27.04.2007

Le snobisme en Chine

medium_Beijing_107.jpgLorsque j’étais à Chengdu en 2005, les snobs étaient les étrangers qui vivaient à Shanghai et qui trouvaient ça si fun. Après m’être installé à Beijing, les snobs sont devenus pour moi les étrangers qui vont à Sanlitun dans la rue des bars de Pékin, qui n’apprenaient pas le chinois et qui dépensaient tout leur argent dans des restaurants pour expatriés. Mais j’ai réalisé maintenant à quel point moi aussi j’étais snob envers eux, après tout, ils n’étaient pas tous si méprisables et il faut respecter les autres pour se sentir respectable. Il y a tellement de façon de snober les gens. Qui snobe qui, lorsque moi qui vient d’Avignon débarque à Paris et l’on se passionne avec mes amis sur le débat Paris-Province ? De la même façon, il existe un snobisme en Chine entre les grandes villes (Pékin, Shanghai, Canton) et les provinces du centre. Parmi les grandes métropoles, la compétition Beijing-Shanghai fait rage avec un avantage il faut le dire à Pékin pour le côté culturel traditionnel et à Shanghai pour le côté business. Que dire des taiwanais ou des honk kongais qui sont à la limite du racisme lorsqu’ils parlent des chinois de l’intérieur ? Parmi les étrangers en Chine, il existe aussi plusieurs formes de snobisme : Le snobisme “je vis la vraie Chine”: leur expérience de la Chine est la vraie, la pure. Celle qui se vit à l’intérieur de la Chine, dans un quelconque coin reculé du Yunnan. Ce type de snobisme se dirige essentiellement vers les expatriés de Shanghai, qui, il est vrai, vivent comme en occident. Le snobisme “étudiant en chinois”: intello, ils sont parfois en double diplôme Centrale-Qinghua et s'ils ne montrent pas ouvertement leur mépris, ils aiment tout de même dire qu’ils ne sortent pas avec les étrangers de l'est de Beijing. Le snobisme “je parle chinois” : ils parlent au moins un chinois basique mais au contraire des “étudiants en chinois”, ils sortent avec les étrangers, essentiellement parce qu’ils essayent de les impressionner par leur niveau en chinois. Ils adorent que l’on est besoin d’eux grâce à leurs compétences linguistiques. Le snobisme “je suis trop un 老百姓 (Laobaixing pour chinois de la rue)” : ils débarquent en Chine et s’installent directement dans les quasi bidonvilles pour vivre avec leurs frères chinois. Ils mangent des repas à 50cm-1euro, vont chez le coiffeur pour 50cm d’euro pour avoir eux aussi la coupe chinoise. Ils n’affichent pas un mépris profond pour ceux qui ont besoin d’un certain standard mais ils ne reconnaissent pas le côté absurde de leur style de vie. Ils vivent le plus souvent en ville mais on peut les retrouver parmi la population des “je vis la vraie Chine”.