02.11.2007
Le projet européen en Chine
Jean-Pierre Raffarin, animateur des groupes de réflexions qui accompagneront le président Sarkozy en Chine à la fin de ce mois de Novembre en appelle de ses vœux, c’est la vision aussi de beaucoup de partenaires gravitant autour de la China Europe International Business School : une stratégie commune pour les pays européens en Chine est nécessaire pour la réussite et l’existence d’un bloc commun à côté des deux hyperpuissances dans 20 ans que seront la Chine et les Etats-Unis.
Pour l’ancien premier ministre, c’est autour de tels défis que l’idée de l’Europe est la plus pertinente. Après le programme Erasmus, le programme Confucius a du sens.
Malgré les bonnes intentions, les pistes de réflexion lancées par JPR comme, par exemple, le principe de non- concurrence sur les mêmes produits entre allemands et français ressemblent plus à des vœux pieux qu'à des réponses réalistes faces aux attentes économiques. Comment dire à Siemens de se retirer de la course au consommateur chinois au profit de Schneider ? Peut-on penser qu’un jour Bruxelles dicte aux stratèges de PSA de rester concentrer sur le segment des voitures peu onéreuses pendant que BMW se taille les parts du lion dans les marges plus intéressantes du segment du luxe ?
Est-ce que la vraie leçon de la Chine, c’est l’urgence de l’Europe ? Les programmes Airbus ou Iter ne sont-ils pas des exemples à suivre en matière de stratégie économique commune ?
Pour l’union européenne, l’ouverture de la Chine est un test et Bruxelles a toute les peines du monde à formuler une politique globale et respectée pour des raisons internes mais aussi à cause de la traditionnelle alliance atlantique avec les Etats-Unis. Une stratégie triangulaire entre les blocs EU-UE-CH n’est possible seulement à la condition d’une Europe unie.
Pourtant, du côté des partenariats commerciaux, la relation est au beau fixe avec des échanges qui ont été multiplié par 40 depuis 1978. La Chine est le deuxième partenaire commercial pour l’Europe, l’Europe est le premier pour la Chine et ceci s’est effectué sous la main invisible du marché car le seul cadre légal dans ces relations est le « EC-China Trade and Cooperation Agreement » en… 1985.
En marge de cet accord, quelques signatures de coopération sont venues jalonner ces années de décollage économique : les Visas pour les touristes chinois qui souhaitent visiter le « vieux continent », un accord sur une coopération économique et scientifique comme le projet Galileo ainsi que l’usage à des fins pacifiques de la puissance nucléaire.
Sur les dossiers de l’embargo des armes à destination de Pékin, les quotas dans le textile ou le déficit global de la balance commercial, le respect des droits de l’homme, l’Europe a une voix à faire entendre et une voie à montrer et c’est sur ces sujets sensibles que l’Europe doit être cohérente avec ses propres ambitions. Une China France Business School aurait été impossible alors que la China Europe International Business School est un grand succès.
Le modèle pékinois pour les pays en développement et le modèle bruxellois de coopération entre pays sont sans doute deux réponses aux dangers du monde après guerre froide. C’est une chance pour le monde que la Chine ait choisi la poursuite effrénée de la croissance comme une réponse aux humiliations du passé et l’Europe a pour ambition de donner du sens à ce village global après avoir vécu les horreurs du passé.
