31.08.2007

La Chine qui gagne

205668430f9cc15c1ce5a80997974c34.jpg12’88 c’était le temps qu’avait réalisé Liu Xiang (prononcer Lio Chiengue, et pas Ziang Liu comme on le fait sur France Télévisions) à Lausanne, battant le record du monde de sa discipline, le 110m haies en 2006. Aujourd’hui, il conquiert le seul titre qu’il lui manquait dans sa jeune carrière, les championnats du monde, de plus en Asie, à Osaka au Japon. Après avoir remporté les Jeux Olympiques à Athènes en 2004, ce jeune athlète a donc déjà tout gagné. En Chine, ce n’est même plus une star, c’est un demi-dieu. Il prête son image à des constructeurs d’ordinateur ou à des fabricants de laits, il est partout : sur les murs de la capitale, sur les bus, les pancartes dans le métro… Le Shanghai express est adulé dans son pays et subit une pression énorme dont il s’accommode plutôt bien pour l’instant au vu de ses résultats.

Encore aujourd’hui, il devance deux américains après une course toute en symboles puisque il était sorti assez mal des starting-blocks pour ensuite revenir comme une flèche sur ses concurrents et ainsi terminer en tête en 12’95.

Terrassant une fois de plus les américains, mon collègue de l’IT me disait : ce n’est plus seulement une star, c’est un héros de l’Asie.

J’ai envie de faire le parallèle avec l’équipe de France 98, peut-être avant la lettre certes mais à un an des JO, c’est ce qu’il me vient à l’esprit. Cet homme décomplexe la Chine qui se rend enfin compte qu’elle peut gagner, qu’elle va enfin dépasser l’Allemagne cette année ou l’année prochaine en termes de volumes d’exportation, et que c’est le nouveau décideur en Afrique. C’est la Chine qui gagne. Champion du monde de 110m haies ou champion du monde des exportations, même combat pour la reconnaissance.

En 2005, l’année qui suivit son titre, il a été ajouté au programme scolaire des élèves shanghaiais en primaire, il est le porte parole de Lenovo, de McDonalds, de Mengniu, de Visa Card tout en buvant du Coca Cola en portant des chaussures Nike et téléphonant grâce à sa carte China Mobile et j’en passe. Liu Xiang est le David Beckham asiatique.

Il ne subit pas de surcharges d’entraînement comme on peut le fantasmer en occident. Il s’entraîne seulement 3 heures par jour, assez pour ouvrir ses ailes pour s’envoler vers de nouveaux records comme son prénom Xiang 翔 le signifie.