09.01.2008
Brider votre ADN corporate
Depuis que les grandes entreprises sont dans la course aux compétences qui vont faire d’elles des grands leadeurs globaux, elles ont cessé de se voir comme des entités destinées à fournir des gammes de produits à délivrer aux populations. C’est ainsi qu’elles essayent, pour les meilleures d’entres elles à incorporer dans leur ADN, des compétences internationales, nécessaires à l’internationalisation. Parler en langage génétique n’est pas anodin car la ville la plus globalisée est sans doute Singapour et là bas on croit aux vertus de l’eugénisme mais c’est un autre débat. Parmi les firmes globalisées, certaines parlent chinois, certaines parlent culture chinoise couramment, certaines voudraient comprendre le chinois, certaines restent sourdes à la bourrasque des 10% de croissance à 10 000 km de Paris. Honda maîtrise la compétence core, la compétence clé de la motorisation et c’est ce qui lui donne un avantage compétitif dans de nombreux business : moto, voiture mais aussi matériel d’entretien du jardin et générateurs de puissance. L’entreprise qui intègrera la compétence core CCF : China Culture Fluent aura le moteur de l’avantage compétitif sur ce marché. C’est indispensable. Selon le très bon livre China CEO, de la CEIBS (China Europe International Business School), ces compétences sont au nombre de cinq : L’humilité, la force, la patience, la rapidité, la faculté à construire un réseau.

10:50 Publié dans Vie Culturelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, compétences core, ressources humaines
30.11.2007
Pas seulement pour quelques poignées de Yuans
Que faire si vous recherchez un leader, un manager qui pourra conduire avec aisance et fermeté vos opérations en Chine ? Suivez l’exemple de la NBA qui a débauché tout récemment le China CEO de Microsoft pour diriger le business de la ligue de basket nord américaine en Chine : la CBA pour China Basket Association.
Hewitt l’affirme, il n’y a pas que l’argent qui pousse les employés et managers chinois à changer d’entreprise. Lorsque Google, Alibaba et Microsoft sont en guerre économique sur le marché chinois, c’est la guerre des talents qui est sous jacente. Un salaire compétitif n’est plus le seul levier d’attractivité des postes ou le seul moyen pour faire baisser cette fameuse statistique de turnover dans les entreprises basées en Chine.
Cette bataille des cerveaux n’a pas seulement pour théatre d’opération le domaine de l’IT, mais aussi les industries plus classiques comme les banques et services financiers. 1 employé sur 4 a une chance de ne pas vous souhaiter une bonne nouvelle année chinoise dans ces secteurs.
Selon le Hay group, les salaires ont pourtant augmenté d’en moyenne 8% pour les employés et de près de 9% pour les managers. A comparer avec la moyenne française en dessous de 1% ou américaine avec 1,4% d’augmentation.
La solution est peut-être dans les mémoires flash puisque c’est la société Spansion China, fabricant de ces produits électroniques qui a été désignée comme étant le meilleur employeur en Asie pour l’année 2007. La firme de Suzhou dans le Jiangsu a 1200 employés et présente un turnover de 12,3% contre 24% dans le secteur de l’électronique.
Cette PME modèle est donc arrivée à construire une culture d’entreprise qui, on le sait, est descendante des Danwei, structure protectrice et proche d’une structure familiale. Pour retenir, ils forment et encouragent les employés à déconstruire des barrières trop rigides sur ce modèle top-down de management trop souvent l’apanage des filiales chinoises. Enfin, le manager de Spansion est très fièr d’annoncer que cette politique ne se retrouve pas seulement sur le papier ou dans le discours annuel du PDG mais a de vrais repercussions sur la vie quotidienne des employés. L’implémentation est un vrai défi en gestion de ressources humaines sinisante.
