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20.07.2007
Choc impressionniste des civilisations 3
Mon professeur préféré en prépa au Parc à Lyon enseignait la philosophie. Mr Ribot avait un profil napoléonien, aimait bien majorer l’agrégation de philo et critiquer les auteurs contemporains qui écrivent sur leur incapacité à écrire. Il répétait souvent cette phrase lorsque nous n’arrivions pas à suivre ces références éclectiques, cette phrase si simple et si pleine de bon sens ironique : « il faut sortir un peu !».

J’ai essayé de sortir pour m’en sortir monsieur Ribot car même s’il est triste de quitter sa patrie, il est bien pire de ne pas pouvoir la quitter.
J’ai appris :
Que les chanteuses-actrices-jetsetteuses pékinoises n’étaient que des filles simples après tout, des oiseaux superficiels à animalité de soie et de faux cils.
Qu’éducation ne signifie pas automatiquement compréhension mutuelle.
Que bouillonnement ne signifie pas activité efficace.
Que politesse ne signifie pas respect.
Que notre utopie République Française était belle lorsque j’ai vu le mot « race » sur la carte d’identité de Singapour.
Que donner de la face ne signifie pas accorder sa confiance.
Que l’intelligence est sexy.
Qu’ordre n’est pas harmonie.
Qu’attirance n’est pas séduction.
Que cet enfant de MingGong trop en avance à 10 ans a trop vu de la vie pour se faire rattraper par le Ressentiment.
07:12 Publié dans Vie Culturelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : culture, aphorisme, chine, chinois
18.07.2007
Shanghai Tang, le luxe à la chinoise
Coco Chanel disait que le luxe n'est pas le contraire de la pauvreté mais celui de la vulgarité. L’idée du luxe, not expensive but priceless a aussi son interprétation avec Shanghai Tang, marque perle de Honk-Kong. Un français est à la tête du groupe, Raphaël le Masne de Chermont, et quelques années après son arrivée, Shanghai Tang refleurit comme à son plus beau printemps.
Ce sont les suisses de la Compagnie Financière Richemont qui ont investit dans la première marque de luxe chinoise et qui, s’ils ne communiquent pas leur chiffre d’affaire, doivent être satisfait des ouvertures des branches à New York, Honolulu, Zurich, Shanghai, Tokyo et Bangkok, avec des ventes en hausse de 50%.
Avec pour moteurs la santé économique asiatique, et surtout la fusion unique car réussie d’un style oriental et d’un esprit occidental, une double culture qui fait combiner des références chinoises contemporaines à des clichés cols Mao, des qipao (robe traditionnelle chinoise) aux références modernes.
Un seul but : devenir l’ambassadeur du style moderne chinois.
Ooi à l’origine du style imprimé par la marque Tang aime à le répéter « je m’inspire des jeunes artistes chinois contemporains, j’essaye de dépasser les préjugés occidentaux sur la beauté chinoise, je me nourris de l’histoire de mon pays. » Serais ce donc dans les musées que se trouve l’avenir de la mode chinoise ?
Le thème d’une des collections a, par exemple, était la calligraphie chinoise, et ce sont des caractères traditionnels qui ont eu leur quart d’heure de gloire, les robes étant affublées de ces témoignages vivants de la subtilité de l’art chinois. Que Ooi réinvente les thèmes des nomades mongols et tibétains ou qu’elle s’inspire des habits et parures traditionnelles portées par les tribus du Hunan, c’est toujours une différente interprétation de la culture inépuisable de son pays qu’elle propose dans ses collections.
Qui a dit que la Chine n’avait pas les attributs d’une « soft power », ce concept d’influence à l’échelle mondiale que se doit d’exercer une puissance internationale dans les arts, la culture et le luxe par conséquent ?
