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31.08.2007
La Chine qui gagne
12’88 c’était le temps qu’avait réalisé Liu Xiang (prononcer Lio Chiengue, et pas Ziang Liu comme on le fait sur France Télévisions) à Lausanne, battant le record du monde de sa discipline, le 110m haies en 2006. Aujourd’hui, il conquiert le seul titre qu’il lui manquait dans sa jeune carrière, les championnats du monde, de plus en Asie, à Osaka au Japon. Après avoir remporté les Jeux Olympiques à Athènes en 2004, ce jeune athlète a donc déjà tout gagné. En Chine, ce n’est même plus une star, c’est un demi-dieu. Il prête son image à des constructeurs d’ordinateur ou à des fabricants de laits, il est partout : sur les murs de la capitale, sur les bus, les pancartes dans le métro… Le Shanghai express est adulé dans son pays et subit une pression énorme dont il s’accommode plutôt bien pour l’instant au vu de ses résultats.
Encore aujourd’hui, il devance deux américains après une course toute en symboles puisque il était sorti assez mal des starting-blocks pour ensuite revenir comme une flèche sur ses concurrents et ainsi terminer en tête en 12’95.
Terrassant une fois de plus les américains, mon collègue de l’IT me disait : ce n’est plus seulement une star, c’est un héros de l’Asie.
J’ai envie de faire le parallèle avec l’équipe de France 98, peut-être avant la lettre certes mais à un an des JO, c’est ce qu’il me vient à l’esprit. Cet homme décomplexe la Chine qui se rend enfin compte qu’elle peut gagner, qu’elle va enfin dépasser l’Allemagne cette année ou l’année prochaine en termes de volumes d’exportation, et que c’est le nouveau décideur en Afrique. C’est la Chine qui gagne. Champion du monde de 110m haies ou champion du monde des exportations, même combat pour la reconnaissance.
En 2005, l’année qui suivit son titre, il a été ajouté au programme scolaire des élèves shanghaiais en primaire, il est le porte parole de Lenovo, de McDonalds, de Mengniu, de Visa Card tout en buvant du Coca Cola en portant des chaussures Nike et téléphonant grâce à sa carte China Mobile et j’en passe. Liu Xiang est le David Beckham asiatique.
Il ne subit pas de surcharges d’entraînement comme on peut le fantasmer en occident. Il s’entraîne seulement 3 heures par jour, assez pour ouvrir ses ailes pour s’envoler vers de nouveaux records comme son prénom Xiang 翔 le signifie.
18:10 Publié dans Vie Culturelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, liu xiang, sport, jeux olympiques
29.08.2007
Glocalisation
En voyage dans le sud de la Chine, j’ai pu remarqué combien les cantonais étaient différents des pékinois, plus ouverts, plus commerciaux, plus habitués aussi au contact avec les étrangers. Est-ce la proximité de la mer, les importants ports de Canton et de Shenzhen ou l’influence du moteur HK ? Toujours est-il que beaucoup de chinois d’outre mer vont trouver leurs racines dans les provinces du Fujian ou du Guangdong et beaucoup moins dans les provinces du centre ou du nord.
Dans le livre, The wealth and Poverty of Nations, l’économiste David Landes explique le lien entre le climat, les ressources naturelles et la géographie et la performance économique d’un pays ou d’une région. Loin des théories de mon compagnon de voyage m’expliquant en se resservant d’un des mets des plus fins de la cuisine cantonaise que bonne cuisine rime souvent avec jolies femmes, Landes explique en quoi culture et PNB peuvent être liés.
On peut penser en effet sur ce sujet un peu controversé que la façon qu’un pays arrive à s’accaparer les meilleures pratiques internationales, à les marier avec les traditions locales, la possibilité qu’un gouvernement puisse mobiliser son pays derrière des causes nationales et l’intérêt qu’éprouve les élites à investir dans leur propres terres d’origine sont autant de facteurs à la réussite économique d’un pays. On appelle ce processus la glocalisation
Les indiens qui voient arriver les Moguls arrivaient puis repartir, les anglais arrivaient puis repartir en se disant qu’il faut prendre le meilleur de chacunes des influences tant qu’ils nous laissent manger notre curry, qu’ils laissent nos femmes porter des saris et vivrent dans des familles étendues et unies.
