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30.11.2007

Pas seulement pour quelques poignées de Yuans

Que faire si vous recherchez un leader, un manager qui pourra conduire avec aisance et fermeté vos opérations en Chine ? Suivez l’exemple de la NBA qui a débauché tout récemment le China CEO de Microsoft pour diriger le business de la ligue de basket nord américaine en Chine : la CBA pour China Basket Association.

Hewitt l’affirme, il n’y a pas que l’argent qui pousse les employés et managers chinois à changer d’entreprise. Lorsque Google, Alibaba et Microsoft sont en guerre économique sur le marché chinois, c’est la guerre des talents qui est sous jacente. Un salaire compétitif n’est plus le seul levier d’attractivité des postes ou le seul moyen pour faire baisser cette fameuse statistique de turnover dans les entreprises basées en Chine.

Cette bataille des cerveaux n’a pas seulement pour théatre d’opération le domaine de l’IT, mais aussi les industries plus classiques comme les banques et services financiers. 1 employé sur 4 a une chance de ne pas vous souhaiter une bonne nouvelle année chinoise dans ces secteurs.

Selon le Hay group, les salaires ont pourtant augmenté d’en moyenne 8% pour les employés et de près de 9% pour les managers. A comparer avec la moyenne française en dessous de 1% ou américaine avec 1,4% d’augmentation.

a9cb966c400cc58d624b579da69e5cca.jpgLa solution est peut-être dans les mémoires flash puisque c’est la société Spansion China, fabricant de ces produits électroniques qui a été désignée comme étant le meilleur employeur en Asie pour l’année 2007. La firme de Suzhou dans le Jiangsu a 1200 employés et présente un turnover de 12,3% contre 24% dans le secteur de l’électronique.
Cette PME modèle est donc arrivée à construire une culture d’entreprise qui, on le sait, est descendante des Danwei, structure protectrice et proche d’une structure familiale. Pour retenir, ils forment et encouragent les employés à déconstruire des barrières trop rigides sur ce modèle top-down de management trop souvent l’apanage des filiales chinoises. Enfin, le manager de Spansion est très fièr d’annoncer que cette politique ne se retrouve pas seulement sur le papier ou dans le discours annuel du PDG mais a de vrais repercussions sur la vie quotidienne des employés. L’implémentation est un vrai défi en gestion de ressources humaines sinisante.

Les DRH doivent donc revoir leur copie sur les compétences clés de la compagnie pour comprendre de façon très détaillée quelle est la véritable structure organisationnelle de l’entreprise et assigner des participations à l’intéressement selon la performance des employés tout en essayent de conserver la face des collègues qui n’auront pas eu ce privilège de la reconnaissance. Tout le staff devra aussi profiter d'un plan de formation très ambitieux avec pourquoi pas pour les multinationales des opportunités à l'international, expériences très valorisantes pour les managers chinois. Ne pas perdre de vue aussi qu'on ne travaille pas pour Siemens ou General Electric en Chine, mais que l'on travaille pour un manager de Siemens ou de GE. Le guanxi hierarchique doit absolument être développé.

Tim Chen, l’ancien stratége de Microsoft a sans doute eu plus qu’une augmentation de salaire en passant dans le sport business. Surtout lorsqu’on constate le niveau des basketteurs locaux. Un beau challenge à relever tout de même pour construire une seconde NBA.

28.11.2007

Où l’on reparle de l’affaire Danone Wahaha

Il est des affaires que l’on aimerait réussir pour l’établir comme un point de référence dans son tableau de chasse. L’affaire entre le géant français et la firme de Hangzhou pour le cabinet d’avocats : Latham&Watkins fait sans doute partie de ces affaires là.

cbe99863f36fbf8e49bdbcbeaea6d583.jpgLes américains ont pourtant démissionné de cette affaire, n'en sachant que trop peu ou en sachant trop, je ne saurais vous dire. Danone a pourtant réussi à geler les avoirs des dix compagnies offshorées affiliées avec Wahaha. Plus intéressant encore, l’opinion publique en Chine est en passe de se retourner après la découverte de toutes les malversations de monsieur Zong. Notamment dans le milieu des affaires, le soi-disant patriote qui a construit Ever Maple Trading, une compagnie enregistrée aux îles vierges britanniques avec l’aide de ses proches, sa famille y compris, embarrasse Pékin de sa bêtise. Ce même patriote dont la fille a adopté la nationalité américaine n’a sans doute pas de leçons à donner sur l’origine des capitaux, étrangers ou chinois.