Shanghai Tang se veut être le Chanel ou le Gucci chinois.
www.shanghaitang.com
14:45 Publié dans Vie du Marché | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : luxe, beauté, chinois, chine, fashion
16.07.2007
Gold(-en Tortle)Digger
Un professeur de l’université Jiaotong de Xi’An a réalisé une étude marketing sur le comportement des consommateurs chinois dans les nouveaux centres commerciaux à Pékin, Shanghai, Canton, plus beaux que les plus beaux de nos centres commerciaux en France. Ils sentent encore le neuf, ils s’appellent par des noms qui en disent long sur leur prétention à pouvoir être prétentieux comme The Place à Pékin (世贸天阶, ShiMaoTianJie)
avec le plus grand écran LED du monde, une ouverture sur le paradis des marques pour la nouvelle classe moyenne supérieure de Pékin.
On peut y croiser des filles 从头到脚都是名牌 (CongTouDaoJiao Dou Shi MingPai), c'est-à-dire des filles habillées des pieds à la tête de marques. Car en Chine, comme partout ailleurs, les femmes essayent de suivre la mode, certaines l’exagèrent, certaines pactisent agréablement avec elle mais toutes sont la cible des retailers qui ont soif de ces consommatrices effrénées. Un coiffeur entrepreneur français avançait même ce chiffre qui fait frémir, la chinoise branchée transforme plus de 50% de son budget en budget beauté. C’est donc tout naturellement suivant la loi de l’offre et de la demande que centres commerciaux proposant centre de soins, restaurants, opérations marketing, événementielles, concours de chants, présentation de voitures, re-restaurants, cinéma au prix de 10 faux DVD la séance, gaming zone et parking où garer sa nouvelle beauté allemande, se sont multipliés dans les capitales chinoises.
Revenons sur cette loi néoclassique de l’offre et de la demande, et posons nous alors cette question ? N’y a-t-il pas en Chine une loi particulière de l’offre et de la demande… du futur ?
En effet, les conclusions de ce professeur visionnaire de Xi’An en venait à cet autre chiffre qui fait frémir les retailers, cette fois ci d’effroi : plus de 40% des visiteurs des centres commerciaux viennent seulement visiter les shopping malls et donc n’ont pas d’arrière pensée consumériste. Ces lieux dont devenus des lieux où rencontrer ses amis, faire un tour pour voir et puis s’en va. Qu’il soit hédonique de type féminin ou utilitaire de type masculin, le consommateur chinois est plutôt éduqué, entre 20 et 34 ans, souffre d’un trop plein de pression au travail et ce sera le consommateur local qui viendra régulièrement avec ses amis. Seront-ils à la hauteur des investissements concédés ?

Bien sûr, il existera toujours des gold-diggers, attirantes à l’œil mais pas au portefeuille de monsieur, elles ne travaillent pas et pêchent la tortue d’or comme on dit en chinois (équivalent de femme entretenue : 钓金龟婿 DiaoJinGuiXu). Pour elles, pas besoin d’environnement sonore, de luminaires qui attirent le regard, de longs procédés promotionnels et d’événements à ne pas manquer sous aucun prétexte. Pour la golddigger chinoise, tous les prétextes sont bons pour consommer.
10:40 Publié dans Vie du Marché | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marketing, centres commerciaux, consommation, gold-digger, chinoise
13.07.2007
Les meilleures entreprises chinoises à l’étranger
Les entreprises chinoises les plus performantes sur les marchés européens, américains et émergents ont été récompensées avec la première cérémonie des « Most Globally Competitive Chinese Companies ». C’est une liste de 20 entreprises chinoises qui se sont vues récompensées après analyse de plus de 200 d’entre elles. Parmi elles, Huawei Techonologies, le groupe Haier et Lenovo étaient du côté des gagnants.
La cérénomie a eu lieu à BeiDa (Université de Pékin) le 28 Juin dernier et le jury était entre autres composé de Bernard Ramanantsoa, président du groupe HEC, Michel Bon, ancien président de France Telecom, de plusieurs éminents professeurs de TsingHua et évidemment de Charles-Edouard Bouée, President & Managing Partner de Roland Berger Greater China puisque c’est ce groupe qui fait mieux que concurrencer les cabinets américains de management consulting en Chine qui organisait la rencontre.
