20.07.2008

Sur la compétitivité chinoise

On a récemment attiré mon attention sur le niveau de compétitivité de la Chine suite à des articles de presse faisant état d’une baisse de l’attractivité des manufacturiers pour l’empire du milieu due aux pressions inflationnistes et à la hausse des coûts de main d’œuvre.

Tout d’abord, les coûts de main d’œuvre en Chine sont encore loin de ceux observés dans les autres pays-dragons du sud-est asiatique, et on ne parle même pas de ceux pratiqués en Europe occidentale ou aux Etats-Unis. Même dans les trois plus grandes villes chinoises, le salaire moyen est encore 7 fois inférieur au salaire moyen coréen pour prendre un exemple comparable.

D’autre part, la seconde raison pour laquelle les prix sont bas en Chine, à savoir l’intense compétition intérieure est toujours aussi féroce, avec de nouveaux entrants qui viennent défier les acteurs existants dans des industries majoritairement fragmentées.

Il est vrai pourtant que l’inflation a atteint des records ces derniers temps et que le RMB s’est apprécié de manière substantielle depuis le début de l’année. Mais la hausse du coût des matières premières affectent toutes les économies, et donc ne vient pas contrecarrer la compétitivité chinoise. De plus les salaires augmentent mais la hausse de la productivité est concomitante, avec par exemple, l’implémentation des bonnes pratiques de lean manufacturing ou le management au plus près des fournisseurs chinois après les épisodes Mattel.

Enfin un Yuan fort veut dire que les chinois achètent leurs matières premières, pétrole ou matières issues du pétrole à moindre frais. Ceci venant contrebalancer les effets néfastes sur la compétitivité des produits destinés à l’exportation. C’est aussi un signe fort que le pays veut se tourner vers sa consommation intérieure.
Malgré une appréciation du RMB de 20%, les exportations vers les Etats-Unis ont augmentées depuis mi-2005.

De manière plus générale, les données purement économiques ne sont pas les seules raisons pour lesquelles les compagnies se sont installées en Chine et vont y rester. A ceux qui vous diront que le Vietnam ou la Malaisie est la nouvelle Chine, il faut rappeler que la population du Vietnam représente 7% de celle de la Chine et qu’il faut atteindre un certain degré de sophistication pour pouvoir outsourcer dans un secteur comme celui de l’automobile par exemple. La Chine a appris de ces joint-ventures et a réussi à développer des infrastructures qui rendent l’environnement business extrêmement porteur.

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Attention toutefois à toujours garder un œil sur le management des contrats avec les partenaires chinois qui doivent faire face à ces pressions économiques externes. La culture du ChengBao承包 (terme pour contracter une mission, un ordre, une série d’articles à produire) est répandue, et la sous-traitance vous fera perdre de vue le véritable producteur final de vos produits.

A ce sujet, l’anecdote parfois met la lumière sur des pratiques que certains qualifieront de culturelles.
Parfois, en louant une voiture avec chauffeur en Chine, vous vous mettez d’accord sur un prix de 400 RMB à demander au conducteur, et c’est à ce moment qu’il se passe une chose étrange qui vous emmène d’un taxi à un autre alors que le premier conducteur demande au second de vous conduire pour 300.

Pour la production, c’est la même chose et donc la pratique de la transaction doit être monitorée d’aussi près que le clauses de contrat sur les taux de change ou sur le prix des matières première de base. Il arrive que la macro et la micro-économie fassent bon ménage.

06.07.2008

Bataille de l'atome

L’ouest n’a de cesse de promouvoir l’idée d’une Chine plus libre, particulièrement en ce qui concerne les affaires gouvernementales. Et les chinois de répondre par l’impérative envie de demander aux donneurs de leçons de se taire et de laisser les affaires internes aux mains des chinois.

L’ironie de l’histoire est que les deux parties sont d’accord sur une chose : le monde a besoin d’une Chine plus ouverte. La seule différence est que les occidentaux pensent que ce mouvement doit se faire en suivant un plan défini à l’avance alors que les chinois veulent suivre leur propre rythme suivant des considérations internes.

Un secteur est particulièrement impacté par ce nationalisme chinois, celui de l’énergie nucléaire. Des changements radicaux sont intervenus ces dernières années avec un discours marquant du premier ministre Wen JiaoBao en 2005 annonçant quatre points structurant le changement de la politique de l’atome, plus ambitieuse afin de construire une Chine verte et de s’affranchir peu à peu du charbon et du pétrole.

Les quatre points sont les suivants :

Mettre en place un planning global et un dessein rationnel.
Maximiser le design et la construction de centrale ainsi que la production des équipements de l’industrie nucléaire par des acteurs 100% nationaux.
Encourager la coopération internationale.
Mettre la priorité sur la qualité et la sûreté.