La vérité c’est que cette société écran a pompé des actifs durant de nombreuses années à la firme de Hangzhou sans que Danone, qui détient 51% de la joint venture, s’en aperçoive et elle est venue alimenter la fortune personnelle de ce grand communiste.

Question est, et reste en suspens : qu’est ce qui a pris à Danone de laisser tant d’autonomie à Zong Qinghou ? Pourront-ils encore travailler ensemble ? Danone paiera t-elle l’entrepreneur chinois pour qu’il parte contre monnaie sonnante et trébuchante ?

Non décidemment, elle n’est pas innocente cette bouteille de lait. Zong Qinghou leur a appris comment on fait les bébés.

26.11.2007

La chambre de commerce européenne

La chambre de commerce européenne en Chine a lancé la semaine dernière son étude sur l’indice de confiance des compagnies de la zone euro installées en Chine, soit plus de 200 entreprises membres de cette chambre de commerce transnationale sous la présidence de Joerg Wuttke.

e6e0f68327e0dfdb306f82b957cc0e88.jpgPendant que le président Sarkozy joue français et tente de séduire la patrie des soldats de terre cuite, cet organisme essaye de construire une stratégie commune européenne dans un environnement de plus en plus compétitif, où les acteurs économiques investissent désormais dans des structures R&D dont les fruits ne pourront être correctement savourés seulement si le contexte législatif chinois évolue vers plus de transparence.
Mais le rapport souligne une certaine tendance à l’optimisme malgré les bulles financières, les surchauffes, la folie immobilière. Voir Alibaba et Pétrochina, plus grande mise en bourse depuis google pour ce premier cité et plus grande capitalisation boursière du monde pour Pétrochina, malgré un CA qui ne rentre pas encore dans les 50 premiers du monde.
500 000 comptes boursiers s’ouvrent chaque jour. Lorsque l’on pense que ces 100 millions de boursicoteurs sont en grande majorité des petits porteurs, des laobaixing, des petites gens, lorsque la bourse s’écrasera, une partie de la Chine pourra trembler… Donnée à relativiser quand on jette un coup d’œil à l’indicateur du taux d’épargne qui reste un des plus hauts du monde.

A 10 mois des JO, comme le met en valeur le managing director de Roland Berger, l’optimisme est de mise, grâce au moteur de la croissance et à la puissance du chiffre même si on attend plus sur les problèmes de propriété intellectuelle et d’environnement, de développement durable de la part du gouvernement.

Quelques faits issus de ce rapport :

80% des entreprises présentes en Chine sont là aussi pour servir le consommateur chinois.
69% des répondants pensent augmenter les investissements sur ce marché.
L’écrasante majorité des entreprises font du bénéfice ou prévoient de générer des profits en Chine dans les 3 ans.
La grande tendance est de passer de Shanghai/Pékin/Canton aux deuxième cercles des cités chinoises : Chengdu, ChongQing, Shenyang, Harbin, Nanjing, Shenzhen, Tianjin, etc.

23.11.2007

Forum Jeunes entrepreneurs France-Chine

72c717c9297db2e4e1baa00b9b5bc81a.gifDeux événements majeurs hier dans la relation France-Chine : la vente d’Aréva acceptée par les chinois d’être payée en euro, et surtout le forum entrepreneurs France-Chine qui se tenait à Centrale Paris ce 22 novembre.

Echange de cartes, discours de présentation de société, conversation autour d’idées de développement d’affaires et un but commun : créer de la valeur, mieux se comprendre et développer des visions communes.