HuaWei a donc été désignée meilleure compagnie chinoise en Europe, récompensant une stratégie ambitieuse dans cette région et notamment en France, avec des clients comme Free ou Neuf Cégétel. Encore une raison de plus de croire que la stratégie chinoise n’est pas simplement dans des bas prix mais aussi dans la recherche de l’innovation et d’un service de qualité.
Huawei, comme le souligne le site de Roland Berger, ce sont des produits vendus dans plus de 100 pays dans le monde et servant plus d’un milliard de consommateur avec près de 70% de chiffre d’affaire fait sur les marchés internationaux. C’est aussi une force de frappe innovatrice avec plus de 12 centres de recherche et développement à travers le monde. C’est enfin 73% de taux de croissance sur ces 3 dernières années.
Haier a aussi été récompensée pour sa présence aux Etats-Unis. Un petit coup d’œil à leur quartier général au cœur de Manhattan et vous comprendrez que Haier aux Etats-Unis est une vraie réussite. Notamment grâce à leur stratégie de produits ciblés sur les étudiants et les célibataires qui n’ont pas besoin des énormes réfrigérateurs que les américains ou européens vendent. C’était assez facile à penser, mais ce sont les chinois qui l’ont fait.
Le groupe Haier est le numéro 4 des produits électroménagers dans le monde et en combinant finesse stratégique, transparence financière et là encore capacité d’innovation avec une grande force sur ce qui est parfois une faiblesse chez les chinois, à savoir la stratégie de propriété intellectuelle, ils sont devenus incontournables sur le marché américain avec un chiffre d’affaire de 3,3 milliards de dollars.
Lenovo en a eu aussi pour sa distinction. Normal pour un groupe qui a acquis la branche ordinateur individuel de IBM mais normal surtout pour un groupe qui construit son image de marque de façon toujours plus agressive. En attendant les jeux olympiques…
Enfin ZTE a été aussi sous les feux des projecteurs en recevant un prix spécial pour la construction d’une stratégie gagnante dans les pays émergents comme l’Inde. C’est peut-être là que l’on attendais le plus les chinois, et c’est sans doute la stratégie la plus en vogue dans la tête des entrepreneurs chinois qui ont soif d’international. Après avoir acquis de solides bases sur leurs terres, les pays voisins asiatiques constituent d’excellent relais de croissance.
Pour plus d’informations sur l’événement sponsorisé notamment par Sina.com et Global Entrepreneur :
http://www.best-of-european-business.com/china/
10:15 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, entreprise, stratégie, internationalisation, business
11.07.2007
La mentalité MianZi
La complexité de la culture chinoise fait perdre des contrats. On le constate régulièrement et il est important de comprendre les raisons sous-jacentes des incompréhensions. Plus profondes qu’on ne le croit…
Tout d’abord, chacun sait que le privé et le professionnel est beaucoup plus imbriqué en Chine qu’en occident. Certaines multinationales en Chine embauchent des compagnies spécialistes en relations publiques car c’est une bonne pratique en occident et elles pensent que c’est la même chose en Chine surtout si on a pas les compétences sous la main. Mais c’est un bon exemple qui illustre que certaines pratiques ne sont pas transposables.
Prenons l’exemple d’une gestion de crise, la compagnie ne doit pas s’adresser directement à son partenaire en Relation Publique (RP) car ce ne serait pas montrer sa face et ainsi la communication ne serait pas perçue comme sincère. Une meilleure façon serait plutôt de donner l’information directement à la presse qu’elle disséminera ensuite à ses lecteurs. Ceci ne s’applique pas seulement en temps de crise, en temps normal, il ne faudra pas confier toute sa stratégie communication à un seul protagoniste, idéalement l’agence RP pourra construire un réseau national avec les media alors que le top management devra cultiver des relations plus personnelles avec les célébrités, les managers chinois, les membres du gouvernement. Le capital social est incroyablement important, surtout en temps de crise.
