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16.02.2008

Ce que la neige nous apprend,

Celui qui marche dans la neige ne peut cacher son passage nous apprend le proverbe. L’hiver a été particulièrement rude en Chine, surtout en Chine du Sud, qui n’est pas habituée à des températures et des conditions climatiques dignes de latitudes plus pékinoises. La météo extrême a provoqué d’innombrables coupures d’électricité, d’eau, d’informations et a paralysé routes, rails et tout moyen de communication à travers le pays, plus particulièrement dans le Hunan et la province de Guizhou. Le conseil d’état estime à environ 5 milliards d’euros les dégâts causés par les tempêtes dans 19 provinces et affectant plus de 100 millions de personnes.

A force de décrire ces événements climatiques comme étant rarissimes, uniques dans l’histoire récente du pays, comme l’ont été les inondations et les sécheresses auparavant, le rare perd de sa rareté. Alors que le changement climatique nous laisse présager que l’improbable devienne notre lot quotidien, le gouvernement ne doit-il pas savoir gérer des situations de crise comme celles-ci ?

La neige a découvert plus qu’elle n’a recouvré, découverte au grand jour de maux dont la Chine souffre de n’être guérie : le social et le structurel.

Sociaux par le développement économique abyssalement inégal entre les régions, le problème du HuKou, sorte d’état civil inique et qui empêche les travailleurs migrants de mettre leurs enfants à l’école de Pékin ou de Shanghai. Structurels car la plus grande migration annuelle du monde entraîne une hérésie logistique qui devient insoutenable mais qui révèle surtout la puissance des idées traditionnelles chinoises. Ces vacances sont les seules pour les travailleurs migrants qui reviennent dans leurs régions natales pour les festivités et pour pouvoir profiter de leurs familles quelques jours.

b820e8e5fff813a8830337889033e1ec.jpgCes vacances sont plus que des vacances pour les migrants, c’est un pèlerinage. C’est un pèlerinage à travers la neige et le vent glacé pour fuir la misère et la discrimination des villes. Ces travailleurs forment le socle sociétal chinois et sont bafoués dans leurs droits. Alors bien sûr, les leaders sont allés sur le terrain, Wen JiaoBao en tête de cortège et il a fait preuve d’un courage politique sans précédent en prononçant des excuses publiques face au constat plus qu’alarmant de la situation. Mais cette situation a aussi été empirée par la lenteur de la réaction des autorités, par l’inertie d’un système trop centralisé et qui manque de transparence. Les rapports officiels exagérément positifs n’ont pas tenu informés à temps la population inquiète.

Le business environnemental aura beau changé, Bill Gates aura beau créer Peony Capital, nouvelle agence de trading de carbone, qui prévoit de racheter 10 millions de tonnes de réduction d’émissions de carbone d’ici 2012, les initiatives privées ne suffiront pas pour alléger la vie de ceux qui vont souffrir le plus du changement climatique.

Commentaires

%La neige a découvert plus qu’elle n’a recouvré, découverte au grand jour de maux dont la Chine souffre de n’être guérie : le social et le structurel.%

T'as tout dit!!

Ecrit par : jeff | 17.04.2008

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