13.01.2008
Le retour du Kuomintang
L’information la plus importante de la semaine pour l’environnement politico-économique en Asie n’était pas l’affaire du collier de Marie Antoinette, ou l’affaire de la bague de Carla mais bien le retour aux affaires du Kuomintang à Taiwan, face au parti du gouvernement au pouvoir de Chen SuiBian: le DPP.
Pourtant ce président, pris lui aussi dans les affaires, a tout fait pour faire de son élection un référendum pour l’indépendance de plus en plus marquée de son île de 23 millions d’habitants. Le futur nouveau président (élection en Mars), Ma YingJeou promet plus de liens avec la mère patrie, notamment dans les affaires. Monsieur Chen avait bloqué les investissements chinois dans les entreprises taïwanaises, freiné la fuite des capitaux de Taipeh vers Pékin ou Shanghai, mais les choses vont sensiblement changer désormais et la colonie des taïwanais de Shanghai n’a pas fini d’écumer les bars à la mode.
Les éditorialistes taïwanais nuancent la victoire du KMT du fait des jeux d’alliances et de la façon de décompter les sièges, qui ne correspondent pas exactement à la tendance absolue des votes. Au-delà de ce constat, ces mêmes intellectuels sont particulièrement effrayés par la perspective d’un Taiwan complètement à la botte de Pékin, sous le management du Kuomintang. Certaines voix s’élèvent pour prévenir de toute tentative du nouveau gouvernement d’utiliser la loi Anti Sécession chinoise afin de rendre hors la loi toute référence à une indépendance. On craint même que le DPP, parti de Chen, soit interdit de cité, avec un Taiwan redevenant un pays à parti unique, sorte d’île structurée autour d’une seule grande ville, où l’industrie sera délocalisée à quelques centaines de kilomètres, une sorte d’Honolulu de la Chine, une île à touristes, une grande Hainan.
Le problème est que le KMT n’a pas gagné mais que le DPP a considérablement perdu de sa crédibilité et donc le temps était venu pour le Kuomintang de reprendre les rênes du pouvoir. Bien sûr, le KMT est toujours attaché à son concept d’Une Chine, mais la différence avec le KMT de Chiang Kai-shek est que la Chine unique est maintenant sous le joug de Pékin, pas sous la protection de Taipeh.
11:45 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : KMT, DPP, ChenSuibian, indépendance, Taiwan, Pékin, Taipeh
03.01.2008
Nous sommes tous Pékinois
Les immeubles seront beaux et apprêtés, les stades aux centaines de millions de dollars seront neufs et colossaux, CCTV5 (chaîne sportive chinoise) est déjà devenu CCTV JO, les rues seront olympisées dans 8 mois. 8 mois pour refaire une beauté à une ville vers laquelle tous les regards vont converger. 8 mois pour soigner sa face, ses façades, sa façon d’être.
Sans aucun doute les chinois ne seront pas en retard sur les constructions et les infrastructures mais les esprits chinois seront-ils prêts à recevoir les critiques venues du monde entier ? Les personnes qui visiteront la capitale seront prévenues de la sensibilité chinoise sur les questions du Tibet, de Taiwan, du Darfour, des droits de l’homme, seront-ils pour autant assez compréhensif sur le concept de communisme capitaliste autoritaire ? Ajouté à la désinformation commune des deux côtés, aux problèmes de langues, les incompréhensions seront pour le moins sportives dans les discussions d’après match.
Beaucoup de chinois d’outre mer mais aussi d’oubliés de la croissance vont vouloir profiter de cette vitrine pour exprimer leur rancœur envers le régime pékinois, et lorsqu’on sait qu’on peut finir au poste pour une blague déguisée sur WangFuJing (principale rue commerçante à Pékin), on peut craindre qu’un débordement tourne mal pour l’image de ces jeux.
Un autre aspect du problème pékinois, et ce qui fait que ce titre devient symbolique d’une des plus grandes préoccupations des pays en développement est celui de la réconciliation de l’écologie et du développement économique.
Pékin a soif.
Certains osent même parler de relocaliser l’emplacement de la capitale. Pékin symbolise le centre du pouvoir de la Chine depuis 1421 malgré quelques épisodes historiques où la capitale a été momentanément déplacée, à Nankin notamment.
Déjà Pékin pompe les réserves en eau de toutes les provinces environnantes, le prix devient très difficile à supporter pour la communauté urbaine, forte de près de 20 millions d’habitants. Un projet de détournement de toute la rivière Han est à l’étude après avoir commencé à épuiser la rivière Hai. Le président Hu, ingénieur en hydraulique de Tsinghua, ne pourra pas le contredire, c’est une folie de miser sur le développement économique, industriel et démographique de la ville, déjà étouffée par le trafic urbain, la ceinture industrielle, la folie immobilière.
C’est la version chinoise du Financial Times qui l’avance, relocaliser la capitale dans un endroit favorable au développement économique, au développement de l’immobilier sans pression démographique trop importante dans une ville moyenne de 3 à 4 millions d’habitants ferait souffler Pékin et la planète par la même occasion.
Ce n’est plus l’invasion des Mongols qui est à craindre à Pékin.
20:25 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Pékin, management de l'eau, choc des cultures, développement durable
14.09.2007
Quelques adresses pékinoises
Voici quelques adresses pour éviter le triptyque maison de thé, canard laqué, théâtre traditionnel chinois à Pékin :
Pour sa terrasse, ses cocktails, sa carte de membre et ses membres : Suzy Wong.
Le meilleur Mexicain d’après moi : Mexican Wave
Pour ses massages, son calme et son luxe voluptueux : Oriental Taipan.
Pour ses danseuses du ventre : le 1001 nuits. Il existe le même à Shanghai et à Canton, cuisines du Maghreb, libanaise.
Pour bouger un peu et pratiquer son déhanché, constater que le tout Beijing se met à la salsa : Salsa Caribe.
Pour voir les matchs perdus de l’équipe de France : Le Pavillon. Ses écrans TV, son jardin ombragé, son melting-polt de supporters.
Pour se faire un costume : DaXin Fabric Store (au carrefour de ChaoyangMen Street et Dongsi(东四) North Street). Beaucoup mieux que les endroits traditionnellement fréquentés par les étrangers de passage désireux de se faire un costume sur-mesure à moindre prix.
Pour manger la cuisine de Shanghai : Lulu restaurant. Un nouveau vient d’ouvrir du côté de Xin Zhongguancun.
Pour un brunch : le South German Bakery. L’imposant brunch qui revigore son homme.
Sud-Coréen : Saveurs de Corée à NanLuoGuxiang (南雒故香).
Nord-Coréen : bar rouge du côté de Wangjing. Pour entrer, être accompagné d’un coréen.
Espagnol : Ashanti. Super tapas. A l'opposé de la porte nord du stade des travailleurs.
Tibétain : menus diététiques car végétarien. Expérience à ne pas manquer. Restaurant à l'intérieur de l'Holiday Inn (Lido Fandian).
Pour le Foie gras floating on champagne rose petals. : The Green T House.
Pour écouter un peu de jaaz en buvant un verre : le Centro au Kerry Center.
Vietnamien : le Nuage à Houhai.
Sinon, tous les autres restaurants chinois...
Pékin a été élu ville la plus belle de Chine ici et je suis d'accord !
09:35 Publié dans Vie Culturelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Adresses, sorties, Pékin