‘Mianzi’ (面子) désigne la “face” dans le sens de l’apparence, de l’identité sociale et sur la façon qu’une personne sera perçue en société. Il existe deux sens sous-jacents :
Lian (脸) qui est relié à la vertu d’une personne. Le manque de Lian fait que l’individu ne peut exercer ses fonctions dans la communauté.
Mian (面) qui est relié à la personnalité d’une personne, à son prestige ou sa réputation tout du moins, acquise grâce à ses succès.
Le manque de Mianzi apporte la honte ou la disgrâce de la famille, de l’organisation dans lequel l’individu est associé, ainsi que l’individu lui-même. Lorsqu’un chinois a perdu la face, s’ensuit une série d’actions pour la retrouver.
Par exemple, les chinois hésiteront longtemps avant d’engager des procédures judiciaires comme cela a été le cas pour l’affaire des cosmétiques japonais SK II, c’est véritablement que le consommateur du Jianxi a été heurté émotionnellement. De même pour Sony Chine, si le management avait répondu plus rapidement à l’avertissement du bureau commercial du Zhejiang, l’affaire aurait été résolue de façon moins publique.
Une pensée hiérarchique :
Les cinq rôles sociaux confucéens existent encore dans l’inconscient collectif chinois, créant une véritable mentalité respectueuse de la hiérarchie :
1-Du dirigeant au sujet
2-Du père au fils
3- Du mari à la femme
4- Du frère aîné au frère cadet
5-De l’ami âgé à l’ami plus jeune
Même si dans la Chine moderne, la structure confucéenne est moins vraie, elle reste ancrée comme une religion que l’on ne pratiquerait pas mais qui exerce encore une influence. Les individus qui sont dans un haut rang politique ou hiérarchique exercent ainsi une influence considérable sur l’opinion publique. Un chiffre pour l’illustrer : 60% des publicités à la télévision sont sponsorisées par des célébrités.
La mentalité est plus orienté vers le groupe et les relations avec les individus et les ChengYu, citations portions de sagesse chinoises sont un bon révélateur de cette façon de pensée : « l’arme tuera l’oiseau qui dévoilera sa tête dehors » décrit la dynamique de groupe et le peu d’enthousiasme qu’ont les chinois de sortir de la pensée ambiante. Les opinions et les réactions de la société auront une influence très grande dans une prise de décisions : de la famille, des amis proches, de la communauté. Ceci veut dire que corollairement, lorsque quelqu’un émet une mauvaise opinion, les effets sont dévastateurs en très peu de temps.
Dans la lignée de ce qui vient d’être dit, en entreprise, il faudra s’attacher non seulement à motiver les employés mais aussi le groupe, pour atteindre le seuil d’efficacité organisationnelle requis.
06:15 Publié dans Vie Culturelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture chinoise, face, entreprise, gestion de crise, relations publiques
09.07.2007
Popular Republic of Private Equity

Se tenait fin mai à Pékin le sommet de la Finance et de l’Industrie du High Tech, l’occasion pour les acteurs chinois de la banque, des Private Equity et entrepreneurs de se rencontrer pour discuter affaires.
C’est tout le secteur des PE (Private Equity) qui a atteint un pic en 2007 selon Alex Ding, vice président de l’Asia Business Consulting Capital (ABC) : alors que les PE représentaient seulement 11,7 milliards de dollars en Chine sur un total global de 738 milliards en 2006, sur les trois premiers mois de 2007, c’est déjà 7,6 milliards de dollars qui ont été investis à travers ce type d’institution financière.
Quels sont les facteurs et relais de croissance de ce secteur ?
