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14.05.2007
Entrepreneur en Chine : 8- Développer une hiérarchie flexible
8ème partie de cette série entrepreneur en Chine, inspiré des travaux de Donald Sull et de Yong Wang et auxquels j’essaye d’apporter mon point de vue de centralien travaillant en Chine.
Comme je le vois au quotidien, le micromanagement par tâches est le modèle dominant dans mon entreprise, or une entreprise Haier a su se réinventer en global player en passant par un modèle moins strict de hiérarchie flexible.
C’est une forme organisationnelle qui permet aux entreprises d’exécuter rapidement les priorités de la compagnie, dernière étape du cycle SAPE que j’ai exposé dans mes notes précédentes. Ainsi la hiérarchie top down peut être contrebalancée par une exécution décentralisée, à travers des contrats passés entre un manager et ses subordonnés pour atteindre des objectifs partagés qui s’étaleront l’un après l’autre le long de l’année. Ce modèle se décline à tous les niveaux hiérarchiques.
La transparence est aussi un principe auquel doit se tenir le management. Transparence dans les objectifs et les performances des employés afin de cultiver la crédibilité et la confiance dans le système. Mettre en avant, dans l’espace public de la société à la fois objectifs et résultats constitue un levier important qui se doit d’être cultiver dans la politique de communication interne d’une entreprise en Chine. Fini les copinages et les processus de promotion opaques, chez Haier, les photos des managers avec un classement sont publiés et tout le monde a accès aux noms du manager du mois mais aussi au perdant du moment. Evidemment la prime en monnaie sonnante et trébuchante change reste attractive, quelle soit punitive ou au contraire à l’intéressement.
Haier a d’autre part développé son pool de general manager de manière remarquable en les formant, leur proposant des rotations, ainsi que du management d’équipes sur des projets transversaux. Exemple qui me tient à cœur puisque j’ai travaillé dans ce service les premiers mois de mon expérience en Chine : le service des achats. En travaillant dans une équipe qui va de la logistique à la qualité, un manager en achat pourra incorporer dans ses objectifs une large palette d’économies à effectuer non plus seulement dans le prix d’achat mais aussi celui dans le coût d’approche, de stocks, de non qualité...
Enfin chez Haier, une pression constante s’exerce sur les employés comme me le disait un de mes amis travaillant pour la firme de Qingdao : les objectifs sont ambitieux, la compétition interne est exacerbée et de nombreuses actions symboliques sont organisées pour garder motivé une large proportion des employés. La légendaire lapidation publique devant les ouvriers de dizaines de réfrigérateurs défectueux à coup de haches de la part du CEO reste encore dans les mémoires.
06:00 Publié dans Vie du Marché | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, entrepreneur, stratégie