Les DRH doivent donc revoir leur copie sur les compétences clés de la compagnie pour comprendre de façon très détaillée quelle est la véritable structure organisationnelle de l’entreprise et assigner des participations à l’intéressement selon la performance des employés tout en essayent de conserver la face des collègues qui n’auront pas eu ce privilège de la reconnaissance. Tout le staff devra aussi profiter d'un plan de formation très ambitieux avec pourquoi pas pour les multinationales des opportunités à l'international, expériences très valorisantes pour les managers chinois. Ne pas perdre de vue aussi qu'on ne travaille pas pour Siemens ou General Electric en Chine, mais que l'on travaille pour un manager de Siemens ou de GE. Le guanxi hierarchique doit absolument être développé.
Tim Chen, l’ancien stratége de Microsoft a sans doute eu plus qu’une augmentation de salaire en passant dans le sport business. Surtout lorsqu’on constate le niveau des basketteurs locaux. Un beau challenge à relever tout de même pour construire une seconde NBA.
12:55 Publié dans Vie de l'Entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ressources humaines, chine, hewitt, hay group, spansion
08.10.2007
Que veut l’employé chinois?
Le magazine « Chine plus » en fait sa Une, la Chine manquerait de bras notamment dans la région du Delta de la rivière des Perles. Serait-on arrivé au tournant de Lewis, du nom de l’économiste américain pour qui le moment où l’offre de main d’œuvre rencontre une limite supérieure, le rapport de force entre travail et capital évolue au profit du travail, dont la part dans le partage des profits va croissant ? La solution est donc soit d’augmenter les salaires pour débaucher les ouvriers de l’usine d’en face, ou bien de confier à un ouvrier capable et honnête une partie de la production et de la sous-traiter dans sa région d’origine. Souvent dans le Centre et l’Ouest.
Qu’attend l’ouvrier chinois ? Quelles sont ses aspirations ? Est-ce que sa productivité est en phase avec les ambitions qu’il nourrit ? Voilà des questions dont les réponses sont souvent nourries de préjugés.
Tout d’abord, les ouvriers chinois ne sont pas aussi consciencieux dans le cadre de leur travail que l’idée que l’on s’en fait généralement. Oui, la main d’œuvre en Chine est abondante, non elle n’est pas homogène dans son désir de réussite et dans son ambition. L’explication est simple, 88% des ouvriers ne sont pas satisfait de leur travail. On le serait à moins, étant donné le peu de reconnaissance ou de primes dont ils bénéficient. C’est ainsi que 68% des employés ne se sentent pas concernés, c'est-à-dire qu’ils ne considèrent pas leur travail comme une passion ou ne voient même pas un lien entre leur activité professionnelle et leur développement personnel.
En conséquence de quoi, c’est l’absentéisme, les accidents de travail, et la performance globale qui en pâtissent. Des chiffres qui sont généralement cachés par les infusions de cash que l’on peut faire en transférant des activités de production. L’idée derrière est bien entendu que même si les entreprises installées en Chine génèrent en majorité du profit, elles pourraient avoir beaucoup plus de retour sur investissement si la performance productive était plus optimisée. A titre de comparaison, aux Etats-Unis, les ouvriers qui ne se sentent pas concernés par leur travail s’élèvent à 29%.
C’est une véritable révolution dans les ressources humaines qui interviendra dans les années ou décennies à venir.
Un autre préjugé est celui du chiffre de 1,3 milliard de consommateurs. On l’a dit et redit notamment sur ce blog : à part si vous vendez du riz, en Chine nous ne sommes pas sur un marché de 1,3 milliard de consommateurs. Il y a des marchés, différents, presque aussi différents que les marchés nationaux en Europe et qui nécessitent une politique marketing adaptée à chaque cas. Un autre chiffre, 5%, c’est le taux de satisfaction des employés chinois par rapport à leur salaire. Il serait temps peut-être temps d’augmenter les salaires pour soutenir la demande intérieure.