Selon Xia Xiaoning, directeur manager de AIF Capital, premièrement il existe un nombre croissant de cibles potentielles d’investissement, que ce soit des entreprises d’état ou des entreprises privées à succès. La Chine se retrouvant au cœur de la supply-chain d’industries très variées, les opportunités d’investissements suivent la tendance de fond économique. De plus, les firmes chinoises jouissent d’une profitabilité sans précédent, on peut observer des profits multipliés par 10 en quelques années. Enfin, une meilleure information et reconnaissance du formidable levier pour les petites et moyennes entreprises que constituent les PE est un troisième facteur. La Chine est unique, nul part ailleurs au monde on retrouvera un tel foisonnement de chances à saisir, il n’y a qu’à prendre l’exemple de l’automobile et de ses fournisseurs, faire la comparaison en terme de santé et de perspective de croissance pour mieux en prendre la mesure. Autre exemple, le secteur de l’assurance chinois ressemble à celui des Etats-Unis d’il y a 50 ans.
Dans quels secteurs les investisseurs PE consacrent leurs énergies ?
Ils se concentrent essentiellement sur les leaders traditionnels de l’industrie, c'est-à-dire des entreprises d’Etat mais leurs appétits s’étendent aussi au-delà de cette sphère classique en partie à cause de l’appréciation du RMB et la montée des prix des matières premières qui ont érodé les profits. De plus, beaucoup d’entreprises n’ont pas encore atteint la maturité nécessaire pour lancer des IPO d’où une nouvelle fenêtre d’opportunités pour les PE.
Les entreprises dans les secteurs de la pharmacie, la pétrochimie et l’énergie solaire ont les faveurs des investisseurs mais les choses changent vite de ce côté ci du monde, et les business du jouet pour enfants, de l’habillement ou des salons de beautés sont dans le viseur des PE. A suivre aussi les secteurs qui ont la faveur de politique favorable du gouvernement à Pékin, notamment dans l’environnement.
Les services financiers continuent à attirer les firmes de PE, mais le secteur arrive à maturité car tous les grands players en banque commerciale, assureurs nationaux se sont concentrés sur ces sujets. D’où un challenge supplémentaire pour être assez créatifs et attirer des partenaires qui proposent des technologies innovantes mais aussi qui savent les vendre. Les expertises en ventes et marketing sont aussi à ne pas prendre à la légère selon l’expérience de la CITIC.
Le jeu n’est pas t-il pas aussi trop risqué à l’image de la bourse de Shanghai qui atteint des sommets d’irrationnels ? C’est le sens du discours modérateur de Xia Xiaoning de AIF Capital, qui annoncent l’explosion de bulles spéculatives dans certains secteurs.
Les chiffres un peu arrangés afin d’attirer de l’argent frais, un manque parfois de vision à long terme sur la façon d’utiliser les nouvelles ressources ainsi que la compétition féroce que se livre les firmes de PE sont les grands challenges que doit relever Xia qui appelle d’autre part à la prudence lorsqu’il constate que des accords sont conclus plus à la hâte qu’après une claire et saine réflexion sur la pertinence de l’investissement.
Les entrepreneurs chinois favorisent toujours la lancée d’une aventure à la NYSE, mais le niveau d’exigence des régulateurs financiers américains est tel que c’est parfois une stratégie à risques. Toutefois, comme le souligne Michael Yang, directeur d’Asia Pacific et qui conseille les entreprises chinoises qui veulent être listées à la prestigieuse bourse américaine, des avantages existent, notamment une levée de fonds potentiellement très importante, très favorable pour une croissance rapide et alors que de moins en moins d’entreprises d’Etat se lancent, ce sont les entreprises privées chinoises qui prennent le relais.
07:50 Publié dans Vie du Marché | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, business, Private Equity, entrepreneur, secteur, croissance, finance
06.07.2007
Les 6 règles d’or pour conserver les employés chinois
En entrant sur le marché chinois, on se sent protégé du côté des ressources humaines étant donné l’innombrable population que comporte l’empire du milieu mais c’est plutôt le contraire sur le terrain et comme il a été écrit précédemment, le service RH en Chine constitue un élément clé, priorité des entreprises leadeurs qui veulent construire sur le long terme des opérations à succès avec des taux de turnover pouvant aller jusqu’à 20% dans des villes comme Beijing ou Shenzhen.