Puisque le small talk est de rigueur et puisqu’il faut savoir développer des conversations anecdotiques, en voici quelques unes :

- Société d’investissement de TianJin lors du repas : en Chine, il existe un dicton : « à partir d’une bonne base financière, on peut commencer à penser à pouvoir conquérir une femme française ».

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Un entrepreneur français : « La Chine est une vieille amie, depuis 30 ans que je travaille avec elle, notamment avec un partenariat avec l’université Qinghua » Qinghua avec un accent français qui n’a pas du s’améliorer depuis 30ans bien sûr.


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- Entrepreneur français : « we’ve been working in Dalian for 13 years »
- Entrepreneur chinois « DaWhat ? »
- Traductrice : « 大连 »
- Entrepreneur chinois : « Oh OK »

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- Société de collaboration du quartier high tech de Pékin, le Haidian district : « Sais-tu que le gouvernement chinois va payer la facture d’Aréva en euro ? L’euro est très fort, il est temps pour nous de diversifier nos réserves et penser plus à long terme sur cette monnaie stable »
Plus tard, à côté d’un distributeur de billet : « pourriez vous me dire comment je change mes MeiJin (US dollar) ? ».

21.11.2007

Pourquoi il faut entrer sur le marché du conseil en Chine

d3a4200170e3162c02fd06606c15dfad.jpgPlusieurs grandes tendances doivent pousser les cabinets, et notamment les cabinets de niche à regarder du côté de la Chine et à ne pas limiter leurs ambitions au suivi de leurs clients européens ou américains au pays de Mao.
Les ambitions chinoises sont illimitées. Les entreprises sont de plus en plus agressives sur le plan international avec un positionnement qui veut se sortir du segment du good-enough et attaquer les marchés occidentaux en suivant les exemples de Lenovo, Galanz, Huawei, Haier ou Sun Tech Solar. Or pour satisfaire ces ambitions dévorantes, les patrons chinois ont grandement besoin de conseil en terme de management de l’innovation, de bonnes pratiques supply-chain et surtout dans la connaissance du consommateur européen qui reste un mystère pour les entreprises chinoises manquant cruellement de compétences internationales.

De plus, le conseil à l’européenne bénéficiera d’une image de marque reconnue et porteuse de valeurs. Comme dans les industries clientes, les écueils se situeront dans les errements classiques du business en Chine : tomber dans la facilité de l’image de l’européen donneur de leçons ou inversement verser dans le tout culturel, spécialité française d’accorder trop d’importance à cet aspect relationnel. Il faut savoir culture garder.

Le challenge est grand et la Chine un révélateur, un catalyseur de performances ou au contraire un révélateur de faiblesses pour les entreprises du marché du conseil. Le défi n’est pas moins périlleux pour les entreprises chinoises qui doivent faire face à une réputation qui les poursuit après les affaires Mattel au niveau de la qualité ou dans l’incompréhension de l’environnement business international mise sous le feu des médias avec les affaires Schneider ou Danone. Mais aujourd’hui, les chinois mainland veulent suivre l’exemple de leurs cousins singapouriens ou taiwanais, et n’ont pas peur de parler de business plan à l’international. Encore faut-il qu’ils aient les moyens de leurs ambitions et qu’ils maîtrisent jusqu’au concept basique d’économie d’échelle. Pas évident quand c’est votre collègue qui est en compétition avec vous à 10km et que vous avez le même donneur d’ordre que lui.

Une autre considération en prendre en compte et le caractère modulaire du tissu économique chinois. La plupart des marchés sont extrêmement fragmentés et donc la tendance aux intégrations verticales ou horizontales n’en est qu’à ses balbutiements pour l’instant. Un travail sur les courbes d’apprentissage, sur les stratégies d’acquisition, la reconnaissance des attentes des clients voire même l’éducation du consommateur pour coalescer les demandes reste à faire.

Enfin, des données macroéconomiques sont indiscutables : il y a 30 fois plus de consultants au prorata de la taille de la population en France qu’en Chine.

