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19.03.2008
Tibet, mon amour
Entre l’utopisme de la grande majorité des partisans du boycott, mot qui sent la poudre et donc fait les gros titres et un gouvernement chinois hypersensible paranoïaque qui prend peur face aux menaces de quelques stars hollywoodiennes, il est temps de mettre en perspective la question du Tibet. Voici quelques clés culturelles, politiques, historiques et économiques pour comprendre la situation actuelle et appeler à la négociation raisonnée.
Le Tibet, région chinoise ?
Du point de vue chinois, le Tibet a toujours fait partie de la Chine. C’est bien entendu une vue simpliste et inexacte mais l’histoire du Tibet est si trouble que chacun peut l’interpréter à sa manière. Les chinois peuvent vous citer certaines périodes et en oublier d’autres : ils citeront volontiers l’année 1792, où l’empereur de la dynastie des Qing envoya une armée à la rescousse des tibétains attaqués par les népalais. Ils feront référence sans problème à la période d’administration des Qing à Lhassa entre 1728 et 1912. De fait, ces administrateurs, les ambans ont perdu de l’influence jusqu’en 1951 et le Tibet a connu une période d’indépendance de facto de 1913 à 1951. Sans doute la Chine a donc plus de légitimité à réclamer la terre tibétaine que les Etats-Unis l’Ouest américain.
Ce qui est plus important, ce sont les raisons de « l’occupation » qui ont changé au fil du temps. Pour la dynastie Qing, le Tibet n’est qu’une région tampon et les tibétains n’étaient pas obligés d’apprendre le chinois ou les coutumes chinoises. Pour les Qing, le Tibet fait partie de la Chine tout en étant quelque chose de différent et les Dalaï-lama dans leurs monastères étaient autorisés à maintenir une autorité de fait sur les affaires internes.

Au début du 20ème siècle, après la chute des empereurs et alors que la Chine subissait la honte des traités inégaux face aux européens, le Tibet devint une source d’inspiration pour le nationalisme chinois. Les leaders intellectuels et politiques, y compris Sun Yat-Sen, croient au droit historique de la Chine sur le Tibet depuis que les britanniques ont envahi la région, soumettant le Dalaï-lama. C’est alors que s’est forgée la rhétorique chinoise nationaliste. C’est sur cette période qu’il faut porter notre regard le plus attentif.
Hong Kong aux britanniques, la Mandchourie et le Shandong aux japonais, Taiwan au Kuomintang sont autant d’affronts à la fierté chinoise et le projet de Mao de 1949 a pris forme avec l’idée principale d’une réunification de la grande Chine, la mère patrie. Le Tibet devient une pièce essentielle de la Chine communiste et plus seulement un état tampon. Depuis, tous les leaders chinois poursuivent le rêve de cette Chine unie, lavée de l’affront de l’Ouest et la sensiblerie d’une large majorité des chinois tournant à la paranoïa du gouvernement actuel peut trouver de nombreuses explications dans cette idée sacrée qui touche à la souveraineté nationale.
Où l’ironie rit jaune
L’ironie de l’histoire veut que la Chine, comme un enfant sexuellement abusé a reproduit le même schéma de violation culturelle dans “son” Tibet : des monastères détruits, de violentes redistributions de terres et la folie de la Révolution Culturelle détruisant toute forme de liberté religieuse ou intellectuelle. Comme dans toute forme d’impérialisme, la plupart des dommages ont été effectuées sous le nom du devoir national. Les chinois vous diront que le Tibet d’avant 1951, c’est 36 ans d’espérance de vie, une région féodale où 95% des tibétains étaient analphabètes et le système de servage ne souffrait pas la comparaison avec l’Europe du moyen âge. Ce sont donc les chinois qui ont libéré de l’esclavagisme les tibétains, vous diront-ils, comme Lincoln a libéré les noirs américains dixit Jiang Zemin en visite en 1997 en visite aux Etats-Unis.
Visiblement la classe politique chinoise a sauté le chapitre Wilson et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et les tibétains auraient sans doute voulu réformer leur société d’eux-mêmes.
