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03.12.2007
Une stratégie insulaire
En ces périodes de tensions énergétiques avec la réélection de Poutine en Russie et la visite d’Etat du président pour sécuriser nos approvisionnements en gaz en Algérie, le regard doit peut-être se poser sur une île qui a su conserver sa puissance industrielle de pointe, une île high tech, aux campus verdoyants et qui attire les entrepreneurs du monde entier grâce à une politique fiscale séduisante. La réponse à la mondialisation de Singapour, un des endroits les plus connectés du monde est la bonne : celle d’un accélérateur mis sur l’éducation et la formation qui fait partie du plan sociétal de l’ancienne colonie britannique. Ainsi elle a su conserver son industrie électronique de pointe tout en délocalisant les activités les moins intenses en valeur ajoutée vers leurs cousins chinois.
Il serait donc de bon ton de se pencher sur la stratégie adoptée par les fils du patriarche Lee : puique leur politique industrielle a réussi, qu’en est-il de leur politique énergétique ? Ainsi dans le domaine de l’énergie, l’île au sud de la Malaisie ambitionne d’augmenter la valeur ajoutée de son industrie à quelques 34 milliards de dollars singapouriens d’ici 2015, soit 70% de croissance par rapport aux niveaux actuels.
C’est dans le pays voisin que l’on discute actuellement piégeage du CO2, une technique dont tous les brevets sont détenus par les grands groupes pétroliers et qui attendent que la tonne de CO2 devienne intéressante économiquement pour lancer cette technologie pas encore bien au point. Comme toujours, la sphère écologique ne peut exister tant qu’elle n’a pas rencontré la sphère économique.
C’est bien une réponse économique et stratégique que propose Singapour.
Tout d’abord en favorisant l'adoption de marchés compétitifs pour que les consommateurs puissent bénéficier de l’énergie à un prix compétitif par rapport aux autres économies. Pour eux, pas de monopole et les électriciens se font la guerre des prix, ainsi le consommateur final n’a ressenti la hausse du pétrole qu’il y a peu de temps. On parle maintenant de vendre l’électricité dans les circuits de distribution classique.
Une autre stratégie est de diversifier l’approvisionnement énergétique pour manager les risques géopolitiques, qui sont importants avec les puissants voisins que possède le centre financier. Ainsi Singapour construit un terminal de Gaz Liquéfié pour profiter de plus amples ressources en gaz.
Singapour, un des endroits les plus high tech du monde, se lance aussi dans l’économie d’énergie des bâtiments qui a le mérite de générer des économies presque immédiatement et des investissements moindres par rapport à une augmentation de la production d’énergie.
La touche allemande est dans l’investissement dans les technologies du solaire, pas encore rentables mais qui devraient dans ces régions équatoriales connaîtrent un développement significatif dans les prochaines années jusqu’à 5%.
Enfin, Singapour lance des agences pour améliorer la coopération internationale et coordonner les différentes agences dont le puissant fonds financier qui arrose tous les pays d’Asie du Sud Est et qui pourrait être un levier intéressant pour le nain politique que constitue la cité Etat.
La guerre du feu ne fait que commencer, et elle nécessitera plus que du capital spéculatif, mais aussi des idées et du capital créatif.
20:05 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Singapour, energie, stratégie

