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29.10.2007
Tugud, Warren et Geng
Alors que la longue marche du baril de pétrole à 100 dollars s’accélère, à Shanghai c’est tous les flux financiers qui sont attirés par l’IPO de plus de 440 milliards de dollars de PetroChina.
La compagnie pétrolière chinoise est devenue la deuxième capitalisation boursière du monde, devant General Electric et le but est bien entendu d’aller chercher le titre de numéro un du géant Exxon-Mobil. 夸夸其谈, we’re talking really BIG.
Dans le même temps, la China National Petroleum, la société mère de Petrochina, qui a injecté la plupart de ses actifs et passifs en 1999 (exploration & production, raffinage & vente, produits chimiques & gaz naturel) dans Petrochina est côté à Hong Kong et New York.
D’où la question : qui est le principal actionnaire étranger de Pétrochina ?
Berkshire Hathaway, la société rachetée par Warren Buffet. Mais plutôt doit-on dire, qui était le principal actionnaire étranger. Car Warren Buffet s’est désinvesti de ce titre quelque peu encombrant sur fond de campagne pour sauver le Darfour. Même si Buffet rejette l’idée de vendre sous les pressions de cette campagne, les risques géopolitiques dans la région avec des rebelles qui ont attaqué le pétrole du Défra mardi dernier a joué dans la balance et donc le magnat américain a dû vendre « un peu trop tôt » selon ses propres termes.
Il y a quelque chose de presque Babelien, pour reprendre la trame du film de Alejandro Gonzalez, de penser que les actes d’une poignée de rebelles dans la région du Soudan a des répercussions extraordinaires sur le comité du directoire (dont Bill Gates fait partie) de Berkshire et sur la place boursière de Shanghai.
Geng Chen, le CEO de Petrochina est accusé parmi d’autres par les rebelles soudanais de fournir en armes le gouvernement de Khartoum et c’est Buffet qui suit les recommandations des investisseurs en sortant du capital du géant chinois.
En effet la région est explosive et même chez les voisins proches du Soudan, le sentiment anti-chinois monte. C’est 9 ouvriers chinois qui ont été tués en Avril dernier en Somalie lors d’une expédition exploratrice par des rebelles éthiopiens.
Peut-on vraiment reprocher à la Chine de vouloir satisfaire une demande en énergie qui est passé de 3,4 % de la demande mondiale début des années 90 à plus de 8,6% aujourd’hui ? Le faire au Soudan, sûrement. Le faire en Afrique, sûrement pas.
Tugud, le rebelle soudanais, Warren, l’investisseur mythique de Wall Street, Geng, le PDG de Pétrochina. Tous convoqués au banc des affaires de ce monde, communiquant selon leurs propres codes culturels africains, américains et asiatiques et actionnant des leviers déterminants pour la stabilité du monde et de son approvisionnement énergétique.
Qui a dit que l’homme africain n’était pas entré dans l’histoire ?

09:10 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Afrique, Etats-Unis, Energie, Pétrole, IPO, Petrochina


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