coréens trouvèrent chez son voisin l’occasion de réduire ses coûts et des relais de croissance sur ce marché. Mais la même problématique qu’en Europe se pose lorsqu’on aborde les projets de délocalisations. Plus de 40% des entreprises coréennes ont au moins le projet si ce n’est déjà fait de s’installer en Chine. L’emballement économique chinois fait aussi monter les prix des matières premières et bientôt les entreprises chinoises pourront rivaliser en qualité avec les coréennes…
En suivant un projet où coréens et chinois ont à travailler ensemble, je constate au quotidien les différences culturelles entre les deux pays. Je pense que j’aurais eu plus de mal à travailler de l’autre côté de la mer Jaune, étant donné le respect encore plus confucéen que l’on témoigne envers les aînés en Corée. Impossible aussi de voir une femme désignée team leader de côté coréen… mais de ce côté ci, la place de la femme dans la société du travail est plus valorisée.
Dans ce projet de transfert de technologie, combien les négociations sont dures pour imposer un labelling made in china même si les produits ne sont pas destinés au marché coréen ! Témoin de l’esprit extrêmement nationaliste des coréens, il sera très dur d’établir un climat de confiance entre coréen et chinois avec cette caractéristiques particulière à la Corée que les étrangers au pays du matin calme sont peut-être moins bien accueillis qu’en Chine. Je retrouve un peu les mêmes aprioris dans les relations qu’entre européens et chinois avec en plus un élément asiatique commun s’appelant monsieur Face. Ne pas perdre la face, surtout pas ! J’ai parfois l’impression qu’entre professionnalisme et cet enjeu culturel, le mariage ne fonctionne pas toujours très bien. Mais c’est le jeu et le challenge à relever lorsqu’on travaille en Asie.
Par contre, chose extrêmement utile pour apprendre le coréen : l’utilisation de quelque chose de fabuleusement ingénieux qui s’appelle… un alphabet… pas besoin d’apprendre 6000 caractères pour apprendre à lire !
09:45 Publié dans Vie de l'Entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Corée, Asie, Chine, face, interculturel
09.03.2007
Votre nouvelle adresse en Asie
Pendant qu’en France, on tergiverse, on discute, on raille et on râle, je suis de plus en plus sceptique sur la capacité de mon pays à casser les tabous idéologiques et les raisonnements incrémentalistes, cette attitude qui veut qu’on ne bouge les choses que par petits pas, et surtout pas brutalement pour ne pas faire peur à tout le monde pour reprendre les mots de Castries, président d’Axa.
Voilà un de ces projets dont l’Europe n’est plus capable depuis des dizaines d’années d’imaginer. La Malaisie annonce un projet de construction d’un nouveau landmark dans le paysage mondial des affaires. Elle espère attirer des milliards de dollars pour aménager la cité de Johor et construire un nouveau Shenzhen ou Honk-Kong. C’est le premier ministre Abdullah Ahmad Badawi qui annonce que l’état voisin de Singapour espère attirer les investisseurs du Moyen-orient, des Etats-Unis et de l’Asie.
« Nous avons un plan sur 20 ans pour attirer 105 milliards de dollars dont 50 milliards de ringgit (soit 13,6 milliards de dollars) d’ici 5 ans » a-t-il déclaré à la conférence inaugurale du développement de la région d’Iskandar qui supervise ce projet.
L’objectif est on ne peut plus ambitieux, celui de construire sur un territoire 2,5 fois plus grand que Singapour une large zone urbaine à fort potentiel. Le challenge est d’améliorer l’image de cette zone réputée pour son désordre et la présence du crime organisé. Le planning et les structures sont en passe d’être implémentés, il ne reste qu’un grand travail de lobbying, de marketing pour attirer les investisseurs.
Comme pour le modèle économique des autres pays d’Asie, l’Etat ne peut pas tout et compte sur la présence d’experts internationaux pour aider à la réalisation de ce projet.
La Malaisie a de forts atouts, le bénéfice d’un pays encore low cost, une population qui a de véritables compétences techniques, un climat clément et une ambition dévorante.
Ce projet devrait créer 800 000 emplois d’ici 2025, avec une croissance économique de 7% par an, l’objectif étant de créer un centre logistique maritime, aérien et ferré. Johor possède deux ports, dont celui de Tanjong Pelepas, qui ambitionne de rivaliser avec le voisin singapourien. Des projets de centre administratifs d’immobilier résidentiel, de yachting, de centres sportifs sont à l’étude.
J’y vois ce que l’on appelle en Chine du 厚脸皮, houlianpi, de l’ambition sans complexe, sans honte et un regard optimiste sur l’avenir, peut-être ce qu’il manque en France ?
South Johor deviendra t-elle la nouvelle adresse internationale pour les affaires, les investissements, les loisirs et la culture ?
03:15 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Malaisie, Asie, investissement, election, business