Il existe donc un autre marché que celui des joint ventures et des companies globales en Chine, encore faut-il que les chinois puissent comprendre l’intérêt de bénéficier d’une prestation de conseil de qualité, notamment au vu des honoraires pratiqués par les cabinets.

19.11.2007

La technologie chinoise

e6f759a836608734fce78e3146f29d4a.jpgEn 1998, Wu Bangguo, un membre du Bureau politique du Comité central du PCC annonce que l’avenir technologique de la Chine se situe dans les grands conglomérats industriels, cousins des keiretsu japonais ou des chaebol coréens. Près de 10 ans plus tard, force est de constater que le vice-ministre n’a pas visé juste car les progrès historiques enregistrés dans la production industrielle sont dû en grande partie aux industries qui se sont développées en dehors ou à côté des entreprises géantes d’Etat.

Au Japon, le gouvernement peut se concentrer sur 200 entreprises cibles pour adapter sa politique industrielle, en Chine le ministre de l’industrie ou de l’économie doit garder un œil sur une centaine de milliers de compagnies.
Le futur eldorado des banques d’investissements, des acteurs du conseil se trouve donc en Chine lorsque l’on pense juste au potentiel de fusion acquisition parmi seulement 10% de ces acteurs économiques, pensez aussi au fait que le profil des managers est celui d’entrepreneurs plutôt self made man, ayant sublimé une expérience douloureuse pendant la révolution culturelle et travaillant en autarcie. Toute une population à éduquer aux recours aux private equity, LBO et autres due diligence.

Il n’y a donc pas de modèle Toyota en Chine. Pas de modèle où la compétence clé dans l’entreprise est le laboratoire et où toute la production est sous-traitée à des partenaires de confiance, pas de famille d’entreprises qui gravitent autour d’un champion international.

Pourtant, est-ce forcément une faiblesse ? Comme Drucker le souligne dans un de ses derniers livres, le rêve de l’organisation idoine et de la pratique de management parfaite n’existe plus. Il existe plusieurs paradigmes désormais et le modèle modulaire chinois qui les pousse à produire pour plusieurs donneurs d’ordre de sorte qu’une batterie Motorola peut se retrouver tout aussi bien dans une téléphone Nokia n’est pas forcément désuet. Ainsi l’assemblage d’ordinateur, qui requiert un très haut niveau de coopération entre design, production, qualité, essais est un business qui fonctionne bien en Chine. Autre exemple aujourd’hui, plus de la moitié des fournisseurs dans l’automobile ont atteint les standards de qualité internationaux.

L’autre fardeau que porte la Chine est celui des royalties, des licences d’exploitation pour utiliser des produits pensés à l’étranger. La réponse du gouvernement est très volontariste et elle consiste à développer des standards nationaux pour endiguer cette manne financière qui revient dans les pays innovateurs et qui nourrit le cercle vertueux de la RetD. Le but est de réduire la dépendance aux technologies étrangères de 60 à 30% en développant des standards nationaux dans des domaines divers comme le Wifi, le DVD ou autres.

16.11.2007

Lettre à Nicolas

Deux tendances de fond se placent aux extrêmes de l’échiquier de l’opinion publique en Chine: le mythe de l’éternel retour et le lion revendicatif.

Depuis le début des années 90 le leadership chinois a éduqué sa population dans le sens du retour au prestige du passé, c'est-à-dire l’ambition de retrouver le statut d’hyperpuissance mondiale en actionnant tous les leviers économiques possibles et en ouvrant les vannes des investissements étrangers. C’est ainsi que la population marche dans le même sens et reconnaît une certaine compétence et légitimité à son gouvernement.
A l’extrême opposé de cette vision, les nouvelles technologies de communication et le nombre croissant d’étudiants à l’étranger déconstruisent des barrières et des appréhensions et le flot des contestations ne pourra pas être endigué par la censure. Le rugissement ne fait que commencer.