Selon le dernier plan économique, la Chine se fixe pour ambition de construire une trentaine de centrales nucléaires d’ici 2020 pour arriver à une puissance installée de 40GW.
Nul part au monde un tel plan existe dans le domaine du nucléaire, et ceci pour seulement faire passer le chiffre de 1,6 à 4% la part du nucléaire dans la production d’énergie totale du pays.

Alors pourquoi Aréva ne déplace t-il pas son siège de Paris à Pékin ?
Parce que les chinois ne maîtrisent pas encore la technologie des centrales de troisième génération, l’EPR, dans sa version française, en phase de projets pilotes en Finlande et à Flamanville, Normandie.

Une bonne partie de l’avenir de la filière nucléaire française se joue en Normandie. Les technologies, les savoir-faire, le know-how, le retour d’expérience, les spécifications, les codes et réglementations, les conditions de sûreté et de sécurité, tout est censé débarquer de Normandie pour libérer les énergies du monde, des Etats-Unis à la Chine, en passant par l’Afrique du Sud.

Entretenir les relations avec le partenaire privilégié, la China Guangdong Nuclear Power Group et capitaliser sur Ling Ao et Daya Bay, développer le lobbying sur la valorisation des actifs en terme de normes de sécurité de 30 ans de retour d’expérience d’EDF dans l’exploitation des centrales nucléaires et faire venir la longue traîne des fournisseurs agréés d’EDF en Chine pour des partenariats en Joint Venture sont les prochains défis du nucléaire français en Chine.

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Comment la Chine atteindra les 40 à 50 GW de puissance installée en 12 ans ? Il faudra qu’elle résolve ces importants points stratégiques :

L’acquisition de l’uranium passera sans doute par le développement du partenariat stratégique avec l’Australie et en accentuant la recherche dans les provinces internes du XinJiang et de Mongolie intérieure.

Le développement de l’expertise dans l’enrichissement d’uranium voit la filière russe en pole position avec la signature d’un accord sur un projet d’un milliard de dollars pour la construction d’usines d’enrichissement.

La sécurisation de l’approvisionnement de qualité dans les équipements, les réacteurs et le développement de l’expertise opérationnelle ainsi que la gestion des déchets sont aussi des tâches critiques à accomplir où le modèle de collaboration-compétition est encore à inventer. C’est ici que la stratégie Nespresso mis au point par Aréva devra faire ses preuves en livrant une partie des secrets de la technologie nucléaire française en contrepartie de l’assurance de la livraison par Aréva des précieuses « capsules » de combustible nucléaire.


La seule voie qui offre quelque espoir d’un avenir meilleur pour toute l’humanité est celle de la coopération et du partenariat.

Kofi Annan.

22.06.2008

Bulle Verte

Un pays qui commence à moins se reposer sur ces ressources pétrolières, se réveille et commence à se diversifier.

Il se diversifie dans le tourisme, secteur où une quelconque xénophobie n’a pas sa place; dans les services financiers, ce qui entraîne l’émergence de la culture de la transparence ; dans l’éducation et les médias enfin, ce qui requiert l’accès à l’information pour tous.

Un pays qui commence à ne plus recevoir de pétrole, commence à collaborer.

C’est sans doute la réponse la plus adaptée, certes non satisfaisante sur le court terme, aux routes et aux ports européens bloqués. Puisque pour la première fois de l’histoire moderne, le développement économique se fera sous contraintes, il faudra donc collaborer dans un monde où les Etats ne sont pas en compétition les uns avec les autres mais où les multinationales le sont. La collaboration sera nécessaire pour savoir utiliser au plus juste les quatre éléments fondamentaux du 21ème siècle : l’atome, l’eau et le remplacement inéluctable du pétrole par la source d’énergie la plus démocratique qu’il soit, le soleil.

C’est ainsi que l’on pourra sortir des conflits jumeaux de la dépendance des pays acheteurs de pétrole envers une poignée de pays instables et parfois hostiles couplée au défi que pose la pollution générée par l’addiction au pétrole.

C’est ainsi que la 5ème révolution industrielle a déjà commencé pour certains, pour ceux qui embaucheront les « green collars » de demain.

Les quatre révolutions industrielles nous ont apporté successivement la vapeur, l’industrialisation, le train et les journaux puis l’électricité, les lignes d’assemblage, les voitures et la radio; la troisième les nouveaux matériaux, les avions, la supply chain et la télévision et cette dernière décennie l’informatique, le village global, la logistique mondialisée et l’internet.

f1f1c2242884c38cce06bcdbd9706405.jpgQue nous apportera la cinquième révolution ? Sans doute le bouleversement disruptif de deux secteurs qui pèsent chacun plus de mille milliards de dollars chacun : le secteur des transports et celui de l’énergie. Le choc aura au moins la même résonance que celui qu’a eu Internet dans nos vies quotidiennes. La bulle verte ne fait que commencer.

A 140 dollars le baril, le seuil de douleur est déjà atteint pour le secteur de l’aéronautique. Nous savons déjà que le paysage concurrentiel des compagnies aériennes sera totalement bouleversé d’ici 5 ans. Les cycles se raccourcissent et seuls les meilleurs dans la modération énergétique survivront.

