04.07.2007

Prendre le pouls du dragon chinois 2

Outre le système judiciaire et les inégalités en terme d’accès à l’éducation, de nombreux autres challenges attendent la Chine de 2015. On pourrait commencer par la réforme du système de santé, et on constaterait que la Chine présente là encore un très beau paradoxe en ayant une des espérances de vie les plus longues à Pékin par exemple mais un système indigne d’une grande puissance en devenir. Le passage à la privatisation générale des entreprises a laissé plus de 75% de la population sans assurance. Même si 5,4% du PNB est consacré à la santé, des incohérences locales comme la permission pour un hôpital de faire des profits sur les consultations a engrangé de nombreux gaspillages. Les parties rurales sont une nouvelle fois les oubliées de la protection sociale, et même dans les villes la proportion des habitants n’ayant pas accès aux soins a explosé, passant en 10 ans de 25% à 65%. Quant au système des retraites, il permet de relativiser un peu notre situation française qui, si elle est considérée comme étant problématique, n’est rien comparée à la situation des futurs retraités chinois. C’est moins de 14% de la population qui possèdent une couverture, mais surtout à l’avenir avec la politique de l’enfant unique, les actifs prenant en charge les retraités passeront du nombre de 9 à seulement 4. Un vrai casse-tête chinois. Un encouragement toutefois à plus de transparence dans les nouvelles IPO à venir à la bourse de Shanghai pour ne pas commettre les erreurs du passé, et pouvoir réussir la transition à un système capitaliste de retraite grâce à l’émergence d’institutions financières stables et fiables. Enfin, en ce qui concerne l’environnement, les données ont au mois le mérite d’être très claires : parmi les 20 villes les plus polluées au monde, 16 sont chinoises. La Banque Mondiale a estimé que les coûts relatifs à la pollution coûtaient 54 milliards de dollars annuellement à la Chine. Mais que faire face à l’explosion des automobilistes, face à l’addiction chinoise au charbon et aux usines qui ne respectent pas les règles environnementales, l’équation semble plutôt difficile à résoudre. Il est donc bien fini le temps des DanWei, ces entreprises d’état qui couvraient tous les besoins de leurs employés, il est temps pour le gouvernement chinois de comprendre qu’il ne peut pas tout résoudre par lui-même et que les initiatives privées seront les bienvenues à l’avenir.

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