Un autre aspect, qu’il est difficile de comprendre pour nous occidentaux est celui de l’appel à la modernisation. Pour les occidentaux, le Tibet c’est un lieu idéalisé où la culture et l’anti matérialisme prend tout son sens. Un rêve utopique où le bon karma a remplacé la jolie Mercedes. Mais pour les chinois, la Mercedes, c’est terriblement important, pour eux qui connaissent cet élan économique depuis relativement peu de temps.
« Les tibétains sont à la Chine ce que furent les indiens d’Amérique aux Etats-Unis » argumenteront-ils. Forcer les peuples à se moderniser est éthiquement acceptable pour la majorité des chinois semble-il.
Des Han à Lhassa
Beaucoup de chinois qui travaillent au Tibet, parmi eux les militaires, qui ne font pas partie de la fine fleur des académies militaires chinoises, se voient comme des missionnaires idéalistes du progrès rejettant l’idée occidentale d’être des agents de l’impéralisme culturel. Depuis une cinquantaine d’année, fait unique dans l’histoire des peuples opprimés, le Dalaï-Lama a su faire éviter au peuple chinois le goût de la revanche et l’amère souffrance des attentats.
Les vues politiques sur le Tibet sont tranchées et précises : pour l’Occident, la question du Tibet se résume au sempiternel free Tibet. Le Tibet ne devrait pas faire partie de la Chine car avant d’être annexé par les chinois en 1951, c’était un état indépendant et donc les chinois sont de cruels occupants qui cherchent à détruire la culture traditionnelle tibétaine. Le Dalaï-lama, leader spirituel de la région devrait pouvoir retourner dans son pays avec au moins une autonomie culturelle.
Pour les Han (l’ethnie dominante en Chine) qui vivent au Tibet, la réponse est tout aussi tranchée et unique : le Tibet, ce fut, c’est et ce sera toujours la Chine. Beaucoup de chinois Han se sont donc installés dans la région pour contribuer à la « libération pacifique » du Tibet dans les années 50, pensant que cette région avait besoin de talents pour se développer.
Parmi tous les aspects de la situation là bas, celui de la question de la migration des Han, impérieuse menace à la culture tibétaine selon le Dalai Lama, est sans doute la plus importante. Selon certains chiffres, les Hans constituent près de 50% de la population locale. Ce chiffre est sans doute exagéré à part dans certains quartiers de Lhassa. C’est donc véritablement une démarche pour la grandeur du pays qu’ont entrepris les chinois Han, en suivant les recommandatations de Deng XiaoPing pour qui le Tibet n’était que trop peu peuplé et donc qu’il fallait envoyer des forces vives pour sa modernisation.
Qui sont ces personnes qu’on oublie trop souvent et qui ont fait le choix d’aller vivre parfois à des milliers de kilomètres de leur lieu de naissance pour aller à Lhassa ?
Ils sont professeurs, ingénieurs, commerçants, médecins et ils sont attirés par la vie des minorités souvent méconnues et exotiques même dans leur propre pays. De la même manière, un important flux migratoire est dirigé vers les provinces du Xinjiang ou du Qinghai, des régions 艰苦 jianku, difficile à vivre. Pas de pollution, beaucoup de naturel, des endroits désertiques, de sensations de virginité. La recherche d’aventure et le sens du service comme toute personne qui s’engage dans le bénévolat. Pour d’autres, ce fut l’opportunité d’avoir un meilleur salaire sans oublier l’aspect patriotique de la prise de décision. Le gouvernement a largement communiqué sur le manque de moyens du Tibet et sur la nécessité pour les chinois d’étudier l’essence du Tibet.
Jianku est bien le mot central pour ceux qui s’engagent souvent sur 2-3 ans, parfois 8 ans s’ils viennent d’universités moins reconnues. Surtout parmi ceux qui croient dur comme fer que l’altitude compresse les poumons et altère les fonctions vitales du cœur. D’ailleurs, au plus haut vous travaillez, au plus vous êtes payé. Preuve en est que la croyance populaire est bien tenace.
