« Business Impact | Page d'accueil | Glocalisation »

27.08.2007

Offshorer français !

Voici 100 jours que Nicolas Sarkozy, président entrepreneur, napoléoniste, sauveur d’une nation en péril est à la tête de notre pays et on commence seulement à constater combien il est difficile d’avoir une influence réelle sur l’économie avec une croissance historique cette année qui va encore s’échouer aux alentours des 2% de croissance.

La solution viendra en partie des entreprises, et notamment d’un levier de la mondialisation que toutes les entreprises françaises n’ont pas encore pleinement utilisé, celui de l’offshoring. La France a du retard par rapport aux Etats-Unis et au Royaume Uni mais aussi par rapport à son voisin allemand. Les études des cabinets de conseil démontrent qu’un dollar dépensé dans un projet d’offshoring pour délocaliser des emplois dans le service rapporte plus qu’un dollar au pays concerné mais il n’en est pas de même aux pays de l’euro. Le coût humain pour les employés débauchés dans le processus n’est pas pris en compte bien sûr…

Pourtant, reculer et avoir peur devant les nouvelles tendances de l’économie globalisée ne servirait à rien, et l’économie française ferait mieux de se concentrer sur les emplois à haute valeur ajoutée alors qu’il est devenu trop facile de délocaliser les emplois à faible VA, de se concentrer aussi à réinventer de nouveaux emplois pour les laissés pour compte de la mondialisation.

03b3007866fa46346ca93adf313c666c.jpgLorsque les Etats-Unis délocalisent en Inde, où les opérateurs apprennent l’accent américain pour que l’américain moyen ne se rende compte de rien lorsqu’il passe un coup de fil à son call center, les français ont plus de mal à délocaliser en Afrique et en Europe de l’Est où les francophones sont plus présents mais où la main d’œuvre est plus chère. Exception faite de Cap Gémini qui est devenu un acteur incontournable à Bangalore mais dans le domaine du logiciel. Là où les entreprises américaines en rachetant des acteurs indiens ou en rapatriant des profits effectués en Inde boostent leur économie, les entreprises françaises sont encore à la marge dans ce domaine. Enfin, le marché du travail français étant moins flexible et les créations d’emplois moins fréquentes qu’aux Etats-Unis, le retour à l’emploi pour l’employé qui a vu son job offshoré est beaucoup moins évident.

Pourtant, quand on pense qu’une banque française pourrait voir sa masse salariale baissait de 5 à 7 points, une occasion manquée d’allouer des budgets frais à de nouvelles activités ou à gagner la guerre des prix face à la concurrence voire se réinventer en banque virtuelle en adoptant les toutes dernières technologies.

L’initiative Euro Med, une nouvelle zone de libre échange entre pays européens et d’Afrique du Nord sera-t-elle l’occasion de réaliser d’importants transferts entre les deux régions ? Le Maroc, notre petite Inde ?

Nous avons nos atouts, et les secteurs où l’emploi doit naître ou renaître existent comme dans le tourisme ou le service, la protection sociale dans un pays qui vieilli ainsi que dans le passage d’une économie qui excelle dans les produits de luxes, alimentaires, les transports mais qui a très peu de fleurons à la nouvelle économie high-tech.

La solution passe évidemment par l’éducation, pour se former aux métiers de demain et rester un pays où la productivité est très haute malgré une réputation qui n’est pas à notre avantage, par la responsabilisation aussi des entreprises qui ont un devoir de réhabilitation des employés laissés à la marge d’un monde de plus en plus plat car lorsqu'on est au chômage on l'est à 100% et pas à 8%, et de courage enfin pour entrer dans une nouvelle ère, celle de la globalisation 3.0 après la globalisation des pays, des entreprises et désormais des individus.

Ecrire un commentaire