05.11.2007

Les réseaux les plus efficaces

http://lustintranslation.blogspirit.com/images/rmenswheel.gifC’est la première leçon culturelle que l’on apprend en travaillant en Chine. Ici, qui vous connaissez est plus important que ce que vous connaissez. Le réseau, le guanxi, le network, appelez le comme vous le voulez a un impact très fort dans l’économie chinoise.

Dans The Chinese Tao of Business, George Haley passe en revue les réseaux les plus puissants historiquement et nous rappelle que le réseau n’est pas un monopole asiatique ou chinois:

Les phylae et phratry grecques qui, dans l’antiquité, constituaient des groupes claniques familiaux et s’alliaient entre eux. En 508 avant JC, la cité d’Athènes, qui voyait sa population augmenter, s’étendit et se réorganisa en 10 phylae.

Les clientela romaines, qui dans l’empire antique le plus contrôlé, l’empire romain, exercèrent une influence grandissante jusqu’à l’apogée de l’empire. Le système de clientela liait un patronage à des clients qui juraient fidélité à des familles sénatoriales au plus fort de leurs puissances. Le système s’est étendu à travers toute l’Europe, l’Asie Mineure et l’Afrique du Nord.

Les clans islamiques : les empires arabes islamiques avec des capitales à Damas, Bagdad et Cordoue étaient essentiellement organisés autour de réseaux claniques. Les clans juraient fidélité à des familles de moins en moins nombreuses mais de plus en plus influentes jusqu’à la famille royale.

Le système féodal en Europe qui s’articulait autour du concept d’allégeance à des familles nobles qui, elles mêmes étaient vassales de la famille royale. Ce système a plus ou moins permis la stabilité de la région face à des compétiteurs plus unifiés et organisés comme l’empire arabe.

Les chinois d’outre mer : les migrants venus de Chine à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle contrôlent de manière substantielle l’économie de l’Asie du Sud Est. Ils se caractérisent par une rapidité d’exécution, un sens du contact et du réseau et une connaissance éprouvée de leurs industries et marchés. Ces réseaux se déclinent en clans suivant l’origine géographique ou ethnique, la langue voire le dialecte partagés mais par-dessus tout la confiance qu’ils peuvent se témoigner.

Les indiens d’outre mer : ils constituent une force de plus en plus présente en Asie et partout ailleurs avec des traits qui s’apparentent aux réseaux chinois mais aussi caractéristiques avec une tendance à ne s’appuyer seulement que sur leurs amis ou membres de leurs familles.

Les grupos espagnols sont très compétents et compétitifs. Ils se concentrent de façon habituelle sur une grande entreprise, et se développent autour de cette entreprise et de sa chaîne de valeur. Une fois que l’entreprise a atteint une taille critique, des spin off peuvent s’opérer. C’est la matrice utilisée autour de laquelle le réseau économique mexicain.

Les liens universitaires qui sont très fort dans la culture nord américaine et anglo-saxonne de manière plus générale. Facebook n’aurait pas pu naître ailleurs que dans les universités américaines qui offrent plus qu’une bonne éducation. Le mentoring, l’associatif y est très développé. En France, les grandes Ecoles offrent un tel levier dans les carrières de ces diplômés.

Le réseautage inter et intra entreprises japonais : le keiretsu est bien connu et constitue le réseau inter-entreprise. Les grandes compagnies japonaises se structurent autour de la hiérarchie à l’intérieur de l’entreprise et des réseaux se forment surtout à l’intérieur d’une même classe qui n’est pas ici le statut social mais l’année d’entrée dans l’entreprise.

Les chaebol coréens sont des familles qui contrôlent les conglomérats industriels du pays malgré les efforts qui sont fait pour les contrebalancer suite aux scandales de ces dernières années. C’est exactement la relation de confiance à l’asiatique mais au contraire des keiretsu ou des grupos, les positions prises ne sont pas officialisées.
Les réseaux criminels basés sur l’appartenance ethnique ou linguistique existent dans toutes les sociétés et constituent une part non négligeable des revenus générés dans le monde, c’est une taxe extrêmement négative sur les affaires qui ont pignon sur rue.

Les sociétés secrètes sont des réseaux qui existent aussi dans toutes les sociétés et les pays du monde. Les franc-maçons et l’opus dei sont particulièrement influents dans nos sociétés occidentales. Certains présentent les franc-maçons comme les penseurs des fondateurs des Etats-Unis d’Amérique, d’autre de l’opus dei comme étant à l’origine du remplacement par Pinochet du président marxiste Allende au Chili.