Le prisme déformant
Sans considérer les motivations de Pékin ou les erreurs de ce gouvernement, la politique de développement du Tibet pèse lourd dans le budget chinois : le train Pékin-Lhassa en est le symbole le plus frappant. La région est une zone non imposable, les terres pour les tibétains sont distribuées sans impôts aux paysans, et des taux d’intérêts extrêmement bas sont disponibles. En quarante ans, le gouvernement central a investi des milliards de dollars dans la région et 200 000 personnes sont venues travailler dans les hauts plateaux alors que la région ne dispose que de très peu de richesse à part le bois ou des réserves minérales. Sans l’aide de Pékin, la région peuplée de quelques 2 millions et demi d’habitants serait sans doute sur les pires niveaux africains de développement économique. Alors bien sûr ceci ne justifie la sauvagerie de la répression, mais dans les écoles on n’apprend pas seulement le mandarin, on apprend aussi l’anglais et les professeurs sont dans l’écrasante majorité des Han, ou tibétains formés à l’intérieur. De plus, les familles de Shanghai ou Canton, terriblement occupées à entrer dans les standards occidentaux de classe moyenne, se tournent maintenant vers plus de spiritualité et le bouddhisme tibétain est très largement respecté et admiré.
Avant 1951, aucune école n’existait au Tibet. Aujourd’hui, le taux d’alphabétisation est de 52% grâce aux écoles financées par l’intérieur.

Qu’apprend-on à ces enfants tibétains venus le plus souvent directement des tentes de nomade dans la campagne ? On leur apprend à être trilingue très rapidement alors que le tibétain, l’anglais et le mandarin ne se ressemblent en rien, on leur apprend à résister à l’impérialisme, aussi ironique soit-il. Mais on leur apprend aussi à renoncer à leur religion, pour construire une société communiste, et on leur enseigne l’histoire de la Chine, pas celle du Tibet bien sûr. A partir du lycée, le mandarin prend une part plus importante dans la communication et pour les meilleurs, ils iront vers l’intérieur pour étudier en oubliant tout de leur culture tibétaine. Il est là le génocide culturel que le Dalai Lama dénonce.
Pour pacifier la région, la meilleure solution à long terme est donc de lutter officiellement contre l’illettrisme mais aussi de contrôler politiquement et culturellement les nouvelles générations de tibétains car sans la maîtrise du mandarin par exemple, impossible de trouver un travail décent dans la société chinoise.
Le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille comme le montre l’exemple de l’éducation mais aussi les sensibilités politiques des tibétains partagées entre l’anti américanisme profond pour ceux qui ont passé quelques années à l’école chinoise ou l’américanisme béatitude tout aussi profond pour les moins éduqués.
Le support d’Angela Merkel ou la réception de GW Bush du Dalaï-lama sont un affront direct pour le gouvernement chinois mais pour certains tibétains, sans doute les mêmes qui continueront à manifester jusqu’aux JO, la solution passe par l’occident qui viendra les sauver. Les américains n’ont-ils pas fourni des armes aux tibétains au début des années 50 entrainant par ailleurs l’exil du Dalaï-lama après cet épisode historique ?
Il est donc temps de passer au temps des négociations raisonnées, de respecter le droit des tibétains à proclamer leur indépendance culturelle à défaut de soutenir une thèse irréaliste d’indépendance politique.
De notre côté, nos JT qui choquent les chinois résidents à l’étranger manquent d’impartialité : sensibilité naturelle occidentale vers cette terre spirituelle.
La Chine a tout à gagner en gérant beaucoup mieux la situation pour enfin accéder au statut de nation respectable et donc respectée. C’est l’examen de passage si elle veut jouer un rôle diplomatique de plus en plus important sur la scène régionale asiatique et internationale. Quant au boycott, il serait sans aucun doute à la fois inefficace, inapproprié et insultant. Les premiers à en pâtir seraient les athlètes et le peuple chinois qui attendent l’événement depuis de très longues années.