C’est aussi toute l’ouverture d’esprit d’un Deng XiaoPing qui avec assez de tolérance ouvre son pays aux influences étrangères et attrape la souris, avec un chat noir ou un chat blanc, peu importe…
Est-ce pour cette raison que la Chine décolle et qu’un pays comme le Mexique reste un pays à « potentiel » ? Sans doute que la culture a son mot à dire car la Chine ne bénéficie pas de réserves naturelles aussi providentielles que les Etats-Unis mais la culture méritocratique permet de faire émerger des élites qui savent guider leur pays, malgré tous nos préjugés occidentaux sur ce parti unique qui dirige tout. Le modèle top-down est efficace à ce stade là de développement aussi. La culture de l’éducation aussi lorsque l’on constate que l’Inde et la Chine ont plus de 50 000 étudiants aux Etats-Unis, beaucoup plus que les étudiants mexicains, qui sont pourtant plus proche voisins. De plus, la culture est toujours changeante. Combien la Chine de 2008 sera différente par rapport à la Chine de 1793 quand elle fermait la porte à l’envoyé de Georges III, Georges Macartney. Elle a changé, a appris à Gu Wei Jin Yong, Yang Wei Zhong Yong, 古为今用, 洋为中用, c'est-à-dire ne pas répéter cette erreur et apprendre du passé pour que les choses venues de l’étranger servent la Chine.
Il y a des fondamentaux qui sont à la faveur des chinois, et qui explique pourquoi cette culture a la capacité de changer, de se réinventer si rapidement et de construire des infrastructures ultramodernes. Maintenant, savoir si on trouve plus de jolies filles dans le sud de la Chine et que ceci a un lien avec l’excellente cuisine cantonaise, à vous de juger

21:55 Publié dans Vie Culturelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, économie, globalisation, cuisine, chine, inde, mexique
27.08.2007
Offshorer français !
Voici 100 jours que Nicolas Sarkozy, président entrepreneur, napoléoniste, sauveur d’une nation en péril est à la tête de notre pays et on commence seulement à constater combien il est difficile d’avoir une influence réelle sur l’économie avec une croissance historique cette année qui va encore s’échouer aux alentours des 2% de croissance.
La solution viendra en partie des entreprises, et notamment d’un levier de la mondialisation que toutes les entreprises françaises n’ont pas encore pleinement utilisé, celui de l’offshoring. La France a du retard par rapport aux Etats-Unis et au Royaume Uni mais aussi par rapport à son voisin allemand. Les études des cabinets de conseil démontrent qu’un dollar dépensé dans un projet d’offshoring pour délocaliser des emplois dans le service rapporte plus qu’un dollar au pays concerné mais il n’en est pas de même aux pays de l’euro. Le coût humain pour les employés débauchés dans le processus n’est pas pris en compte bien sûr…
Pourtant, reculer et avoir peur devant les nouvelles tendances de l’économie globalisée ne servirait à rien, et l’économie française ferait mieux de se concentrer sur les emplois à haute valeur ajoutée alors qu’il est devenu trop facile de délocaliser les emplois à faible VA, de se concentrer aussi à réinventer de nouveaux emplois pour les laissés pour compte de la mondialisation.
Lorsque les Etats-Unis délocalisent en Inde, où les opérateurs apprennent l’accent américain pour que l’américain moyen ne se rende compte de rien lorsqu’il passe un coup de fil à son call center, les français ont plus de mal à délocaliser en Afrique et en Europe de l’Est où les francophones sont plus présents mais où la main d’œuvre est plus chère. Exception faite de Cap Gémini qui est devenu un acteur incontournable à Bangalore mais dans le domaine du logiciel. Là où les entreprises américaines en rachetant des acteurs indiens ou en rapatriant des profits effectués en Inde boostent leur économie, les entreprises françaises sont encore à la marge dans ce domaine. Enfin, le marché du travail français étant moins flexible et les créations d’emplois moins fréquentes qu’aux Etats-Unis, le retour à l’emploi pour l’employé qui a vu son job offshoré est beaucoup moins évident.