En fin de cette semaine, la Chine a annoncé une augmentation du prix de l’essence de 17%. C’est le début de la fin du soutien des gouvernements des pays en émergence à l’achat de combustibles fossiles.

Dans le domaine de l’automobile, puisque les biofuels de première génération sont éthiquement inacceptables lorsqu’ils sont en compétition avec les cultures destinées à nourrir les populations, puisque l’hydrogène n’est pas encore au point car trop onéreux et ne résout pas le problème du stockage d’énergie, la solution à moyen terme est l’électrique. En écrivant un peu de science fiction julesvernique, on imagine d’ores et déjà des voitures hybrides à dominante électrique ou tout électrique qui peuvent se connecter au réseau local. C’est ici, dans votre garage ou sur la voirie du Paris de 2012 que deux mondes se connecteront.

Ce sera tout d’abord une réinvention technique, une voiture électrique avec une réserve d’énergie sous le capot permet par exemple de résoudre le problème du stockage des énergies intermittentes. Ce qui est intéressant avec les énergies renouvelables type solaire et éolien est le fait qu’elles peuvent se concevoir à petite comme à très grande échelle. La maison de demain aura sans doute un bilan énergétique proche de la neutralité suivant la localisation géographique, voire un bilan énergétique positif, c'est-à-dire qu’elle saura produire de l’énergie de façon autonome grâce à des panneaux solaires ou des mini éoliennes, soutenues par la géothermie, une meilleure isolation et d’autres solutions ayant un impact économique et écologique positif. Or, le problème avec les énergies renouvelables est leur caractère intermittent, qui est ici résolu par l’utilisation de solution de stockage d’énergie.

Si le réseau électrique veut devenir intelligent, il lui faudra un cerveau, un nouvel opérateur qui devra voir le jour, l’ERGO pour Energy Recharge Grid Operator et saura faire l’adéquation charge-capacité, réduire les pertes sur le réseau, savoir répondre aux pics de charge, résoudre les black-out californien, savoir comment utiliser l’énergie nocturne des centrales nucléaires françaises, etc.

Une fois l’infrastructure mise en place, les économies d’échelles suivront, la nouvelle loi de Moore ne mesurera plus la croissance des capacités de calculs des microprocesseurs mais la croissance de densité énergétique et la baisse des prix au KWh des moyens de stockage d’énergie. On vendra l’électron comme l’on vend le paquet d’information.

La nouvelle stratégie ne délimitera plus les cultures entre le monde de l’énergie/utilité et celui de la voiture/commodité. Pour rendre l’offre attractive et proposer de la valeur tangible au consommateur, on vendra demain des voitures comme l’on vend aujourd’hui des portables en chargeant un abonnement pour posséder un véhicule mais aussi pour avoir l’accès à l’infrastructure de charge. On ne pourra pas recharger son véhicule quand l’on veut, à part lorsque l’on voudra bien payer un peu plus que le tarif habituel, mais c’est bien l’opérateur ERGO qui arbitrera les recharges, de façon bidirectionnelle.

1ac5df7ad6077cba47995cbe9a4d5665.jpgPour retourner au stade géopolitique et à la tectonique des plaques géostratégiques, il faudra une Chine forte et courageuse pour entrer de plein pied dans la nouvelle économie de l’électron. La production d’électricité devra être générée par des moyens carbonement neutres. Quel rythme voudront bien adopter le géant asiatique, lui qui est passé directement dans le monde des télécommunication au cellulaire en sautant pratiquement l’étape téléphone fixe ? La force de la capacité de production chinoise sera un élément essentiel, poussée par le dirigisme de son économie et la pression de plus en plus insupportable sur l’économie et la santé de sa population de la pollution des méga-cités chinoises.
Les forces de lobbying devront être contrées par ce développement économique, forcément sous contraintes.

25.05.2008

Un luxe qui essaye de ne pas perdre de son lustre

Entrer dans le monde du luxe n’est pas onéreux : le luxe n’a pas de prix.

7810dd57cab4c4c681cdfb8c0f40865e.jpgL’Asie est le plus grand marché pour les marques de luxe, loin devant l’Europe et les Etats-Unis. La moitié des 8 milliards de francs suisses d’exportation de montres prenne la direction de l’Asie. 40% du chiffre d’affaire de LVMH est généré par cette région, 45% pour Gucci. En Asie, la Chine est encore est un marché relativement restreint, avec seulement 5% des 180 milliards de dollars de la taille totale.

Selon la Goldman Sachs, la consommation de biens de luxe en Chine, sans compter les jets privés et les yachts a atteint 6 milliards de dollars en 2004, douze fois plus qu’il y a 5 ans. Un marché qui est régulièrement en croissance de 20%, et qui restera sur des tendances à double chiffre jusqu’en 2015. La Chine a donc le potentiel de devenir le plus grand marché du monde sur ce segment.