b6a9496dd0bf532ee2d21153b331a592.jpgEntre ces pôles antagonistes, la politisation de la société chinoise est loin d’être comparable à celle de la société française donc les schémas que devront emprunter l’équipe qui conseillera Nicolas Sarkozy lors de sa visite en Chine la semaine prochaine doit tenir compte de cette différence culturelle. L’enjeu depuis très longtemps maintenant en Chine pour la France est celui d’enfin « transformer l’essai ». Près d’un demi siècle après De Gaulle qui a été le premier leader occidental à reconnaître l’existence de la république populaire de Chine, 25 ans après que Giscard d’Estaing se soit pris de passion pour ce pays en consacrant 5 minutes quotidiennes de son temps précieux à apprendre le mandarin, et juste après l’héritage de Chirac, le plus grand de nos VRP.

Parmi les choses à ne pas faire, l’anecdote bien connue de Kissinger qui s’adressait à des jeunes entrepreneurs chinois : maintenant que vous avez acquis une véritable légitimité économique, quid de l’inoculation du virus démocratique ? Un chinois de répondre : monsieur Kissinger, voulez vous détruire tout ce que nous sommes péniblement arriver à construire en 25 ans ?

Oui il est temps de transformer l’essai et de profiter de notre avantage d’apriori positif par rapport aux américains. 59% des chinois pensent que les Etats-Unis sont un frein au développement de la Chine. Fait plus inquiétant, plus les personnes interrogées sont éduquées, plus elles se disent anti-américaine. Faisons en sorte que ces mêmes chinois nous perçoivent comme des adjuvants dans le beau conte du développement économique chinois.

Alors oui bien sûr que les chinois ont soif de justice sociale et d’une meilleure répartition de la production des biens, bien sûr ils détestent l’appareil politique vérolé et corrompu mais non en majorité la révolution n’est pas appelée des vœux des patriotes rouges. Pragmatisme et possibilité de réussite sociale sont les priorités. Surtout pour ceux qui ont encore en tête le chaos de la Révolution Culturelle. « Qui peut être aussi naïf de penser que la Chine serait une meilleur pays avec la démocratie ? » pensent-ils. Il est temps d’éteindre vos téléviseurs qui peuvent être en couleurs mais qui pensent encore en noir et blanc. Ce que les chinois attendent de la France, c’est qu’elle les aide à devenir plus riche avec de meilleures technologies et à proposer que les jeunes mariés viennent faire leur voyage de noce dans notre beau pays. Le progrès qui a été fait depuis la venue de l’émissaire du roi d’Angleterre fin du 18ème siècle, c’est que les chinois ont compris que les étrangers sont un passage obligé pour réussir dans les affaires.

Mulin, Anlin, Fulin. Soyez aimables, soyez en paix et enrichissez vous !

48% des personnes pensent que la Chine a une influence positive dans le monde. 10 points de plus que les Etats-Unis d’après McGregor.

14.11.2007

Starbucks, maître de la glocalisation

Même si le nationalisme chinois les a poussé hors des enceintes de la cité interdite, une présence en Chine pour Starbucks est « de rigueur ». C’est une des nouvelles icônes pour adopter le lexique du sacré comme Jérôme Garcin, un must-have dans la panoplie du parfait businessman : une tasse de starbucks, un blackberry et tout va mieux pour la crédibilité. Cela tombe bien, blackberry débarque aussi en empire du milieu depuis peu.

La vision de Howard Schultz, PDG de Starbucks n’est pas de faire de l’argent pour faire de l’argent en entrant sur le marché chinois mais d’établir une véritable politique cohérente de marque pour que les chinois reconnaissent la marque Starbucks comme faisant partie intégrante de leur patrimoine.

Ceci semble être un peu ambitieux dans un pays de buveurs de thé mais en discutant avec la première population que l’on rencontre en tant qu’expatrié : les chauffeurs de taxi, on se rend compte que les chinois sont capables de consacrer un part non négligeable de leur budget pour acheter du thé alors pourquoi pas un jour du café pour varier les plaisirs ? De plus, Starbucks est arrivé à construire grâce à un management local fort, une très grande loyauté de la part de ses employés. Une de ses grandes forces sans aucun doute.