L’argent n’est pas la seule raison du départ d’un collaborateur, selon le blog de Meijob (meijob.com), c’est une raison toutefois suffisante lorsque l’employé n’est pas satisfait de l’évolution de son plan de carrière, de son management, etc. Voici les principales raisons selon Barak Paz-Tal :
Un plan de carrière insuffisamment valorisateur.
De mauvaises relations avec son supérieur.
Un salaire trop bas.
Pas d’équilibre entre travail et vie privée.
Manque de formations.
Manque d’éthique et d’intégrité.
Mauvaise réputation de la compagnie.
Selon l’expérience de cette entreprise RH, il existe toutefois six règles d’or à respecter pour obtenir des employés plus loyaux :
1- Investir du temps et de l’énergie dans le recrutement et l’identification des profils.
C’est trop souvent en investissant trop peu dans le choix de la personne idoine que des erreurs sont commises et sur le long terme, le prix à payer est plus élevé que l’économie qui a été faite en ne communicant que trop peu et n’utilisant pas le service de professionnels.
2- Construire un plan de carrière clair.
C’est sans doute la chose la plus importante pour un employé local, s’il se sent bloqué, il commencera à regarder ailleurs et le salaire deviendra alors problématique. C’est pourquoi il faudra favoriser les promotions internes au recrutement externe. La formation de l’employé est alors importante pour le garder motivé.
3- Un engagement à double sens.
Les meilleurs managers sont ceux qui tiennent parole, car ils y gagnent le respect.
4- Faire de fréquents feedbacks.
Il n’y a rien de plus facile que de glisser un mot motivant à l’employé à l’occasion. C’est à la fois loyauté et motivation qui s’en trouveront renforcées.
5- Construire une forte culture d’entreprise.
Les valeurs sont des facteurs importants dans la construction d’une culture d’entreprise, elles peuvent unifier les équipes et inspirer les actions au quotidien.
6- Des petites choses comptent aussi.
Il est important et relativement aisé de créer une atmosphère positive au travail. Des endroits où peuvent socialiser les personnes, quelques événements qui vont permettre de souder les équipes, et plus généralement créer une ambiance propice aux échanges. Notamment entre services et sur un mode inter hiérarchique.
08:35 Publié dans Vie de l'Entreprise | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Chine, ressources humaines
04.07.2007
Prendre le pouls du dragon chinois 2
Outre le système judiciaire et les inégalités en terme d’accès à l’éducation, de nombreux autres challenges attendent la Chine de 2015.
On pourrait commencer par la réforme du système de santé, et on constaterait que la Chine présente là encore un très beau paradoxe en ayant une des espérances de vie les plus longues à Pékin par exemple mais un système indigne d’une grande puissance en devenir. Le passage à la privatisation générale des entreprises a laissé plus de 75% de la population sans assurance. Même si 5,4% du PNB est consacré à la santé, des incohérences locales comme la permission pour un hôpital de faire des profits sur les consultations a engrangé de nombreux gaspillages. Les parties rurales sont une nouvelle fois les oubliées de la protection sociale, et même dans les villes la proportion des habitants n’ayant pas accès aux soins a explosé, passant en 10 ans de 25% à 65%.
Quant au système des retraites, il permet de relativiser un peu notre situation française qui, si elle est considérée comme étant problématique, n’est rien comparée à la situation des futurs retraités chinois. C’est moins de 14% de la population qui possèdent une couverture, mais surtout à l’avenir avec la politique de l’enfant unique, les actifs prenant en charge les retraités passeront du nombre de 9 à seulement 4. Un vrai casse-tête chinois. Un encouragement toutefois à plus de transparence dans les nouvelles IPO à venir à la bourse de Shanghai pour ne pas commettre les erreurs du passé, et pouvoir réussir la transition à un système capitaliste de retraite grâce à l’émergence d’institutions financières stables et fiables.
