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14.07.2008
Investir dans la majorité
Les innovations dans les technologies de l’information et des communications ne sont pas seulement destinées aux early-adopters, férus de haute technologie, adeptes de la dernière trouvaille géniale de Steve Jobs et recherchant la dernière façon de personnaliser son portable.
La technologie peut aussi améliorer la vie de dizaines de millions de personnes qui sont bien loin des considérations des dix millions de personnes qui achèteront le nouvel iphone 3G d’ici la fin de l’année.
Car l’usage du mobile peut rendre les activités de la microfinance plus rapides, impliquant moins d’acteurs avec moins d’étapes et donc à moindre frais. Ainsi les banques rurales peuvent consacrer plus de temps à développer de nouveaux produits et services, explorant la base client et lançant de nouvelles propositions de valeur.
C’est en 2004 qu’un opérateur téléphonique aux Philippines lança son service G-cash permettant à travers une technologie basée sur le SMS de proposer des services financiers basiques au plus grand nombre, dans des régions où le réseau d’agences bancaires ou de distributeurs de billet fait cruellement défaut. Un envoi de SMS avec le numéro du destinataire, un code et le montant d’argent à transférer, et la transaction est faite. Soit en passant par de l’e-money, sorte de monnaie virtuelle que peut manager un opérateur téléphonique, soit en transférant de l’argent réel lorsque les banques sont dans la boucle.
La monnaie électronique, selon la définition du Comité de Bâle, est « une valeur stockée ou un produit prépayé pour lesquels un enregistrement de la valeur ou des fonds accessibles au client à des fins diverses est conservé sur un appareil électronique en possession du client »
De la même manière, en Afrique du Sud, au Kenya, au Brésil et en Inde, de tels services sont disponibles et proposent transferts d’argents, crédit à la consommation, relevés de compte, achats, paiements de factures, prêts de petits montants, etc. Bref le minimum du service bancaire.
Avec 750 millions de personnes vivants encore à la campagne et 530 distributeurs de cash par millions de personnes à comparer à plus de 10 000 pour les Etats-Unis, la Chine est sans aucun doute un marché idéal pour cette nouvelle forme de service financier. Alors que l’installation de nouveaux ATM coûte cher et prend du temps, cette solution de passage par le tuyau China Telecom (le leader incontestable de la télécommunication en Chine) semble être judicieuse.
La Corée et le Japon ont déjà développé des solutions pour le paiement par mobile avec une puce élaborée et la technologie NFC de transmission de données sans contact, on peut d’ores et déjà utiliser son portable comme une carte de crédit, un pass pour les transports, un billet d’avion ou une place de théâtre tout en se servant d’une boisson au distributeur du coin ou s’acheter son snack préféré au 7-11.
Mais mettre en place le réseau de terminaux de paiement électronique est là encore trop onéreux donc la technologie basée sur le SMS est la plus facile et évite d’éduquer encore une fois le consommateur à une nouvelle technologie disruptive. Une façon aussi de fidéliser sa clientèle pour une banque, de diversifier ses activités pour un opérateur de télécommunication ou d’accroître sa base client.
En faisant travailler ensemble opérateurs téléphoniques, régulateurs, banquiers et marchands, la Chine peut accroître la part des transferts d’argent des populations rurales et faire que l’ouvrier venus de l’ouest chinois et travaillant sur les chantiers de Pékin puissent transférer en toute quiétude la moitié de son salaire à sa famille à Lanzhou.
Dans le monde, 3 milliards d’être humains possèdent un mobile. Seulement 1 milliard possèdent un compte bancaire.
18:40 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : microfinance, services financiers, mobile payment, mobile banking