Alors bien sûr, il faut respecter les fondamentaux dans ce genre de business : position, position et position ! Soigner son emplacement est la garantie du succès à condition que l’on négocie bien avec le gouvernement local.
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Au-delà des très bonnes pratiques de la firme américaine, Starbucks a cultivé une image d’entreprise responsable qui est sans doute à l’origine du succès de la relation qu’entretient la marque avec les autorités locales. Dès l’entrée sur le marché, Starbucks a fait don de 5 millions de dollars à la fondation Ching-Ling qui éduque et envoie dans les provinces reculées des professeurs. Ajouté à cela que Hu Jintao lui-même boit du précieux breuvage et que la communication en a été bien entendu facilité ou que Starbucks a gagné sa bataille de la propriété intellectuelle face à un concurrent malhonnête du côté de Shanghai et vous avez là toutes les bonnes recettes de la réussite d’une marque en Chine.

En 2020, on estime que 40% de la population chinoise constituera la classe moyenne et la Chine sera depuis longtemps devenue le second marché après les US pour XingBaKe.

12.11.2007

Trouver les leviers pertinents du sourcing en Chine

利欲熏心 LiYuXunXin, être obsédé par le profit. La première motivation, originelle, du transfert d’activité en Chine : la prime au bas coût, la cash flow à générer au plus vite, n’avoir qu’à se baisser pour augmenter ses marges.
On a souvent tendance à penser que les politiques de sourcing en Chine proposent seulement ce schéma simpliste : trouver le prix le plus bas chez un fournisseur fiable.

Voici pourtant 10 écueils, défis ou pratiques à manager de près lorsque l’on parle d’achat en Chine :

Le fournisseur du fournisseur : une des pratiques les plus répandues chez les industriels chinois est celle de restructurer un profil de coût pour placer chez les fournisseurs de premier ou second niveau les coûts de stockage, de logistique d’approche, de prestation qualité/service, etc. Attention à ne pas surcharger le management overhead de la filiale pilotant l’ensemble du portefeuille fournisseurs et à préserver la relation équitable entre les deux parties.

Les compétiteurs hors chine : certains cabinets l’annoncent déjà, les pays comme le Vietnam ou la Malaisie veulent défier le dragon chinois à son propre jeu du bas coût. Attention à prendre bien en compte les frais d’approche, la supply chain globale pour comprendre le chiffrage complet. Ainsi les deux pays cités n’ont pas encore le maillage logistique dont la Chine peut disposer aujourd’hui.

Les marges incroyablement réduites : beaucoup de fournisseurs chinois jouent avec le feu en termes de marges dégagées afin de satisfaire le client. Le pragmatisme à la chinoise les pousse à ne s’occuper que de la satisfaction du client, et pas les normes internationales comme on a pu le voir avec l’exemple de Mattel. Les problèmes d’éthiques de travail sont sous-jacentes et un management fort, une formation de votre partenaire est indispensable sur ces problèmes sensibles.

Plus que le triangle Coût Livraison Qualité, une relation de confiance entre les partenaires est indispensable. Cultiver votre réseau, nourrisser votre guanxi avec de réguliers meeting et feed back sur la prestation de votre fournisseur, n’hésiter pas à soutenir cette relation avec de l’interpersonnel. On parle de relations humaines.

Ne pas regarder sa montre, faire des achats en Chine se place typiquement dans la case des activités très chronophages étant donné l’offre existante pléthorique ainsi que les profils de fournisseurs très hétérogènes. Il faut cultiver la relation, savoir souffler le chaud et le froid en restant ferme mais souple. Plus que des mots, un management de proximité très présent est indispensable. On ne peut se contenter de manager les fournisseurs à 10 000 km de distance.

La barrière de la langue
peut être levée en utilisant des acheteurs locaux mais alors il faut garder à l’esprit que le niveau de confiance que vous allez accorder à ceux-ci ne doit pas être pris à la légère. Certains sont soumis à des rotations dans certaines entreprises afin de limiter les risques. Sans parler tout de suite de corruption ou d’arrangement entre amis, veiller à ce que la relation reste professionnelle.