We know the battle ahead will be long,
but always remember that no matter what obstacles stand in our way,
nothing can stand in the way of the power of millions of voices calling for change.
Barack Obama, 2008
16:40 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Tibet, Chine, politique
15.03.2008
T.I.B.E.T.
La grandeur d’un pays ne se mesure pas seulement aux digits qui affolent les statistiques.
La grandeur d’un pays ne se mesure pas seulement au nombre de médailles qu’il pourra remporter.
La grandeur d’un pays ne se mesure pas seulement au nombre de minorités qu’il aura tenté de réprimer.
Mais il n’y a pas de répression de l’espoir, à part essayer de l’étouffer de ses propres mains.
Pour l'instant, il faut savoir émotion garder et avoir un œil sur ce qu'il se passe à Lhassa. Ensuite viendra le temps de la réflexion et de se pencher sur les raisons pour lesquelles le sens de l'histoire veut que le Tibet s'émancipe et que la Chine pékinoise a tout à gagner à écouter ces millions de voix qui s'élèvent.

May I become at all times, both now and forever
A protector for those without protection
A guide for those have lost their way
A ship for those with oceans to cross
A bridge for those with rivers to cross
A sanctuary for those in danger
A lamp for those without light
A place of refuge for those who lack shelter
And a servant to all in need.
–Tenzin Gyatso, the 14th Dalai Lama

15:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tibet, Chine, répression, politique
09.03.2008
Lorsque les pays ne sont plus émergents
L’expression « pays émergent » a été inventé par un économiste lors d’une conférence en Thailande en 1981 afin d’encourager les investisseurs à s’intéresser à ces pays que l’on ostracisait en les reléguant dans les sables mouvants du tiers monde.
27 ans plus tard, certains pays ne peuvent plus être désignés par cette appellation : Singapour, Taiwan et la Corée du Sud. Comment ces pays ont su attirer les investisseurs et construire des champions nationaux et pas leurs pays voisins ? L’histoire appelle à la prudence. L’Argentine était un des pays les plus riches au début du 20ème siècle, puis, après des décennies de déclin péroniste, elle était redevenue la star des années 90 jusqu’à la crise financière de 2001. De la même manière, le Liban était appelé la Suisse du Moyen Orient avant de s’enfoncer dans la guerre civile.
Peut-être que la meilleure manière de définir un pays élevé au rang de pays dit développé et donc sorti des sigles BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) ou N11 (Next Eleven pour le Bangladesh, l’Egypte, l’Indonésie, la Corée, le Mexique, le Nigéria, le Pakistan, les Philippines, la Turquie et le Vietnam) est le comportement des investisseurs à l’arrivée dans un de ces pays. L’exemple plus qu’anecdotique raconte que l’homme d’affaire aura totalement confiance dans la mise en place d’un contrat à Singapour mais qu’on ne peut dire encore que ce soit le cas en Inde ou en Chine.
Dans un livre récent, «les parrains asiatiques », Joe Studwell nous livre des éléments de réponse à la question que l’on peut légitimement se poser à la vue de la dernière étude du BCG sur les 100 compagnies les plus prometteuses venues des marchés émergents. Pourquoi seulement 5 d’entre elles seulement trouvaient leurs origines en Asie du Sud Est alors que 20 indiennes, 13 brésiliennes et 42 chinoises font partie des ces nouveaux challengers globaux ?
Pour être comptabilisée comme étant de référence mondiale, une entreprise ne doit pas seulement être bien dirigée et assez large, elle doit profiter d’une marque de valeur, de sa propre technologie de pointe et de méthodes de business innovatrices et reconnue comme tel. Studwell décrit les leaders dans ces régions comme des entreprises tentaculaires mais dépassée, de grands conglomérats sans cohérence dirigées par des managers patriarcaux et dont la seule compétence est de vivre sur les rentes d’un copinage avec les gouvernements locaux. Elles sont capables de faire de bons deals, mais pas de conduire un plan stratégique et lorsqu’elles ont besoin d’une technologie, elles l’achètent à l’étranger.