En 1999, si vous déclariez des avoirs de plus de 6 millions de dollars, vous étiez parmi les 50 plus riches chinois. Aujourd’hui, vous avez besoin de 140 millions pour faire parti des 100 les plus aisés. Il y a 300 000 millionnaires en dollars dans ce pays de 1,3 milliards d’habitants.

Alors que la crise des crédits et que le prix des commodités déstabilisent les perspectives de croissance dans de nombreux secteurs, avec une nouvelle classe de riches émergents en Asie, au Moyen Orient ou en Europe de l’Est, les prévisions pour les ventes de yachts, de voitures de standing, de haute couture, de parfums ou autres montres griffées sont au beau fixe.

La demande en produits de luxe et de mode est traditionnellement perçue comme instable mais selon le cabinet Bain&Co, la croissance de ce secteur est résiliente autour de 9% pour le marché asiatique. Merrill Lynch confirme avec un prévisionnel extravagant de 25% de part de marché pour le seul marché chinois en 2014.

Grandissant main dans la main avec le marché du luxe, les produits contrefaits sont aussi en plein boom. Les compagnies, quant à elles, font leurs comptes et essayent d’évaluer combien la marque perd de sa valeur à cause de ce fléau. Certains prétendent que la marque pourrait profiter aussi de retombées annexes intéressantes car un label peut devenir plus recherché en l’introduisant au plus grand nombre.

Ajouté aux prix des loyers en constante hausse, aux goûts versatiles des chinois, et au positionnement de moins en moins de luxe mais plutôt de haute qualité ou de prestige que prônent désormais certaines marques, il n’en faut pas plus pour se mettre à penser qu’un jour le Made In Europe sera remplacé par le Made In China.

Une des plus importantes conclusions des recherches marketing sur ces sujets de consommation est la tendance des nouvelles générations à ne pas suivre l’exemple rigoureux des parents ou grands-parents. Il devient de plus en plus à la mode de dépenser plutôt que d’économiser.

Face à ce marché, certaines différences doivent être connues pour pouvoir s’adapter et réagir en conséquence :

La perception de la marque est différente et semble privilégier un nombre plus restreint de marques dans le psyché des consommateurs chinois. La distinction entre les différentes strates du luxe est encore difficile à faire.

La beauté est un concept non importable car la part de culture y est décisive. Les chinoises recherchent une autre forme de beauté, plus en retenue, inclusive. Les apparats sont perçus comme moins attractifs. Un parfum trop prononcé, génant. Dans la publicité, l’utilisation d’une icône étrangère fonctionne car les chinois recherchent l’expertise, le pouvoir et le statut.

Les chinois sont sans doute plus sensibles aux prix que les japonais et il n’est pas rare de rencontrer un adolescent qui mixe les vrais avec les faux. A Hong Kong, la population devient de plus en plus consciente de la qualité de l’authentique alors que des faux sont disponibles facilement. Les changements de comportements apparaîtront en Chine continentale avec le temps.

La culture du centre commercial est assez neuve et le shopping devient une activité de plaisir, et notamment à l’étranger car on note une inclination à acheter des marques à l’occasion de voyages. Pour plusieurs raisons : afin d’éviter les taxes d’importations, encore prohibitives mais aussi pour être sûr de l’origine des produits. En France, ce sont les chinois les plus grands consommateurs parmi la population de touristes. Ils seront 100 millions à voyager en 2020.

Les raisons qui poussent à l’achat sont similaires par rapport aux autres pays : le statut, la reconnaissance et la récompense d’un travail long ou d’un succès.

Les segments de clientèle sont assez distincts et forment des groupes divers, des plus jeunes à la force de l’âge, des cadres aux employés, des acteurs et actrices aux nouveaux riches.

Ils sont traditionnellement des hommes de plus de 35 ans et occupant une position importante dans un grand groupe ou au gouvernement. Ils sont bien connectés et plus sophistiqués que les autres segments car ils achètent des produits de luxe depuis plus longtemps. Moins ostensibles, plus exigeants et non seulement pour eux-mêmes mais aussi pour leurs proches.

Le nouvel acheteur de luxe est un entrepreneur, un businessman ou une célébrité. Ils ont entre 20 et 40 ans, sont beaucoup plus jeunes qu’en Europe ou aux Etats-Unis et dépensent une part beaucoup plus importantes en marques que ce type de population dans les marchés matures. Moins préoccupés que leurs aînés à dépenser, ils savent faire la distinction entre véritable produit et une contrefaction. Leur principal péché mignon se trouve au rayon habits.

Les femmes ont pris le pouvoir et expriment leur indépendance en achetant beaucoup plus que dans le passé. La carrière aidant, elles empiètent sur un territoire exclusivement masculin auparavant.

Les petits empereurs, enfants uniques sont maintenant devenus grands et pour certains atteignent l’âge adulte. Il est principalement urbain et dépense la moitié de ce que gagnent ses parents mais pas de ses grands parents comme dans les marchés occidentaux. Moins timides, ils veulent le meilleur, connaissent les marques et savent les choisir.