Pourtant, quand on pense qu’une banque française pourrait voir sa masse salariale baissait de 5 à 7 points, une occasion manquée d’allouer des budgets frais à de nouvelles activités ou à gagner la guerre des prix face à la concurrence voire se réinventer en banque virtuelle en adoptant les toutes dernières technologies.
L’initiative Euro Med, une nouvelle zone de libre échange entre pays européens et d’Afrique du Nord sera-t-elle l’occasion de réaliser d’importants transferts entre les deux régions ? Le Maroc, notre petite Inde ?
Nous avons nos atouts, et les secteurs où l’emploi doit naître ou renaître existent comme dans le tourisme ou le service, la protection sociale dans un pays qui vieilli ainsi que dans le passage d’une économie qui excelle dans les produits de luxes, alimentaires, les transports mais qui a très peu de fleurons à la nouvelle économie high-tech.
La solution passe évidemment par l’éducation, pour se former aux métiers de demain et rester un pays où la productivité est très haute malgré une réputation qui n’est pas à notre avantage, par la responsabilisation aussi des entreprises qui ont un devoir de réhabilitation des employés laissés à la marge d’un monde de plus en plus plat car lorsqu'on est au chômage on l'est à 100% et pas à 8%, et de courage enfin pour entrer dans une nouvelle ère, celle de la globalisation 3.0 après la globalisation des pays, des entreprises et désormais des individus.
19:00 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : globalisation, mondialisation, france, économie
24.08.2007
Business Impact
Seulement deux rapports Corporate Social Responsibility étaient publiés en 2005 par les entreprises chinoises. Ce nombre est monté à 13 en 2006 et sur le premier semestre 2007, c’est 34 rapports qui ont vu le jour démontrant une fois de plus l’importance grandissante des entreprises opérant sur le plus grand marché du monde de satisfaire aux exigences environnementales et sociétales. Parmi elles, 80% sont des entreprises d’états comme PetroChina, Sinopec ou State Grid, les géants de l’énergie.
Même si on peut douter du véritable impact concret de ces rapports, on ne peut que saluer le mouvement de fond en Chine qui force les entreprises à être plus transparentes et ouvertes sur les exigences des stakeholders et de la société en général. Ces rapports concernent une variété assez large d’entreprises, allant des télécommunications, l’énergie, les finances, l’immobilier, le textile aux médias.
Les entreprises chinoises en sont encore au stade du balbutiement sur ces sujets mais les attentes étant très fortes, c’est du pain béni pour une entreprise comme le CSR Consulting Business for Social Responsibility qui, à partir de la demande et des besoins d’une entreprise peut fournir une prestation de rédaction d’un tel rapport.
Un récent rapport de KPMG montre que 75% des rapports CSR ont pour but de construire une bonne image de l’entreprise, maintenir une position durable sur leur marché et gagner la confiance du marché ainsi qu’augmenter la valeur de l’action. Le bureau CSR du géant japonais Sony remarque par exemple que la Chine est le seul pays où il publie un rapport dans la langue locale en plus de sa traditionnelle version anglo-japonaise. Preuve que le marché chinois est bien particulier par son caractère à la fois stratégique et encore en développement, d’où des précautions à prendre pour construire des gardes fous. Une très bonne coordination entre la branche locale et le quartier général est très importante. En témoigne l’exemple le travail entre le Bayer Group Greater China avec sa maison mère qui a permis à Bayer de faire don de 300 000 yuans aux régions de l’Anhui qui ont été touchées par les inondations. La collecte de statistiques satisfaisantes et une bonne équipe de rédaction sont aussi des barrières à dépasser pour être efficace au pays de LiuXiang.
Voici quelques exemples d’organisations en Chine qui réalisent un travail extraordinaire sélectionné par China Business weekly :
Great Wall health
Un programme qui se donne pour objectif de fournir aux habitants le long de la Grande Muraille un système de distribution d’eau pour l’usage courant ainsi que la formation de médecins locaux. Ce projet est sponsorisé par les Croix Rouges de Chine et des Etats-Unis et par P&G.
HK Jockey Club donation
Donation d’un montant de 1 milliard de dollars soutenant 107 projets en 2006 et 2007, notamment un projet de promotion des valeurs familiales.
