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29.08.2007
Glocalisation
En voyage dans le sud de la Chine, j’ai pu remarqué combien les cantonais étaient différents des pékinois, plus ouverts, plus commerciaux, plus habitués aussi au contact avec les étrangers. Est-ce la proximité de la mer, les importants ports de Canton et de Shenzhen ou l’influence du moteur HK ? Toujours est-il que beaucoup de chinois d’outre mer vont trouver leurs racines dans les provinces du Fujian ou du Guangdong et beaucoup moins dans les provinces du centre ou du nord.
Dans le livre, The wealth and Poverty of Nations, l’économiste David Landes explique le lien entre le climat, les ressources naturelles et la géographie et la performance économique d’un pays ou d’une région. Loin des théories de mon compagnon de voyage m’expliquant en se resservant d’un des mets des plus fins de la cuisine cantonaise que bonne cuisine rime souvent avec jolies femmes, Landes explique en quoi culture et PNB peuvent être liés.
On peut penser en effet sur ce sujet un peu controversé que la façon qu’un pays arrive à s’accaparer les meilleures pratiques internationales, à les marier avec les traditions locales, la possibilité qu’un gouvernement puisse mobiliser son pays derrière des causes nationales et l’intérêt qu’éprouve les élites à investir dans leur propres terres d’origine sont autant de facteurs à la réussite économique d’un pays. On appelle ce processus la glocalisation
Les indiens qui voient arriver les Moguls arrivaient puis repartir, les anglais arrivaient puis repartir en se disant qu’il faut prendre le meilleur de chacunes des influences tant qu’ils nous laissent manger notre curry, qu’ils laissent nos femmes porter des saris et vivrent dans des familles étendues et unies.
C’est aussi toute l’ouverture d’esprit d’un Deng XiaoPing qui avec assez de tolérance ouvre son pays aux influences étrangères et attrape la souris, avec un chat noir ou un chat blanc, peu importe…
Est-ce pour cette raison que la Chine décolle et qu’un pays comme le Mexique reste un pays à « potentiel » ? Sans doute que la culture a son mot à dire car la Chine ne bénéficie pas de réserves naturelles aussi providentielles que les Etats-Unis mais la culture méritocratique permet de faire émerger des élites qui savent guider leur pays, malgré tous nos préjugés occidentaux sur ce parti unique qui dirige tout. Le modèle top-down est efficace à ce stade là de développement aussi. La culture de l’éducation aussi lorsque l’on constate que l’Inde et la Chine ont plus de 50 000 étudiants aux Etats-Unis, beaucoup plus que les étudiants mexicains, qui sont pourtant plus proche voisins. De plus, la culture est toujours changeante. Combien la Chine de 2008 sera différente par rapport à la Chine de 1793 quand elle fermait la porte à l’envoyé de Georges III, Georges Macartney. Elle a changé, a appris à Gu Wei Jin Yong, Yang Wei Zhong Yong, 古为今用, 洋为中用, c'est-à-dire ne pas répéter cette erreur et apprendre du passé pour que les choses venues de l’étranger servent la Chine.
Il y a des fondamentaux qui sont à la faveur des chinois, et qui explique pourquoi cette culture a la capacité de changer, de se réinventer si rapidement et de construire des infrastructures ultramodernes. Maintenant, savoir si on trouve plus de jolies filles dans le sud de la Chine et que ceci a un lien avec l’excellente cuisine cantonaise, à vous de juger

21:55 Publié dans Vie Culturelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, économie, globalisation, cuisine, chine, inde, mexique


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