La connaissance de leurs goûts n’a bientôt plus de prix.

18.05.2008

Nous sommes tous sichuanais

2a9e19eff978d9be82f09b0e09c0fb29.jpgLe chiffre du nombre de morts ou de disparus dans le Sichuan atteint l’incalculable, sans doute proche des 50000.

Les commentateurs ne peuvent plus commenter, la flamme ne peut plus enflammer les foules, les drapeaux en berne et les têtes baissées.

J’ai vécu dans cette magnifique région du Sichuan des moments inoubliables avec une population attachante, à l’accent inimitable, à la fondue épicée et aux sourires chaleureux. A mes anciens collègues de l’université du Sud-Ouest qui dorment sous des tentes, mes pensées vont vers vous, vers vos familles, les enfants qui ont perdu leurs mères et les mères qui ont perdu leurs enfants.

Après la période de deuil, va commencer la période de reconstruction, avec l’aide des étrangers. Pas seulement l’aide humanitaire ou financière accordée par les entreprises internationales (dont les françaises) mais aussi l’aide par exemple des experts internationaux pour superviser les contrôles des centrales nucléaires dans la région par exemple.

Une autre forme d’aide est celle venue des portefeuilles chinois eux-mêmes, un geste de solidarité d’une ampleur jamais égalée auparavant. Plus d’un milliard de Yuans ont été collecté à ce jour, somme historique car pour l’instant l’Etat a toujours proclamé qu’il saurait s’occuper de ses citoyens du berceau au tombeau. Les organisations qui ne dépendent pas de l’Etat sont encore extrêmement rares, même les œuvres de charité.

Ces donations sont le signe que ces chinois de la classe moyenne deviennent plus aisés car on ne peut pas donner ce que l’on a pas mais aussi qu’ils cultivent désormais une certaine indépendance d’esprit, avec plus de confiance dans les actions qu’ils peuvent soutenir ou dans les opinions qu’ils peuvent exprimer. C’est aussi le signe que les nouvelles sont un peu moins contrôlées par l’appareil étatique. Ainsi les images, d’une violence assourdissante, ont fait le tour de la Chine, heurtant les esprits et choquant les consciences. Un véritable traumatisme national qui éclipse la grand-messe populaire autour des Jeux Olympiques.

Le problème est donc l’institutionnalisation de l’aide apportée à la belle région du Sichuan : il n’y a pas d’organisation non gouvernementale en Chine, et mêmes les ONG étrangères doivent travailler de concert avec le gouvernement. Les vraies ONG ont pourtant plus d’expérience dans la collecte de fonds et dans sa redistribution. Le fait est que le peuple chinois croit en son gouvernement et à son habilité à gérer la crise, les images de Wen Jiaobao au chevet des victimes en témoignent.

Que faire ensuite de ce sentiment nationaliste, sorte de sursaut populaire pour sortir de la crise, montrer au monde qu’ils savent être assez résilients pour survivre à un trauma aussi fort ? Certains craignent que ce sentiment généreux ne se transforme en force belligérante, surtout après l’épisode de la flamme. Mais le fait que l’aide internationale soit acceptée, montrant la voie à la junte birmane par la même occasion est un signe fort d’ouverture.

Il reste encore 6 mois à la Chine pour que cette année 2008 ne soit pas une année désastreuse, sorte d’écho à 1976, au tremblement de terre de Tangshan et à la mort de Mao deux mois plus tard. La gestion de l’après tremblement de terre, la coordination de l’effort national et de l’aide internationale en est la première étape. D’ores et déjà, la première semaine d’après crise nous montre que les temps ont changé. En 1976, le gouvernement avait caché l’événement pendant des mois.







Info pratique pour les donations:

Red Cross has the account for Sichuan earthquake. We can remit money to the account.
Two accounts for online donation.:/www.crcf.org.cn

1.The number is 800100921908091001.
The account name is 中国红十字基金会(China Red Cross Fund)
Bank : 中国银行北京分行 Bank of China

2. The number is 0200001019014483874.
The account name is 中国红十字基金会(China Red Cross Fund)
Bank : 中国工商银行北京东四南支行 ICBC

Also if you are too busy : you can do it with a SMS
we can donate money through our mobile!
Write 1 or 2 (1 for 1yuan, 2 for 2yuan) and send the message to 1069999301.

The Red Cross hotline :010-65139999、64027620.

11.05.2008

Soft power et marketing des jeux

Atteindre l’état de superpuissance ne se mesure pas seulement à l’aune du digit, aux statistiques du World Economic Forum et à la croissance à double chiffre.

C’est aussi une affaire de soft power.

L’exemple le plus à la mode est celui du pouvoir d’attraction des séries américaines sur les populations. New York, la sortie de SATC (Sex and the City, the movie), c’est le pouvoir du sac de luxe qui attire toutes les marques en quête de reconnaissance pour cette version féminine du Super Bowl, réinventant par la même occasion les règles du marketing et de la communication à travers le support cinématographie.