Soutien aux enfants dans le besoin
La Croix Rouge de Chine soutient un programme pour les enfants de 3 à 17 ans handicapés. Avec un budget d’un million de Yuan, le fonds va pouvoir offrir à 25 enfants une chirurgie adaptée à leurs besoins.
Je rajouterai l’organisation qui me tient plus à cœur, le Zigen fund qui aide les enfants de minggongs et construit des écoles à travers le pays comme certains construisaient des cathédrales à travers l’Europe à une époque :
http://www.zigen.org/
13:25 Publié dans Vie du Marché | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, strategie, stakeholder, marketing, ethique
22.08.2007
Le consommateur chinois
Combien ça coûte ? Pour combien l’as-tu eu ? Combien tu te fais par mois ?
Questions un peu choquantes aux oreilles d’un français mais que vous pourrez entendre assez communément en Chine de la bouche même des chinois. Car ici, un des sujets de conversation favori est bien entendu l’argent avec son corollaire, la consommation. Comment séduire toutes les couches de la population ou autrement dit tous les segments de marchés, de Beiijng, Shanghai, Guanzhou qui aspirent aux même produits que les cousins de Hong Kong aux régions désertiques du Xinjiang ou à la banlieue verte de Kunming dans le Yunnan ? La Chine comme paradis du marketeur qui peut enfin s’exprimer sur un terrain vaste comme un continent et aux contrastes jamais vus auparavant dans un seul et même pays.
Comment vendre la même marque au LaoBaiXing (chinois moyen) de la rue et aux fausses starlettes de Wangfujing (Pékin), NangjingLu (Shanghai) ou ShangXiaJiuLu (Canton) ?
Rien que ces trois villes représentent 30 millions de consommateur et c’est un segment à part entière à ne pas oublier pour les P&G, Danone ou L’Oreal.
Laurent Philippe de P&G explique qu’en divisant en trois segments le marché chinois pour son business de produits de consommation, on obtient ces chiffres :
Segment premium : 15% en volume et 30% en termes de revenu.
Segment medium : 30% en volume et 40% en termes de revenu.
Segment low-end : 55% en volume et 30% en termes de revenu.
Il existe donc deux approches pour vendre vos produits en Chine, soit vous vous ciblez sur le volume et chasser la part de marché en termes de volume, ce qui est pertinent pour certains produits où il ne faut pas se laisser phagocyter par des compagnies à qualité inférieure, ou bien vous basez votre stratégie sur la part de marché en termes de revenu, ce qui est plus pertinent pour des produits à haute valeur ajoutée. Sont-elles compatibles, peuvent elles coexister ? Telle est la question.
Parfois il vaudra mieux vendre un autre produit sous la même marque mais à prix réduit en faisant attention à ne pas cannibaliser vos produits de meilleure qualité. Vous vendez de différents produits. Parfois il sera préférable de racheter une marque locale sur un autre segment comme l’a fait L’Oreal.
La stratégie gagnante est toujours de faire des produits spécifiques aux besoins des chinois. Tout d’abord en construisant une marque chinoise avec des caractères qui signifient quelque chose dans l’imaginaire chinois est un passage obligé aussi.
Pour aller plus loin, utiliser les vieilles croyances chinoises comme une nouvelle dimension au marketing. Combien de fois m’a-t-on fait avaler de drôles d’aliments en m’affirmant que «c’est bon pour ton XxX». Si c’est bon pour votre rein ou votre peau, comment refuser ? A quand donc le savon à la peau de poisson ? Pas pour demain mais par contre le dentifrice sera un peu salé parce que le sel est réputé rendre les dents plus blanches ou au thé parce que c’est bon pour conserver votre haleine fraîche selon la sagesse chinoise.
Tout ceci pour gagner la confiance du consommateur chinois, qu’il soit adolescent écoutant du hard rock au dernier festival midi de Pékin à Chaoyang et qui aime acheter du gel pour sa coiffure multidimensionnelle, ingénieur dans une entreprise d’état à Nanjing qui est habitué à acheter son nettoyant à lunettes aux couleurs américaines ou aide-coiffeur homosexuel à Chongqing qui achète pour 1/10ème de son salaire la dernière lotion pour hommes de Nivéa.