14:50 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Europe, Chine, géopolitique, CEIBS, avenir, stratégie européenne, jean-pierre raffarin
31.10.2007
Le travailleur du 21ème siècle
Il est un proverbe chinois qui interpelle avant de faire réfléchir : 钱可通神 Qian Ke Tong Shen Si l’on retient comme traduction de Shen : Dieu ou les dieux, on arrive à la traduction quelque peu subversive : l’argent peut faire bouger (même) les dieux. Notre équivalent occidental, "l’argent peut tout acheter", voire même "l’argent n’a pas d’odeur" est biaisé car le 21ème siècle tel qu’il se présente renvoie l’idée que le travailleur devra migrer pour aller chercher l’argent là où il est. C’est donc une traduction presque au sens premier qui peut être retenue : l’argent fait bouger les masses, les personnes, les cerveaux. Jacques Attali, dans son livre l’Avenir du Travail écrit : « Aujourd’hui, 150 millions de personnes vivent dans un pays différent de celui de leur naissance. En 2050, les expatriés seront dix fois plus nombreux. […] Au total, en 2007, 5,5 % des travailleurs qualifiés dans le monde sont nomades ; ils seront au moins 15% en 2050. Le savoir créatif, sera de plus en plus rare, mobile et de plus en plus courtisé. Les pays en forte croissance rivaliseront pour accueillir cette immigration qualifiée et mettront en place des programmes attractifs en matière financière, sociale, fiscale, familiale. A l’avenir, la concurrence en matière de talents sera plus rude, plus professionnelle, mieux organisée ; elle constituera un des points les plus sensibles des négociations économiques et sociales internationales. Il faudra sans doute aller vers l’édiction de règles mondiales, comme on a fait en d’autres domaines, pour éviter que certains pays n’attirent à peu de frais, notamment par le jeu de déductions fiscales, des cadres que d’autres pays auraient mis très longtemps à former. » La vision d’Attali m’a rappelé deux anecdotes : Les paroles d’un de mes profs (Khôleurs pour tout vous dire) : on fera de vous des Zidane des espaces préhilbertiens, des Ronaldo des équations de Maxwell, vous êtes des sportifs de haut niveau en devenir, donc bien sûr tout le monde ne peut survivre et intégrer l’équipe de France de Polytechnique. Les paroles de mes collègues centraliens : je veux une expérience à l’étranger, je veux le campus américain, les pom pom girls et les hot dogs. On sous estime l’attrait du soft power américain. Enfin, je vous invite à visiter le site web du gouvernement singapourien. Tout y est : attraction des investisseurs potentiels, facilités pour les visas, services pour vous et votre famille à l’installation dans la capitale asiatique, des campus de rêves, des banques à votre écoute, le respect de la propriété intellectuelle, bref tout pour attirer les cerveaux caucasiens, asiatiques, indiens...

16:25 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Migrations, travail, avenir, attali, Singapour, immigration
28.09.2007
Internet en Chine ne perd pas la face(book).
160 millions de chinois sont connectés à Internet et le pays héberge comme à son habitude du pire de la copie de site leader rafraîchit aux couleurs locales au meilleur de l’innovation. Les chinois sont asiatiques et bien plus branchés que les européens, c’est une vérité qui reste d’actualité.
Trois grandes tendances se dessinent. Tout d’abord c’est une Chine sans fil qui se construit, que ce soit par les portables qui ont atteint un niveau de diffusion dans la société extrêmement élevé, les points Wifi qui font que les villes chinoises sont plus en avance que les grandes villes françaises en la matière ou la technologie Wimax qui arrose un quartier de son précieux accès au monde Net. Une réserve peut être émise toutefois sur cette technologie avec les problèmes liés à la sécurité.
Sur la toile, c’est le Web 2.0 qui est en constant développement, à tel point que les idées sont désormais en manque d’investisseurs, un renversement de tendance par rapport aux années précédentes. Youtube a fait des petits répliquats en Chine, au nombre de 200, dont 10% financés par des venture capital. Le leader est Tudou.com. Le social networking est aussi en plein boom avec des sites comme Xiaonei.com, Tianji qui s’est branché sur le site européen Viadeo (Euro China Link) ou Wealink qui est en tractation avec LinkedIn pour effectuer la mise en commun des données. Au pays du guanxi, il est tout à fait normal que le e-guanxi fleurisse.
Enfin, la mobilité. Même s’il y a 160 millions de consommateurs internet en Chine, il n’en reste pas moins que 88% de la population n’a toujours pas accès à cet outil. Il semblerait que la solution sera de passer par un accès à travers le mobile. Les chinois sont prêts à consacrer un budget très important dans l’achat d’un portable, premier différentiateur social, premier moyen de s’exprimer aussi. Des programmes existent comme celui du Laptop per Child mais le meilleur moyen de donner un accès au milliard de chinois à la toile sera sans doute les générations 3 des portables à généraliser sur tout le pays.
12:40 Publié dans Vie du Marché | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : chine, internet, web 2.0, haute technologie, avenir

