Lancé au Japon, le questionnaire vérité sur le comportement de la grande famille des expatriés peut s’appliquer en Chine. A mon tour d’esquisser quelques réponses.
Êtes-vous déjà allé chez le dentiste dans votre pays d’expatriation ?
A voir la santé bucco dentaire de mes très chers collègues et l’épisode que j’ai particulièrement affectionné à l’hôpital de quartier à Pékin… je me dis que le plus tard sera le mieux.
Fantasmez-vous encore aux filles/hommes de votre pays d’origine ?
Shenme ? Ces barbares français qui critiquent tout, râlent tout le temps et pensent que leur pays est le meilleur du monde ?
Êtes-vous inscrit sur la liste électorale du consulat le plus proche ?
En bon citoyen…
Regardez-vous TV5 ?
Je n’ai malheureusement accès qu’à la CCTV 9 pour avoir des informations télévisés du monde extérieur, ce qui me rapproche du club des fans de Jacqueline Chen.
Avez-vous besoin d’un steak-frites par semaine ?
C’est malheureusement pour mes billets Mao une obligation après 10 jours de régime : riz midi et soir.
Avez-vous des difficultés chez le coiffeur de votre pays d’expatriation ?
Grande peur avant d’arriver en Chine, mais après avoir fait le grand bond en avant chez notre ami le coiffeur, c’est la révolution culturelle capillaire. Toujours de grands moments de solitudes ces après midi chez le coiffeur.
Parlez-vous la langue de votre pays d’expatriation ?
Assez bien pour qu’on commence à se moquer de certaines tournures bizarres, ce que je prends comme un compliment car les chinois ont du mal à être second degré avec les étrangers, barrière de la langue oblige. On devrait avoir une épreuve de second degré au TOEFL et il en faut beaucoup pour comprendre les blagues chinoises. Un vrai défi culturel.
Faites-vous la bise aux Français que vous rencontrez ?
Très bonne question. Lorsque je suis revenu en France pour Noël, j’ai eu beaucoup de mal à retrouver ce contact disons un peu trop proche. De même la poignée de main n’est pas d’usage le matin pour saluer mes collègues…à part pour les français.
Vous sentez-vous obligé d’aller à la fête du 14 juillet de l’ambassade ?
Grosse ambiance au lycée français de Pékin en 2006 pour se rattraper après une funeste soirée du 9 Juillet.
Ecoutez-vous France-Inter en critiquant tout ce qui se passe en France ?
Je suis plus BFM, et la France tu l’aimes ou tu la quittes ne fonctionne pas pour les expatriés. Ce serait plutôt : la France tu l’aimes, alors revenez français d’outre mer.
Ramenez-vous forcément un fromage de France ?
Forcément pas. Dans le même registre, je me souviens d’un épisode épique dans un aéroport chinois (étais ce à Pékin ou à Chengdu) où mon bon GeLei avait ramené une bouteille de pastis dans ses bagages. Et là que d’interrogations du côté de la douane. Mais quel est ce curieux breuvage ? Jusqu’à ce qu’il ose mettre son nez dedans, se rendant bien compte qu’il s’agit bien d’alcool. La bouteille fut saisie et finira ses jours comme élixir inspirateur des contrôleurs sans doute.
Au sujet de pastis, deux anecdotes :
Les coréens le boivent sec (du moins dans mon entreprise).
On me la servit sec aussi à gauche en entrant au Mix Club. Pour 3 euros, c’est du bonheur. Si je me rappelle que l’été, on diffuse le Tour de France dans certaines boîtes (décalage horaire oblige), on se croirait presque à la maison.
Quand vous rentrez en France, vous sentez-vous Français ?
Plus que jamais je me sens décalé lorsque je reviens. Serais-je de un Œuf, blanc d’extérieur et jaune à l’intérieur comme certains se revendiquent Banane ?
Fuyez vous en voyant la police locale ?
Je ne comprends plus le chinois au contact de la police locale, surtout au commissariat du village olympique, seul bâtiment survivant au milieu d’une forêt au stade végétatif.
Regrettez-vous les apéritifs en terrasse ?
Et la huoguo (fondue chinoise) en terrasse alors ? Oui définitivement oui, cet art de vivre ne s'exporte pas très bien, ou au prix fort à Shanghai où je ne reviens toujours pas des prix de côté des terrasses de Xiantiandi.
Avez-vous changé vos habitudes concernant le petit déjeuner ?
Je ne peux pas, c’est mon corps qui refuse les baozi, mentou et autres étranges mets matinaux au fumet plus qu’improbable. C’est tout le bus du matin qui se trouve embaumé pourtant. Un vrai défi olfactif.
Laissez-vous tomber les bonnes manières de votre pays d’origine pour vous adapter à celles de votre pays d’accueil ?
La première pensée qui me vient, ce sont les « mais dépèche toi de me servir mon Gongbaoditing ! », sorte de grand classique chez le chinois qui vient passer un moment exprimer son fiel sur les serveuses au restaurant proche de mon appartement. Non, je ne m’y fais pas. Mais je n’adopte plus les QingWen (s’il vous plait) qui ne sont pas d’usage semble t-il.
Quelle attitude de votre pays d’expatriation espérez-vous garder ?
Modestie et humilité du pékinois.
Ambition d’entrepreneur du Zhejiang.
Chaleur et hospitalité du sichuanais.
Le sourire des enfants du Hebei.
Quelle attitude de votre pays d’expatriation espérez-vous ne jamais prendre ?
No, it’s not all about face.
Les musiques karaoké.
La conduite au son, c'est-à-dire au son philarmonique du klaxon.
Note1: photo de G. LiMu la star de WuHan.