03.10.2007

La compétitivité Nationale -2

Suite et fin des clés de l’article sur la compétitivité nationale de Porter vieux d’une dizaine d’années et donc remis au goût du jour.

Sur les pouvoir publics

« Plus récemment, l’idée en vogue a été que la compétitivité dépendait de la politique des pouvoirs publics : leur intervention, leur protection, leurs aides aux exportations et leurs subventions ont propulsé les industries japonaise et sud-coréenne de l’automobile, de la sidérurgie, de la construction navale et des semi-conducteurs au premier rang mondial. Mais si l’on y regarde de plus près, les résultats sont inégaux. En Italie, l’intervention des pouvoirs publics a été inefficace. En Allemagne, il est rare que les pouvoirs publics interviennent directement aux côtés des industries exportatrices. Et même au Japon et en Corée du Sud, l’Etat ne joue qu’un rôle modeste dans des industries aussi importantes que les télécopieurs, les photocopieurs, la robotique et les matériaux avancés. »

Réponse au vent de protectionnisme qui souffle dans le monde au vu des résultats en demi teinte obtenus en Europe dans le passé ou réponse encourageante aux dirigeants chinois qui suivent le même modèle que leurs voisins asiatiques sur les secteurs stratégiques? Le bien fondé de l’interventionnisme de l’Etat dans certains secteurs comme la prospection énergétique est à relativiser (voir article : La guerre du feu).

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Sur les pratiques de management

« Une dernière explication en vogue de la compétitivité tient aux différences dans les pratiques de management, notamment dans les relations entre dirigeants et travailleurs. »

C’est peut-être ici que les dirigeants devront travailler le plus, passer d’un statut de tout puissant décideur à celui d’animateur d’équipe, de créateur d’émulation sans passer automatiquement par le levier hiérarchique, de manager à problem solver. Pour certains, c’est le meilleur moyen de produire à grande échelle sans grand problème de capacité mais pour le futur il faudra étendre sa palette de compétences pour un manager chinois. Exemple ici ou .


Vous l’avez compris, que ce soit les données macroéconomiques classiques, les ressources naturelles, la force des pouvoirs publics ou les pratiques de management, aucune explication n’est vraiment satisfaisante. Un revenu national peut augmenter alors que le commerce extérieur est déficitaire, une monnaie forte n’empêche pas l’augmentation du niveau de vie.

Le seul concept de compétitivité significatif est celui de la productivité.

« La productivité dépend à la fois de la qualité et des caractéristiques des produits et de l’efficacité avec laquelle ils sont produits. La productivité est le principal déterminant du niveau de vie d’un pays sur le long terme ; c’est la cause première de son revenu national par habitant. La productivité des ressources humaines détermine le niveau des salaires ; la productivité des capitaux détermine la rémunération de leurs détenteurs »

C’est ainsi que mesurer la compétitivité de la Chine à l’aune du commerce extérieur excédentaire ou des bas salaires est faux sur le long terme. En produisant des produits de plus en plus complexes, en devenant compétitif dans plusieurs industries à haute productivité et hauts salaires et en augmentant le pouvoir de sa monnaie bientôt, elle deviendra une plus grande puissance encore.

Lorsque les américains critiquent les chinois pour leur monnaie faible, ils servent finalement les intérêts chinois car c’est une demande intérieure chinoise galopante qu’ils serviront en priorité demain. Voir encore ici.

Lorsque notre président critique l’importation de produits chinois qui ne respectent pas certaines normes, il n’a pas saisi le fait que toute la supply chain mondiale a changé. La nationalité d’une entreprise n’est plus le référent habituel. Par contre, le pays où l’on produit l’est plus que jamais car certains offrent un environnement qui met les entreprises en mesure de s’améliorer et d’innover plus vite. Ce n’est pas en baissant les coûts de main d’œuvre de 10% que l’on va commencer à concurrencer la main d’œuvre chinoise qui restera 95% fois plus faible mais par contre c’est en débloquant plusieurs milliards d’euros pour les universités françaises et favoriser les échanges entre recherche universitaire et entreprises que le mouvement est plus pertinent.

Commentaires

D'accord pour une réforme complète des méthodes de management mais attention à ne pas tout mélanger.

Ecrit par : Fansolo | 03.10.2007

Tout à fait d'accord sur le mot "fer de lance" asiatique: PRODUCTIVITE !
A rapporter à TOUS les secteurs confondus; l'architecture aussi en est un exemple frappant, il faut avoir vendu tous les appartements et les boutiques avant la construction (et parfois le concept) dudit building...
Le "concept" de qualité donné au temps est une pure chimère Européenne...

Ecrit par : ANTENEO | 08.10.2007

Anteneo,

Merci du commentaire. Je ne connais pas bien le secteur de l'architecture, faut-il avoir vendu obligatoirement tous les appartements pour débuter une construction ?

A plus

Ecrit par : Benoit | 09.10.2007

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