31.08.2008

7 ans de nouveau capitalisme

En 2001, la Chine accédait à l’Organisation Mondiale du Commerce, les Etats Unis subissait les attentats du 11 Septembre et le monde apprenait que les jeux olympiques allaient se tenir à Pékin. Depuis 7 ans le centre de gravité du monde s'est déplacé et beaucoup de parents anxieux réalisent que leurs enfants doivent ou devront commencer à apprendre le mandarin.

La réussite de ces jeux olympiques est le résultat de deux facteurs : économique et politique. La réussite de la mise en place, de la construction des infrastructures et de la coordination des investissements de l’ordre de 43 milliards de dollars, résultat du plus important transfert de richesse de l’histoire moderne économique mais aussi la réussite du leadership de Pékin de mettre au diapason tout un peuple derrière une cause commune.

Un leadership top down qui a su faire de l’autodiscipline sa marque de fabrique, qui proclame un message durable et essaime par le plus de canaux possibles sa vision du futur pour son pays, un leader qui sait inspirer confiance à ses compatriotes.

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Toutefois, la réussite chinoise ne sera pas seulement drivée par la toute puissance du gouvernement central de Pékin, mais aussi par la deuxième forme du capitalisme chinois : le pouvoir des gouvernements régionaux, du Jiangsu au Zhejiang en passant par Chongqing qui font que des modèles initiateurs de démocraties bourgeonnent ici et là, en bottom-up, et que la Chine centralisée a fait place beaucoup plus à l’initiative locale. C’est aussi par ce mouvement venu des bases de la société chinoise que pourra se construire une économie plus tournée vers les nouvelles créations de valeurs vertes et durables, avec l’éveil des consciences du chinois de la rue à ces thématiques.

Reste bien sûr le cas épineux du Tibet, 27% du territoire auquel il faut rajouter les ouighours du Xinjiang, sur lequel la Chine devra lâcher du lest pour gagner en respectabilité internationale. L’optimisme volontariste doit être de mise car la Chine veut jouer un rôle géopolitique fort dans la sphère diplomatique comme en témoigne le rôle de Pékin sur le dossier nord coréen.

2008 aura donc été la culmination de ces 7 ans de dur labeur, de bon usage du montant des investissements, de mobilisation nationale, qui fait contraste avec le projet américain de ces 7 dernières années. Les chinois préparent le 21ème siècle, le siècle du Pacifique alors que les américains essayent de se protéger contre Al Qaeda ou des ennemis qu’ils se créent.

Cette pensée ne peut pas être seulement nourrie par la seule photo instantanée de ces deux semaines, mais par les trajectoires inverses que prennent les deux puissances, symbolisées par les nouvelles infrastructures pékinoises ou shanghaiennes qui contrastent avec les plus grands investissements américains ces dernières années : de nouveaux drones, de nouveaux outils de guerre, la guerre des étoiles pour de si modestes résultats en Afghanistan et en Iraq.

La différence est que les Etats Unis ont été attaqués en 2001, la Chine non. La différence réside aussi dans le fait que les chinois ne basent pas leur réussite économique dans la découverte d’une source d’énergie peu onéreuse comme le pétrole américain du début du 20ème siècle ou le gaz russe du début du 21ème . Le chinois ne creuse pas de puits, il creuse en lui-même.

Devra t-on aller en Chine pour voir ce à quoi ressemble le futur ? Le jour où le PNB par habitant aura atteint quelques 15 000-18 000$ par habitant, où 80% des exportations des industries high tech ne sera plus effectuées par des entreprises étrangères installées en Chine, et où les dirigeants auront compris le concept bouddhiste de Bonheur National Brut.

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