Enfin, dernière égratignure à l'icône de l'employé en Chine, celle de l'ouvrier transpirant, malléable et obéissant : l’ouvrier chinois veut désormais beaucoup moins en proportion travailler plus pour gagner plus. On s’en rend vite compte lorsque l’on est en Chine, les ouvriers sont loin du collectivisme, de la pensée « je rends un service à la société en apportant ma force travail ». Seulement 2% des chinois pensent de cette façon.
Ils ne sont pas non plus tous capitalistes chevronnés puisqu’en 10 ans, la part des chinois qui voulaient travailler dur pour gagner de l’argent est passée de 68 à 53%. La tendance est plus à la recherche de l’épanouissement et au goût de la vie plus qu’au goût du prochain repas.
Cette tendance est beaucoup plus marquée chez les jeunes et les personnes les plus riches, qui pensent enfin plus à leur plaisir personnel qu’au travail seulement. Toutefois, on se rend compte que l'on reste sur des taux (53% des chinois qui sont encore prêts à travailler plus) très élevés par rapport aux moyennes de pays développés.
11:00 Publié dans Vie de l'Entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marché, ressources humaines, main d'oeuvre, ouvrier chinois, aspirations
06.07.2007
Les 6 règles d’or pour conserver les employés chinois
En entrant sur le marché chinois, on se sent protégé du côté des ressources humaines étant donné l’innombrable population que comporte l’empire du milieu mais c’est plutôt le contraire sur le terrain et comme il a été écrit précédemment, le service RH en Chine constitue un élément clé, priorité des entreprises leadeurs qui veulent construire sur le long terme des opérations à succès avec des taux de turnover pouvant aller jusqu’à 20% dans des villes comme Beijing ou Shenzhen.
L’argent n’est pas la seule raison du départ d’un collaborateur, selon le blog de Meijob (meijob.com), c’est une raison toutefois suffisante lorsque l’employé n’est pas satisfait de l’évolution de son plan de carrière, de son management, etc. Voici les principales raisons selon Barak Paz-Tal :
Un plan de carrière insuffisamment valorisateur.
De mauvaises relations avec son supérieur.
Un salaire trop bas.
Pas d’équilibre entre travail et vie privée.
Manque de formations.
Manque d’éthique et d’intégrité.
Mauvaise réputation de la compagnie.
Selon l’expérience de cette entreprise RH, il existe toutefois six règles d’or à respecter pour obtenir des employés plus loyaux :
1- Investir du temps et de l’énergie dans le recrutement et l’identification des profils.
C’est trop souvent en investissant trop peu dans le choix de la personne idoine que des erreurs sont commises et sur le long terme, le prix à payer est plus élevé que l’économie qui a été faite en ne communicant que trop peu et n’utilisant pas le service de professionnels.
2- Construire un plan de carrière clair.
C’est sans doute la chose la plus importante pour un employé local, s’il se sent bloqué, il commencera à regarder ailleurs et le salaire deviendra alors problématique. C’est pourquoi il faudra favoriser les promotions internes au recrutement externe. La formation de l’employé est alors importante pour le garder motivé.
3- Un engagement à double sens.
Les meilleurs managers sont ceux qui tiennent parole, car ils y gagnent le respect.
4- Faire de fréquents feedbacks.
Il n’y a rien de plus facile que de glisser un mot motivant à l’employé à l’occasion. C’est à la fois loyauté et motivation qui s’en trouveront renforcées.
5- Construire une forte culture d’entreprise.
Les valeurs sont des facteurs importants dans la construction d’une culture d’entreprise, elles peuvent unifier les équipes et inspirer les actions au quotidien.
6- Des petites choses comptent aussi.
Il est important et relativement aisé de créer une atmosphère positive au travail. Des endroits où peuvent socialiser les personnes, quelques événements qui vont permettre de souder les équipes, et plus généralement créer une ambiance propice aux échanges. Notamment entre services et sur un mode inter hiérarchique.