Ce rêve qui fait se lever le matin, ce rêve qui polarise la destination des flux migratoires : les nouveaux expats, les halfspats, les jeunes émigrés qui trouvent la Chine si excitante, parfois à l’excès, en sont d’autres signes avant coureurs.

Shanghai la féminine, Pékin la masculine versions double face d’un renouveau attractif de ce côté de la planète et paradoxe immense après la plus grande erreur de communication de l’histoire des relations publiques avec la tournée de la flamme olympique.

a77c9ddb7ddece3d58346dfdb391815c.jpgLe soft power ou le manque de reconnaissance sur la scène internationale, c’est ce qui peut faire aussi que le marketing lié au JO sera peut-être pour la première fois depuis très longtemps une force négative.
Prenez Lenovo, le quatrième constructeur mondial de PC portable et le seul sponsor global des jeux de nationalité chinoise. L’investissement concédé est de l’ordre de 100 millions de dollars, le plus important avec ceux venant de Samsung et de Coca-cola. On comprend mieux pourquoi Lenovo verrait d’un mauvais œil que la marque soit perçue comme la cible idéale à boycotter.

Le danger du marketing des jeux c’est savoir bien communiquer pour faire connaître sa marque aux chinois consommateurs tout en préservant son image à l’international. L’attention est d’autant plus forte que l’on est un nouveau sponsor. Etre un sponsor historique des JO, pas seulement des JO de Pékin semble moins difficile à gérer.

Sans doute que le boom médiatique sera moins fort que prévu, même si les marques préparent des campagnes à programmer au dernier moment si les jeux se déroulent sans soucis majeurs.

Les objectifs globaux d’une nation, les grands thèmes fondateurs d’une société ont donc un impact sur le business, c’est un fait. L’élan de ces dernières années pour une relation respectueuse entre stakeholders et l’engouement pour le développement durable fait entrer l’entreprise dans le débat sociétal, malgré l’apparente réticence des managers à vouloir confondre business et politique.

Le rêve chinois sera donc de créer un nouveau centre créateur de valeurs, financières et humaines, de miser sur les forces du pays : des infrastructures neuves, des régions à dynamiser pour accentuer le pouvoir attractif des villes second tier, un pays de service à l’accueil chaleureux. Comprendre que le monde vous regarde et qu’il est temps d’engager des professionnels du management du risque pour les liens diplomatiques, à se préparer aux acquisitions à l’étranger, à développer de véritables talents globaux, à créer des marques globales, à améliorer les organisations et aller vers la culture de l’autre.

04.05.2008

Petites histoires et grands desseins

Parfois la petite histoire et la grande tendance économique nous renseignent de manière équitable sur la façon dont tourne le monde.

A Hangzhou, près de Shanghai, trois français ne peuvent pas passer une nuit à l’hôtel sans perdre plus d’une heure au commissariat et pouvoir enregistrer leurs coordonnées auprès des autorités locales. Impossible d’avoir accès au cybercafé du coin pour relever ses mails. C’est un retour au temps des plages réservées aux étrangers ou aux chinois, de l’apartheid des années 80. Espérons que tout cela se calme après les JO.

A Mumbai et à Shanghai, les performances des bourses locales ont été faméliques depuis le début de l’année, les places perdant 21 et 35% alors que Sao Paulo et Moscou affichent une santé de fer sur les marchés à +7% et +6% respectivement, portés par la spéculation sur les matières premières. Ainsi ce sont deux groupes que l’on peut distinguer parmi les BRIC’s : les manufacturiers intensifs labour (Chine) et services (Inde) qui souffrent de la situation de crise actuelle des crédits et les pourvoyeurs de denrées de plus en plus rares (Russie et Brésil). Cette relation symbiotique est amenée à durer.

A Shenzhen, au siège de BYD (Build your dream), ce constructeur automobile chinois construit une stratégie qui ne ressemble en rien aux signes de fermeture lancés aux étrangers depuis quelques semaines en voulant développer ces activités aux Etats-Unis et en Europe, en s’ouvrant sur le monde.

29272adea375e71ab35314293ac6cdeb.jpgAdopter une stratégie qui prend le contrepied d’un destin pour certains tout écrit d’une Chine seulement champ d’opportunités pour réduire ses coûts opérationnels, c’est l’ambition de BYD. Les coûts de production augmentent alors que la main d’œuvre bon marché vient à manquer, le Renminbi s’apprécie et l’inflation est à son paroxysme, qu’importe ! pourvu que l’on ait la bonne stratégie. Et BYD est au moins sur un créneau original en proposant des core compétences dans le domaine de la fabrication de batterie pour se positionner il y a 5 ans sur la fabrication de véhicules traditionnels après l’acquisition de Shaanxi Qinchuan Auto Company puis sur la vague des véhicules hybrides et électriques en capitalisant sur son expertise batterie. Devenir leader dans la fabrication de batterie est une chose mais devenir un acteur marquant dans le domaine de l’automobile est une autre histoire. Le pari de Wang Chuanfu est pourtant en passe d’être réussi avec des ventes qui approcheront les 100 000 unités cette année. Le chemin est encore loin pour venir concurrencer les Toyota Prius et les Honda Civic voire même la future Chevrolet Volt mais la volonté est là et la qualité pour le segment des batteries pour applications portables aussi alors pourquoi pas dans les véhicules électriques et hybrides de demain.





