19.03.2007

Que faire de 300 milliards de dollars ?

Evénement sur la planète finance, le plus grand fonds d’investissement du monde vient de voir le jour en Chine, pays communiste. Que pensez de cette entrée fracassante dans l’économie de marché à l’anglo saxonne ? Et surtout que vont-ils faire de tout cet argent qui pourrait racheter une entreprise comme Total à lui tout seul ?

medium_florianedelasse.2.jpgLou Jiwei, ancien vice ministre des finances, est donc le nouveau Warren Buffet puisqu’il a été retenu pour diriger cette nouvelle agence qui devrait gérer entre 200 et 300 milliards de dollars. Cette décision, je la trouve naturelle, et dans la lignée de ce qui a pu être fait par les sud coréens ou les singapouriens avec leur fonds d’investissement Temasek holding qui affiche une belle santé. Ayant 1000 milliards de réserves en bons de trésors américains, il est temps pour la Chine de diversifier son avoir.
Les chinois dépendent beaucoup de l’exportation comme chacun sait, et les américains sont très contents d’être financés par l’épargne chinoise puisqu’ils vivent au-dessus de leurs moyens. C’est donc une relation bilatérale entre les deux géants qui a des avantages réciproques jusqu’à ce que…jusqu’à ce que l’endettement américain devienne trop élevé et qu’un ajustement s’opère de manière coopérative ou chaotique ? Je n’ai pas la réponse…
En tout cas, en créant une telle force de frappe, Pékin suscite le débat sur l’utilisation de ces centaines de milliards de dollars : les utiliser pour réduire la pauvreté ou pour investir à l’étranger ?
Ce qu’il faut savoir c’est qu’une partie des réserves, les fameux 1000 milliards de dollars ont déjà été en partie utilisé pour aider les banques, assureurs et courtiers chinois qui étaient très mal en point par l’intermédiaire de Central Beijing, l’actuelle agence d’investissement du parti. Les programmes sociaux n’ont pas encore été évoqués à part le vœu pieux d’une société harmonieuse.

Il s’agit de créer un rendement sur une partie des réserves (20%) qui par définition étant en dollars, est soumise à la fluctuation du billet vert. Pourquoi ne pas diversifier en d’autres devises, et là européen que je suis, je lance le mot euro ! Mais ce serait se tirer une balle dans le pied puisque convertir veut dire faire baisser la valeur du dollar et donc de son fonds… La deuxième solution est d’obtenir un rendement compensateur, une sorte de prime de risque qui permettra de compenser les pertes futures puisque le dollar est amené à baisser. Comme les grands fonds de pension : diversification internationale, private equity, actions, voilà le programme.
Des actifs dans le secteur de l’énergie seraient prioritaires, mais le mot d’ordre est à la prudence… Eads pourrait il constituer une cible potentielle ?