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16.08.2008

Et la nuit éclaira Pékin.

Il a fait chaud, gris et humide en ce 8 Aout à Pékin. Un temps habituel pour une région sous cette latitude, c’est lorsque la nuit enveloppa de 8 coups la ville impériale que le temps a suspendu son vol et que les esprits ont pris de l’altitude.

C’était un soir fait de rouge et de jaune mystique. A la cérémonie d’ouverture hypnotique par ses effets de nombre s’est succédé une immense clameur venue des cœurs pékinois.

L’accueil fut autant chaleureux que modeste mais le désir d’ouverture de ces jeux n’était plus du pathos mais bien de l’himéros, du désir plus brulant, rouge impérial.

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有朋自远方来,不亦乐乎
Confucius l’avait écrit. Zhang YiMou l’a mis en scène. 10 000 danseurs ont fait vivre cette allocution du maître. Qu'il est agréable de recevoir des amis venus de si loin.

On remarque qu’aucune référence à la chine communiste n’est faite, comme si une page se tournait sans rupture. Cyclique.

6 jours, c’est le nombre de jours de vacances qu’a pris cette athlète chinoise depuis les derniers jeux d’Athènes. 4 ans pour se préparer pour le jour élu. Le koan bouddhique dit : « le maître tient la tête du disciple sous l’eau, longtemps, longtemps ; peu à peu les bulles se raréfient ; au dernier moment, le maître sort le disciple, le ranime : quant tu auras désiré la vérité comme tu as désiré l’air, alors tu sauras ce qu’elle est. »
L’attente a tenu la tête sous l’eau de l’athlète pendant 4 ans ; peu à peu, il étouffe, son air se raréfie : c’est par cette asphyxie que se constitue le désir de victoire.

Etre à Pékin pour sentir que l’on peut être le témoin à la fois oculaire et réceptacle des émotions d’un peuple, d’un moment qui restera historique. Pour apprendre l’hymne chinois, tube de l’été.

Etre à Pékin pour faire la fête et trinquer avec les peuples, profiter de l’arabesque des danseuses perchées car la fête, c’est ce qui s’attend. Ce que l’on attend de la présence promise, c’est la sommation inouïe de plaisirs, un festin ; le Pékin qui jubile comme un enfant qui rit de voir que le monde le regarde et signifie une plénitude de satisfactions.

Etre à Pékin pour être aux premières loges de formidables mouvements sportifs, succession de tableaux où se mêlent tragédie et héroïsme. Très peu de spectacles peuvent vous offrir suspense, acteurs portés aux nues et émulations des nations à la recherche de la perfection dans un temps aussi court.

C’est là, dans l’image, furtive, d’une escrimeuse qui ne rapporte pas l’or à son pays que se réfugie la beauté. L’immédiat vaut pour le plein et le spectateur devient initié : le tableau a consacré l’objet.

Cette nuit là, Pékin tient dans ses bras la joie, qui n’a nul besoin d’héritiers ou d’enfants. La joie se veut elle-même, elle veut l’éternité, la répétition des mêmes choses, elle veut que tout demeure éternellement pareil.

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