Photo de J. Georget

27.04.2008

Yes We Neng

Xunzi est un penseur, philosophe du temps des royaumes combattants, ayant vécu 300 ans avant notre ère, confucianiste par éducation mais qui prit le contre pied de son maître en écrivant le chapitre 性恶 (xing e) , « la nature humaine est détestable ». Dans cette partie, très argumentée, à l’image de toute son oeuvre, il présente l’homme comme étant naturellement mauvais.

Tout le monde détient le 可 (Ke), le pouvoir de devenir l’homme sage tel l’exemplaire Yu, mais peu de personnes détiennent le 能 (Neng), la capacité à atteindre l’état d’homme respectable aux deux vertus les plus importantes : le 仁(ren) et le 義 (yi), la bienveillance et la probité.

Près de 1900 ans avant Hobbes, Xunzi invente le concept d’homme loup pour l’homme.

Allant plus loin dans l’analyse, Xunzi, cette fois ci dans la lignée des aphorismes de Confucius, développe l’idée de l’environnement de l’humain, facteur le plus important du développement de l’individu. Un homme deviendra mauvais à côtoyer des gens de petites vertus, telle est la triste vérité. Et ainsi, Xunzi invente le concept de terreau social, bien avant Durkheim pourrait-on dire.

Enfin, Xunzi met bien l’accent sur la capacité du 能, le sinogramme du pouvoir, de la volonté, qui prend toute son épaisseur sémantique à cette époque, 2300 ans avant le Yes We Can d’Obama.

58f4d04e0e0e42838de8be4d502d9205.jpgLe sens de la volonté et de la coopération n’a jamais été aussi important pour des peuples occidentaux et chinois qui doivent se comprendre pour faire face aux challenges du 21ème siècle et travaillez ensemble. Prenez le grand bond en avant pour construire l’économie moins carbonée de demain : c’est en opérant des transferts de technologie et en investissant dans les projets clés liés à l’économie d’énergie que le développement des industries vertes pourra se concrétiser.
Les plus belles technologies de piégeage de carbone ne pourront pas atteindre leur seuil d’efficacité si les chinois ne peuvent pas en profiter. De l’autre côté, les zones économiques spéciales, sorte de terrain expérimental et principe qui a fait ses preuves en Chine trouveront de nouveaux défis à relever avec l’instauration des zones Low Carbon pour améliorer l’efficacité énergétique des process de production.

Sur ce sujet en particulier, la Chine a encore beaucoup à apprendre, surtout lorsque l’on voit que la courbe d’intensité énergétique (Wh pour produire de la valeur ajoutée) n’est pas bien orientée : c’est ici que les européens trouveront en Chine un important marché et des projets gigantesques pour changer l’orientation de la courbe. C’est tout le sens du Neng, du vouloir, vivre ensemble, travaillez ensemble.
Alors Xunzi pourra t-il alors faire son entrée dans les programmes de philosophie des petits français ?

20.04.2008

Prendre le soleil

64882989478ed4058b20e4c04822aca6.jpgLe green business fait déjà des millionnaires, et ceci dans des régions pourtant tristement connues pour des taux de pollution approchants l’étouffement collectif. Shi Zhengrong n’est pas asthmatique mais bel et bien un des hommes les plus riches de Chine depuis l’IPO en fanfare de sa compagnie, Suntech Power en 2005 et l’entrée dans le cercle très fermé des chouchous de Wall Street.

Les investisseurs croient donc au scénario optimiste de 10% du mix énergétique provenant de l’énergie solaire d’ici 2030. Dommage que l’empreinte écologique le long du cycle de vie soit en défaveur de ce type de solution et qu’elle soit encore trop chère à produire mais rien n’y fait, les golden boy sont atteints du syndrome icarien et croient en la toute puissance du photovoltaïque. Sans doute croient-ils surtout à des taux de croissance absolument époustouflants, aussi bien dans la production, le chiffre d’affaire ou les marges générées.

