19.09.2007
Capitalisme au fer rouge
Suivant la capitalisation boursière, la Chine a désormais 3 compagnies parmi les plus grandes au monde : ICBC, PetroChina et ChinaMobile dans la banque, l’énergie et les télécommunications. La bourse de Shanghai a des taux de croissances annuels de 90% et désormais la capitalisation sur les marchés financiers excède la valeur du PNB. Il y a quelques années aucune entreprise chinoise n’était dans ce classement des 25 plus grandes capitalisations boursières au monde. Aujourd’hui la Chine en compte 6, plus que les européens ou les japonais. ICBC surpasse Citigroup, la banque américaine. Même si une grande partie de ses actions ne sont pas sur le marché car appartenant à l’Etat, les experts s’accordent à dire qu’en se rappelant l’exemple japonais à la fin des années 80, il vaut mieux être prudent sur ces chiffres venus de la spéculation.
95%, c’est le chiffre de l’actuel avantage en coût de main d’œuvre en Chine et 30, c’est le nombre d’années que se donnent la Chine pour devenir la plus grande économie du monde. Dans 30 ans, j’aurai la cinquantaine. Nous serons la génération qui aura vécu le plus grand bouleversement économique jamais produit dans l’histoire. Hypothèse faite que les troubles taiwanais ou sino-japonais ne viennent pas perturber la donne géostratégique.
Nous sommes dans la deuxième phase de l’envol économique chinois, le temps où les entreprises veulent augmenter leurs qualités, leurs process, leurs bonnes pratiques en achetant, en empruntant, en collaborant avec les étrangers. Le temps qui vient après le moment où la Chine est seulement un pays où l’on délocalise pour augmenter sa marge, et le temps avant que les chinois investissent à l’étranger en masse et assurent leurs positions à l’international. Buy, Build and Borrow. La Chine, start-up des start-ups et turnaround des turnarounds qui compressent les trois phases en une seule.
Exemple, Shanghai Automotive Industry Corp., après avoir monté deux joint-ventures avec Volkswagen et General Motors, a multiplié sa production par 4 en 15 ans. Son but est de rejoindre les GM, Toyota, Ford, DaimlerChrysler et Volkswagen parmi les plus grands constructeurs mondiaux d’ici 2020. Une entreprise qui s’est internationalisé en se rapprochant du sud coréen Ssangyong et de l’anglais Rover mais en gardant à l’esprit que la conquête du marché local est sa priorité. Aux Etats-Unis le taux de véhicule pour 1000 habitants est de 940. En Chine, 8. C’est véritablement une compression des trois phases de développement.
Alors bien sûr il existe d’importants challenges pour l’industrie chinoise, comme la CRM (Customer Relationship Management), un meilleur management de la supply-chain, favoriser l’innovation ou savoir garder les talents, mais la prédiction de Deng prend forme.
09:30 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, stratégie, chine, industrie


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