10:15 Publié dans Vie du Marché | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, marketing, marché, stratégie
20.08.2007
CEIBS
Derrière ce sigle mystérieux se cache la China Europe International Business School et ils sont plus de 6000 compétiteurs chinois à se battre pour les dizaines de places offertes par cette école qu’ils paieront par la suite 5000usd, soit deux fois le salaire moyen annuel d’un chinois.
Cette toute récente business school, établit en 1994 se présente comme le leader des organismes délivrant le précieux MBA en Chine et même comme un des leaders en Asie. Particularité pour cette business school à la chinoise, c’est une joint venture entre un partenaire chinois représenté par la Shanghai Jiaotong basée sur le campus de Pudong et la commission européenne. CEIBS a aussi des campus à Pékin et Shenzhen. Le dicton chinois dit que c’est à Pékin qu’on se cultive et que c’est à Shenzhen qu’on devient riche, les lieux semblent donc être appropriés. Leur devise tient en trois notions, qui me semblent être les plus grands challenges pertinents pour la Chine de demain : conscientiousness, innovation et excellence. De la conscience dans un pays dont les structures sont encore inadaptées avec le concept d’honnêteté, de l’innovation pour passer du made in china au made by china et enfin de l’excellence dans les capacités managériales.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les étudiants de la CEIBS ont de l’ambition et la confiance en eux, de cette confiance fruit de longues années de frustration à ne plus pouvoir donner le ton au business mondial. Un étudiant répondait récemment à la question : quelle est votre faiblesse ? par un mémorable : « i’m too successful ! » après avoir exposé son parcours parfait de premier de classe dans son université et premier de cordée dans son entreprise commercialisant des produits étrangers.
En effet, la Chine a un besoin crucial de managers avec plus de 80 000 joint venture essaimées à travers le pays alors que les MBA chinois ne délivrent seulement que quelques centaines de diplômés par an. Que faire alors pour le pays qui va contribuer dans les dix années à venir à la moitié de la croissance des ventes mondiales dans tous les secteurs économiques ou presque ? Recruter des ABC (American Born Chinese) ou hongkongais, singapouriens, taiwanais ? Pas si évident lorsque l’on constate que l’approche de la façon chinoise (mainland) de faire des affaires est assez différente de ce qu’on apprend sur les campus américains. En témoigne la femme de PanShiyi, éduquée aux Etats-Unis et qui ne comprends pas toujours son entrepreneur de mari qui s’est construit lui-même et que je présentez il y a quelques semaines. Mais les ABC sont tout de même les grands gagnants de ce miracle économique chinois lorsque l’on constate par exemple que dans un pays comme les Philippines, 1% de la population d’origine chinoise contribue pour 50% à la vie financière du pays. C’est vous dire le pouvoir du réseau bambou possédé par les chinois d’outre mer.
Pour la première fois depuis 400 ans, l’Asie appartient aux asiatiques après les retraits des présences étrangères à Macau en 1999 et Hong Kong en 1997. Pour la première fois, on parle d’une future suprématie asiatique sur le monde, d’où l’excès de confiance de notre ami diplômé de la CEIBS ?
A l’université d’économie de Shanghai, on enseigne le golf comme discipline obligatoire.
13:10 Publié dans Vie de l'Entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, MBA, education
17.08.2007
Le monde est plat
The world is flat, le meilleur livre de business de l’année de Thomas Friedman, ma recommandation pour vos lectures estivales. Je me rends compte alors que je mangeais dans un restaurant japonais hier à Pékin et que notre couple franco-singapourien était entouré d’un couple coréen à gauche et québécois à droite. Je me souviendrai aussi de ma première réunion en conference call où Singapour-France-Chine étaient connectés sur le même réseau pour écouter le freshman que j’étais. Nous sommes donc des animaux globaux. Cette petite planète a son intérêt par ses parfois et parfois on voyage de Pékin à New York et on rencontre des gens de sa petite école centralienne à Manhattan. Bienvenue dans votre espace globalisation, le monde est notre village, c’est la grande pièce du millénaire et l’homme du 21ème siècle sera chinois. De Manhattan. Hommage à mon présentateur préféré de la CCTV 9, James Chau.