L’analyse est encore vraie pour ce type d’industrie malgré son caractère intense technologiquement, elle est à la fois stratégiquement liée à des importations de silicium qu’il faut sécuriser mais elle est aussi largement dépendante des exportations. A la même enseigne donc que la majorité du tissu industriel chinois.
L’avenir est peut-être à l’Ouest…de la Chine pour les entreprises comme Suntech. En effet le boom du photovoltaïque a démarré avec le plan étatique d’électrification des villages et régions isolées de l’ouest chinois en 2002.
Or les premières batteries, utilisées pour stocker l’énergie produite hors réseau installées dans ces régions reculées ont une durée de vie limitée et doivent être remplacées. La prochaine étape pour le programme gouvernemental est de mettre en place des compagnies locales énergéticiennes qui pourraient exploiter les nouvelles cellules solaires et les microcentrales hydroélectriques.
La solution pour la survie des marges pour un acteur comme Suntech est donc de chercher à créer des opportunités dans son propre pays alors que l’objectif de Pékin est d’installer d’ici 2020 seulement 1,8GW pour 1500 GW installés selon les prévisionistes.

“Being good in business is the most fascinating kind of art” disait Andy Wharol et il faudra en effet un véritable artiste pour contrer les soixantes entrants chinois dans ce secteur et mitiger le risque des approvisionnement en matières premières qui ne suivent plus la demande ou le risque des débouchés qui sont pour plus de la moitié dépendant de la politique énergétique de l’Allemagne, étonnamment courageuse (ou téméraire ?) dans le domaine.

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Docteur Shi, le magicien du NYSE pourra t-il se muer en artiste stratège ?

14.04.2008

Comprendre avant d’essayer de convaincre

Rien n’est jamais acquis.

Même les plus belles fiançailles, promises à un mariage sous les plus beaux auspices peuvent se terminer par un laconique communiqué annonçant que les autorités étatiques refusent le deal pour manquement au service à la patrie.

C’est le scénario à l’asiatique d’une histoire qui trouve son pendant en Europe-demandez à Air France KLM et Alitalia-et qui met en scène China Eastern et Singapore Airlines.
China Eastern, c’est le mauvais élève des trois grandes compagnies aériennes chinoises (Air China, China Southern complètent le trio).

Qu’est ce qui fait la différence donc, entre une acquisition réussie, du moins dans le passage du deal et une qui passe à la trappe ? Pourquoi l’indien Tata arrive à faire son marché dans le secteur hypersegmentant de la voiture de luxe avec (seulement) des compétences éprouvées dans le domaine du low-cost alors que cette acquisition dans l’aérien qui avait tout d’une opération parfaite pour les deux parties avorte ?

La réponse est peut-être à aller chercher dans l’apocalyptique revue des événements de ces dernières semaines et qui reflète une très ancienne et incroyablement cruciale question en Chine, celle du nationalisme à la chinoise.
Tout était à gagner sur le papier pour les cousins chinois et singapouriens : un hub à Shanghai pour la Singapore Airlines, un management surdoué pour la China Eastern qui perd de l’argent depuis 3 ans maintenant. Pourtant, après quelques coups théâtraux en arrière scène, et surtout après une question de perte de face de la part des autorités compétentes chinoises, le deal est tombé à l’eau.

Ce jeu à trois bandes entre le conseil d’état chinois sous la pression du lobby d’Air China, Temasek qui contrôle Singapore Airlines et la China Eastern nouvellement listée aux bourses de Hong Kong et de Shanghai n’a donc pas vu une issue heureuse pour les deux parties directement concernées.

Tout ceci ressemble à une victoire d’Air China qui se verrait bien assouvir son rêve de contrôle total du ciel de l’empire du milieu. Malgré des déclarations d’accords initiales de la part du gouvernement chinois qui n’hésite pas à accepter ce genre d’opérations lorsque des capacités de management sont nécessaires, la prise de participation n’a pu se faire. Il est vrai qu’entre la déclaration d’accord et les réunions successives d’actionnaires, l’action de China Eastern s’était appréciée de manière significative mais la raison principale n’est pas là mais elle réside bien dans ce nationalisme chinois. Celui là même qui a été blessé ces derniers jours.

Le monde occidental a tout à gagner à voir une Chine ouverte et respectable et la confrontation directe n’est d’aucune efficacité. Comment accepter les remontrances, les leçons d’un professeur qui vous a pillé et saccagé votre version orientale de Versailles, à la même époque où le Tibet faisait déjà partie de la Chine depuis des siècles ? Dans ce mouvement de progrès et d’ouverture, les jeux olympiques sont une bonne chose pour le peuple chinois qui mérite ces événements.

Le prix à payer d’une Chine qui se referme sur elle-même est immensément plus grand que celui de se dispenser de déclarations hasardeuses. De l’autre côté du miroir, il est temps de repenser sa politique de communication pour l’instant désastreuse et de mettre la lumière sur les discussions avec le chef spirituel d’un Tibet qu’il veut laïque et plus autonome, dialogue qui n’a en fait jamais cessé, mais de manière plus que discrète. A la chinoise.
Il est des temps où sport, business et politique sont les éléments inextricables d’une équation à plusieurs inconnues et dont la résolution passera sûrement par la remise en question, des deux côtés, de la légitimité des donneurs de leçons et de la concordance entre le symbole de la flamme et le feu de l’action.

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