Apporter de la valeur ajoutée à la relation en cultivant la fameuse relation win-win, passe par la formation de votre partenaire voire même la visite d’usine modèle en Chine ou dans votre pays d’origine. Ainsi la notion de loyauté et de fidélité prend un sens chez votre fournisseur.

Utiliser une partie tiers peut être une solution si vous ne disposez pas de solution locale disponible dans l’immédiat, des acteurs comme Masai ou Asia Inspection vous donneront les clés du business chinois.

Des disparités suivant les industries et les zones géographiques, il faut travailler son marketing inverse et connaître les forces et les faiblesses, la langue, la culture locale de chacune des régions dans lesquelles l’on veut s’implanter.

Anticiper la fin de la Chine bas coût, investir sur le long terme c’est prendre acte du fait que la Chine est en train de passer, sur le même modèle que les dragons asiatiques, à un modèle privilégiant les fortes expertises dans le domaine de l’innovation. C’est aussi penser à monter un business plan lucide pour gagner le cœur et l’âme du consommateur chinois.

09.11.2007

Cyworld ,la korean touch

7c919faa0f4282a78154bf1f21232d29.jpgPour les coréens, c’est le Facebook et le Myspace à la mode asiatique, un service Internet collaboratif qui a 18 millions de membres sur une population de 48 millions et qui permet de créer sa propre page web personnalisée où vos amis et vos futurs amis pourront retrouver vos photos, vos documents et autres goodies. Le créateur a inventé la décoration de son espace virtuel, la création d’un avatar qui permet d’évoluer virtuellement sur un espace totalement éthéré comme on pourrait le faire sur Second Life et surtout un nouveau business model qui est applicable aux autres sites hors de la péninsule coréenne avec l’utilisation d’une monnaie virtuelle : le dotori.
De plus, cyworld est arrivé sur le marché avec un bon timing, lorsque l’électronique grand public et notamment le marché des appareils photos sur portables explosaient en Corée du Sud. Il a réussi a capté un marché stratégique en Corée, celui de la jeune coréenne branchée, et où les adolescentes et les jeunes femmes coréennes aiment socialiser, les mâles sont attirés par le potentiel de rencontres à faire et c’est ainsi que le word of mouth a fonctionné. Enfin, le site racheté par SK Telecom a profité des infrastructures et de la force marketing de la société mère.

Enfin, quelques succès sont valorisés comme cet amateur de bonne cuisine, qui postait de nombreuses recettes en ligne avec renfort de photos sur le résultat final obtenu et c’est ainsi qu’il a pu avoir l’opportunité de publier un livre de cuisine. Une autre membre a démissionné de son job pour se consacrer entièrement à la vente des articles qu’elle met en ligne sur sa page vue par 2,7 millions de lecteurs.

En 2005, SKCommunications a généré 67 millions de dollars grâce à ce site et 30 millions additionnels pour les services par téléphone. Pour Benjamin Joffe, fondateur de plus8star, une boutique de conseil et de veille technologique sur les nouveaux médias en Asie, si l’on fait le raisonnement que la population des Etats-Unis est 6 fois plus nombreuses et que le ratio PNB/tête est trois fois plus grand, le potentiel d’un Cyworld à l’américaine serait de 1,8 milliards de dollars par an de résultats nets. C’est sans compter sur le comportement du consommateur américain qui est bien différent du coréen ainsi que de l’environnement compétitif avec l’explosion des propres sites US mais ceci donne une idée du succès de la start up du pays du matin qui n’est décidemment plus très calme.

Pour Young Joon Hyung, le créateur de la société, cette critique d’une non transposabilité sur différents marchés est caduque lorsqu’on prend en compte le succès des ERP pour Enterprise Resource Planning, qu’il appelle au niveau de l’individu les PRP : Personal Resources Planner, la customisation à l’envie a de l’avenir…

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