08:35 Publié dans Vie de l'Entreprise | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Chine, ressources humaines
22.06.2007
De la guerre de Troie à la guerre économique, la place du mentor
Dans l’Odyssée d’Homère, Ulysse éprouve toutes les peines du monde à retrouver la route du retour vers son royaume d’Ithaque une fois la guerre de Troie terminée. Il passe tant bien que mal nombre de péripéties aidé en cela par le réconfort de savoir qu’il a laissé derrière lui son compagnon Mentor, gardien et précepteur de son fils Télémaque durant son absence.
Les employés modernes, tout comme Télémaque, ont besoin de mentors surtout ces temps ci en Chine où tout change très rapidement. J’ai pu ainsi bénéficier des conseils et de l’expérience de ma hiérarchie, de mon management et surtout au quotidien de ce bon vieux monsieur G., m’expliquant l’histoire de la Joint Venture, pourquoi ne pas installer son siège à Shanghai mais à Beijing selon lui, comment le prix de l’immobilier peut être négocier auprès des autorités locales bienveillantes…
Aujourd’hui, quels seront mes collègues de Centrale qui pourront travailler pour la même entreprise pendant 30 ou 40 ans et ensuite partir à la retraite avec une montre dorée et la maison dans le Lubéron ? Ce modèle est terminé et la nouvelle génération, la génération Y comme la nomme les sociologues occupera différents postes, se lancera dans des carrières multiples pour différentes entreprises. Il est donc normal de constater que la loyauté réciproque employés-entreprises s’est atténuée au fil des années.
Pourtant, le mentoring n’a jamais été aussi important chez les jeunes qui désirent apprendre les ficelles du métier. Quelle satisfaction en effet de rencontrer le haut du haut du management et d’échanger quelques mots, de deviner dans des regards à la fois que l’on est constamment jaugé sur notre potentiel mais aussi de la sagesse et de l’expérience.
La culture d’entreprise, voilà une notion dont je ne soupçonnais pas la portée et l’importance en étant étudiant, et le mentor peut vous aider à mieux comprendre cette culture et la politique de l’entreprise. Au risque de ne pas se reconnaître dans certains de ses aspects. Avec en plus, cette difficulté en étant à l’étranger et de surcroit en Chine de comprendre ce qu’il en est de la confrontation entre culture locale et culture d’entreprise. Les employés chinois sont ils d’abord des employés de L.&Co et ensuite chinois ou sont-ils chinois et ensuite employé de notre entreprise ? Ce sont toutes les clés du management universel versus management culturel qui sont en jeu.
Terri Scandura, professeur de management à l’université de Miami après une étude sur le mentoring en entreprise annonce que parmi les 500 plus grandes entreprises du monde, 71% d’entre elles ont ce type de programme. C’est un type de relation qui permet au « protégé » d’être plus productif, de connaître une évolution de carrière plus rapide, de socialiser plus efficacement et c’est aussi un lieu où l’on peut trouver un feed-back déterminant, aussi bien psychologique que social.
Qu’est ce que le mentor y gagne à part la satisfaction de voir quelqu’un se développer sous ses yeux ? Essentiellement, de nouvelles idées, un nouveau réseau et une compréhension plus rapide aux nouvelles technologies, un regard frais et extérieur de l’entreprise et sur les attentes de la nouvelle génération.
Est-ce que le mentoring serait une solution pour le problème du turnover incroyablement élevé en Chine ? Sans doute est-ce une réponse parmi d’autres, ce que je constate c’est que le service le plus stable est celui où l’allégeance au manager est la plus forte, dans lequel ils se reconnaissent et veulent se valoriser auprès de lui.
En Chine, on appelle un responsable hiérarchique assez souvent un Laoshi, synonyme de professeur.
12:05 Publié dans Vie de l'Entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ressources humaines, chine, mentor
09.05.2007
Le retour des expatriés en Chine ?

04:00 Publié dans Vie de l'Entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, ressources humaines, expatriés, double profil