De plus, la région a ses propres handicaps, les 10 membres de l’ASEAN essayant de construire une zone économique à l’européenne n’ont que trop de mal à former des espaces d’expressions cohérents pour les entreprises. Encore aujourd’hui, il se fait plus de commerce avec l’extérieur de cette zone d’échange, en théorie libre, qu’à l’intérieur de celle-ci.

Comment alors comprendre les miracles singapouriens, coréens et taiwanais ? Comment surpasser les problèmes de corruption, les différences culturelles même à l’intérieur de pays fragmente type Indonésie pour profiter de l’étonnante richesse de cette région ? Profiter de l’incroyable culture d’hospitalité et d’un tourisme de proximité, surtout lorsque les voisins s’enrichissent sont quelques unes des opportunités de cette région, afin de construire une nouvelle Méditerranée ou de nouvelles Caraïbes de l’Asie.
20:40 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie globale, stratégie
05.03.2008
Soigner le dragon chinois
Parmi les grands défis que la Chine de demain devra relever, il en est un particulièrement sensible et complexe, celui du système de santé et de protection sociale. Ce n’est pas seulement la santé et le bien-être de 1,3 milliards de personnes qui est en jeu car l’impact de ce dossier aura des répercutions bien au-delà des frontières chinoises. Déjà, l’épisode du Sars et le combat contre le Sida sont d’une portée autre que le simple sujet national.
En 2003, la crise du Sars a causé d’importantes pertes sèches : plus de 300 milliards de yuans ponctionnés à l’économie chinoise et indirectement aux entreprises étrangères qui ont vu leurs supply chain fortement perturbées. C’est aussi le moment où le gouvernement central a pu peser de tout son poids pour mettre en place de façon relativement rapide pour un territoire aussi vaste des systèmes de contrôle drastiques, plus d’hôpitaux traitant les maladies infectieuses, plus de campagnes de sensibilisation à destination du grand public. Bien sûr, les étrangers ont participé à ces efforts d’investissement dans les services de santé chinois puisque les importations d’équipements médicaux atteignent des sommets à plus de 2 milliards d’euros par an.
De façon assez admirable et curieuse, le ministère de la santé a très rapidement avoué les faiblesses d’un système largement corrompu, au service très peu fiable avec des coûts très élevés pour très peu de qualité à proposer au contribuable chinois. La stratégie adoptée comme dans beaucoup de secteurs est celle de l’investissement massif, venu de l’étranger essentiellement. Comment soutenir des initiatives privées à l’intérieur d’un système qui se revendique socialo-communiste ? L’équilibre est difficile à trouver entre les responsabilités étatiques et les mécanismes de marché. Ainsi, l’hôpital de Suzhou a délégué de manière complète le management de son hôpital tout en conservant la propriété publique. Dans la seule région du ZheJiang, c’est déjà 60 millions de dollars qui ont été attirés par une région riche et manquant cruellement de cliniques privées. C’est alors que le mécanisme de marché fonctionne complètement, peu importe la couleur du chat comme disait le camarade Deng, pourvu que les hôpitaux voyant cette concurrence arriver, ont dû monter en qualité de service et en efficacité pour attirer les chinois qui recherchent des soins à standards internationaux.
13 000 hôpitaux recouvrent le territoire chinois dont seulement 8% sont privés, traitant 3% des patients chinois.
Lorsque l’on pense que de nouvelles maladies, des maladies de pays riches, s’invitent dans ce pays émergent, comme le diabète, le cancer du sein ou les maladies cardiovasculaires, on comprend mieux pourquoi le marché pharmaceutique est en train d’exploser de 15 à plus de 40 milliards de dollars entre 2006 et 2012.
Autres chiffres significatifs, qui donnent à entrevoir l’immensité du problème : seulement 12 médicaments atteignent des chiffres d’affaire de plus de 50 millions de dollars en 2007 et plus de 80% des traitements n’atteignent pas les 10 millions de dollars de revenus. Marché incroyablement fragmenté, qui n’exploite pas les effets d’échelles du pays.
23:25 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, santé, protection sociale, assurance maladie