Enfin, en ce qui concerne l’environnement, les données ont au mois le mérite d’être très claires : parmi les 20 villes les plus polluées au monde, 16 sont chinoises. La Banque Mondiale a estimé que les coûts relatifs à la pollution coûtaient 54 milliards de dollars annuellement à la Chine. Mais que faire face à l’explosion des automobilistes, face à l’addiction chinoise au charbon et aux usines qui ne respectent pas les règles environnementales, l’équation semble plutôt difficile à résoudre.
Il est donc bien fini le temps des DanWei, ces entreprises d’état qui couvraient tous les besoins de leurs employés, il est temps pour le gouvernement chinois de comprendre qu’il ne peut pas tout résoudre par lui-même et que les initiatives privées seront les bienvenues à l’avenir.

16:40 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, economie, challenges
02.07.2007
Prendre le pouls du dragon chinois
Passer d’une économie rurale à une économie urbaine, faire sortir de la pauvreté plus de 400 millions de chinois depuis les années 80, être en mesure de proposer les plus grandioses jeux olympiques de l’histoire l’année prochaine, l’exposition universelle à Shanghai en 2010 et bientôt la coupe du monde, c’est ce que l’on appelle le miracle économique chinois. Mais il n’est pas sans risques et les défis qu’auront à relever les dirigeants chinois à l’avenir sont cruciaux pour la Chine, pour l’Asie et même pour le monde entier.
Dans les chiffres, dans les faits et dans les records, la Chine tutoie au quotidien l’exagération. Comme le souligne Jonathan Woetzel, c’est 120 millions de chinois issus de l’activité agricole qui sont venus grossir les rangs des chercheurs d’opportunités urbains et c’est plus de 60 millions qui viendront les rejoindre d’ici 2010. D’ici 20 à 25 ans, c’est trois-quarts de la population qui sera urbaine contre un tiers seulement aujourd’hui. Mais alors qu’en 2007, les inégalités criantes entre les enfants de minggongs et les enfants de pékinois de souche s’autogèrent tant bien que mal, qu’en sera-t-il dans les années à venir ?
Car qui dit urbanisation, dit montée de la violence citadine, taux de chômage grimpant, revendication à l’accès pour tous des services sociaux élémentaires, autant de défis à la société harmonieuse voulue par Hu Jintao.
Un des exemples les plus criants est celui du système judiciaire, la Chine occupe le rang de 124ème sur 208 nations notées par la Banque Mondiale en ce qui concerne l’application de la loi. Lorsque les terres sont expropriées par des responsables locaux peu scrupuleux au comité de village à qui la terre appartient pour ensuite la revendre au prix fort sans aucune compensation, on comprend mieux pourquoi les protestations sont passées de 8700 en 1993 à 87 000 en 2005.
J’ai aussi du mal à comprendre l’incroyable inégalité dans le support gouvernemental aux étudiants venus des campagnes. A part pour l’élite qui bénéficie de bourses, l’inégalité est criante pour l’étudiant moyen des provinces du centre par rapport à celui des grandes villes côtières. La Chine consacre 4,3 % de son PIB à l’éducation, moins qu’un pays comme la Thailande alors que près de 25% des dépenses d’un budget familial va payer les frais d’inscriptions, les livres, les frais administratifs de l’élève-enfant-chance unique, chance unique de profiter de l’ascenseur social. Aujourd’hui, le serrurier qui répare ma porte me raconte que son fils étudie à Montreal et me demande pourquoi on parle français là bas. Hier, c’était le chauffeur de taxi qui me demandait mon numéro pour que sa fille qui étudie à l’université de langues puisse pratiquer son anglais et son français avec un natif. Je trouve ça beau.
A suivre…
12:07 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, economie, social

