01.10.2007
La compétitivité Nationale- 1
C’est la Golden Week à l’occasion de la fête nationale, à nous le trafic soulagé sur Pékin mais les attentes interminables aux aéroports et gares des villes chinoises. Il est temps d’appliquer le bon vieux adage chinois : 从容不迫 (CongRongBuPo) qui veut dire : rester calme et zen. C'est donc dans une file d'attente en France qui était correctement respectée (chose qui désormais m'étonne) que je me suis posé la question : est-ce que la culture d’un pays est un élément en prendre en compte lorsque l’on veut mesurer la compétitivité d’un pays ?
Dans son livre La Concurrence, Michael Porter essaye de donner des réponses à la question : qu’est ce que la compétitivité nationale ?
J’ai trouvé une pertinence particulièrement frappante dans un article extrait de ce livre écrit il y a plus de 10 ans mais qui donne un éclairage original sur les débats en France sur le déficit budgétaire, aux Etats-Unis sur le taux de change Yuan-Dollar soit disant désavantageux pour l’industrie américaine mais surtout et c’est l’objet de la série d’articles qui vont suivre sur les raisons du succès économique chinois.
A noter que Porter s’est penché sur les économies de 10 pays sans la France ni la Chine mais il n’en reste pas moins que la réflexion est intéressante.
Sur les données macroéconomiques classiques :
« Certains considèrent la compétitivité nationale comme un phénomène macroéconomique obéissant à des variables telles que les taux de change, les taux d’intérêt et le déficit budgétaire. Mais le Japon, l’Italie et la Corée du Sud ont tous bénéficié d’une hausse rapide de leur niveau de vie malgré leurs déficits budgétaires, l’Allemagne et la Suisse malgré l’appréciation de leur monnaie, l’Italie et la Corée malgré le niveau élevé des taux d’intérêt. »
Si l’on regarde dans l’histoire économique récente, on doit donc se rendre à l’évidence selon Porter que le taux de change Yuan-Dollar soit disant trop faible, que le déficit budgétaire français abyssal ou le taux élevé de l’euro par rapport au dollar n’ont pas empêché des économies d’être compétitives.
Sur le niveau des salaires :
« D’autre soutiennent que la compétitivité dépend de la présence d’une main-d’œuvre peu coûteuse et abondante. Mais l’Allemagne, la Suisse et la Suède ont connu la prospérité malgré des salaires élevés et une pénurie de main d’œuvre. De plus, l’amélioration des salaires ne devrait-elle pas être l’un des objectifs de la compétitivité nationale ? »
Certains prétendent (y compris certains enseignants de l’Ecole Centrale) que le miracle économique de la Chine est seulement basé sur l’incroyable capacité à trouver de la main d’œuvre peu chère en quantité et lorsque ce mouvement prendra fin, les entreprises se tourneront vers d’autres pays. Porter balaie cet argument d’un revers de main. Dans une économie stimulée par l’innovation, où le marché intérieur soutient la demande, une économie peut être parfaitement compétitive. La Chine devra donc se transformer pour devenir plus que le pays de la sous-traitance. Message reçu par les autorités semble t-il.
Sur les ressources naturelles :
« Une autre opinion rattache la compétitivité à l’abondance des ressources naturelles. Mais comment expliquer alors la réussite de l’Allemagne, du Japon, de la Suisse, de l’Italie et de la Corée du Sud, qui n’en possèdent pas beaucoup ? »
Là encore, pour répondre à l’énigme sur la compétitivité de la Chine, il ne faut pas y voir un pays aux milles richesses minières, énergies fossiles et autres greniers céréaliers. La Chine est plutôt mal servie en termes de ressources naturelles par rapport à des pays comparables comme les Etats-Unis ou dans une moindre mesure la Russie.
A suivre

10:55 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Economie, données macroéconomiques, politique, Chine, Etats Unis, France


Commentaires
Haha!
J'étais sûr que j'arriverais à te Porterianiser! (joli verbe by the way)
Bienvenue au club des appréciateurs du diamond diagram:)
Ecrit par : Niz | 02.10.2007
Ah j'avoue que c'est en plein dans tes études sur la management de l'innovation. On ne pense bien que sur la pensée de l'autre, autant que ce soit la référence en la matière.
Ecrit par : Benoit | 03.10.2007
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