Mon ami global James Chau m’a contait l’histoire d’une firme globale ce matin, firme qui profite de la platitude du monde pour faire des affaires, je vous présente la compagnie d’export trading : Li & Fung. A Bangalore, le monde est plat comme un écran géant où à tout moment américain, singapourien et indien peuvent discuter en direct de software reprogrammé, c’est la théorie de Friedman mais pour Li&Fung, le monde est plat depuis un certain temps déjà, depuis que cette entreprise est devenu experte à manager la supply chain globale. Aux Etats-Unis, si vous allez dans un centre commercial, 30 à 40% des produits sont passés par leurs mains mais leur marque n’apparaît pas, discrétion efficace toutefois.

La théorie de Bruce Rockowitz est intéressante est fait échos aux propos de Friedman, aujourd’hui le référentiel n’est plus le pays ou le groupe de pays mais bien le monde global. Connecté grâce aux nouvelles technologies d’information, Li&Fung n’utilise qu’un seul centre stratégique de collection de données à Hong Kong mais reste à temps réel maître de toutes ces opérations à chaque point du globe. Sans avoir aucune industrie à proprement parlé, Li&Fung détient un capital intangible de 12 milliards de dollars et un capital humain de 11 000 personnes répartis dans 70 pays à travers le monde.
Alors que la production n’a cessé de bouger, tout d’abord à l’intérieur d’un même pays ou d’une région (de la côte est américaine vers le sud par exemple), puis à travers un groupe de pays, c’est maintenant le temps où toutes les opérations doivent être localisées dans la région appropriée. Votre service comptable en Inde, vos composants en Chine et en Malaisie, et votre assemblage final chez vous mais votre logistique chez votre partenaire, basé à Hong Kong, plate forme du nouveau monde plat. Le dinosaure vertical où vous essayez de tout contrôler du début à la fin n’a plu lieu d’exister. Bienvenue dans le monde où c’est la compétition et le marché qui vous pousse à construire ces réseaux mondiaux, des aplatisseurs de monde en quelque sorte.
Pour Rockowitz, il existe trois niveaux de compagnies, celle qui réagissent aux changements du monde, celles qui les anticipent et enfin celles qui arrivent à se réinventer d’elles mêmes, des « University » compagnies comme il le dit.
Réinventer la platitude du monde, revenir au haut moyen-âge serait le nouveau modèle du 21ème siècle ?
12:38 Publié dans Vie du Marché | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : globalisation, marché, logistique, stratégie
15.08.2007
Voyage olfactif

J’ai donc rempli les cases olfactives :
Sueur : Vendre dans les rues de WuHan des radiateurs alors que la température avoisinait 37°C.
Cigare : Passer la nuit à jouer au poker dans un restaurant de XiaMen.
Soufre : Voir l’équipe nationale de Beach Soccer du Japon beaucoup plus fringante que celle de la République Populaire de Chine.
Rose : Faire l’expérience olfactive du club Tang de GuangZhou (Canton). Un corridor invitation au voyage au pays des roses.
Eau : Me faire réveiller par les gouttes trop humides d’une climatisation approximative d’un bus de nuit.
Banane de Hainan : Prendre le ferry entre Hai’An et HaiKou à 4heures du matin et comprendre que les Hainanais parlent une langue étrangement exotique et tropicalement absconse.
Entrailles :Soutenir moralement les Shanghaiais qui ont trop bu en sortie de rewass, eux-mêmes soutenus par des tapotements dorsaux amicaux de leurs copines.
Bière épicée : Inviter 12 centraliens à manger une huoguo (fondue chinoise) épicée à Chengdu. Tryptique Pijiu, HuoGuo, MGM.
Mangue : Apprécier le jus de fruit pressé de SanYa à 1 euro.
Poudre : Ne pas acheter les faux missiles souvenirs de Xiamen, ville faisant face à Taiwan et qui recèlent des éléments qui épicent le dialogue Beijing-Taipeh.
Paradis du palais : Manger jusqu’à plus faim mes quatre cuisines préférées dans leurs villes berceaux, cuisines de : Shanghai, Sichuan, Fruits de Mer, Canton.
Love is the air : Connaître les joies d’une plage déserte tropicale.

08:00 Publié dans Vie Culturelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, culture, cuisine, saveur

