21.09.2007

China Fast Food : McMao

e3a97f43e610590477af43df91e7636f.jpgEn ces temps de rapports alarmants sur la qualité des produits, sorte de défouloir aux périljaunistes en tout genre sur le côté obscur de la force de croissance chinoise, on ne s’est jamais autant posé la question vitale de la sécurité alimentaire en Chine. Plus de 95% de la population chinoise classe ce sujet parmi les plus importants. D’ici 2017, la classe moyenne chinoise dépensera plus de 650 milliards de dollars dans la nourriture, c’est dire l’importance de l’argent à mettre sur la table. On estime que plus de 100 milliards de dollars devront être investi pour améliorer la supply-chain et les canaux de distribution de la nourriture en Chine. Ce pays est le seul au monde a avoir plus de 50 villes à plus de 1 million d’habitants, et ceci non seulement sur les côtes mais dans l’intérieur des terres aussi, ce qui entraîne un certain besoin dans le réseau de distribution. Le jeu en vaut la chandelle car les chinois sont prêts à payer le prix fort pour avoir de la qualité, c’est la raison principale pour laquelle ils s’agglutinent dans de grands hypermarchés proposant désormais des grandes marques reconnues. Les leaders sont Carrefour et Walmart. Un des défis les plus grands pour cet approvisionnement est de relier une supply chain qui est aujourd’hui fragmentée, qui manque de normalisation faute d’audit et de suivi gouvernemental. On ne peut pas seulement faire confiance sur la vérification visuelle que l’on peut avoir dans la fraîcheur d’un produit. C’est ainsi que les camions réfrigérants vont passer d’un nombre de 30 000 actuellement à 365 000 dans une dizaine d’années selon le ministère des transports chinois. En faisant cet effort, le consommateur chinois va contribuer a augmenté les bénéfices des sociétés qui auront jouer la carte de la qualité premium même si le coût augmente, qui auront réduit les gaspillages dû aux déchets et réduit aussi les coûts de distribution en investissant dans des infrastructures logistiques plus efficaces. Quitte à faire appel à l’investissement étranger. A bon entendeur…. Encore une fois, l’approvisionnement des denrées alimentaires prend une dimension stratégique importante. L’approvisionnement en blé de l’ex URSS avait obligé Kroutchov a ouvrir son pays aux importations américaines, aujourd’hui nous ne sommes pas dans un contexte de guerre froide mais les négociations sur les approvisionnements n’en seront pas moins chaudes.

17.08.2007

Le monde est plat

The world is flat, le meilleur livre de business de l’année de Thomas Friedman, ma recommandation pour vos lectures estivales. Je me rends compte alors que je mangeais dans un restaurant japonais hier à Pékin et que notre couple franco-singapourien était entouré d’un couple coréen à gauche et québécois à droite. Je me souviendrai aussi de ma première réunion en conference call où Singapour-France-Chine étaient connectés sur le même réseau pour écouter le freshman que j’étais. Nous sommes donc des animaux globaux. Cette petite planète a son intérêt par ses parfois et parfois on voyage de Pékin à New York et on rencontre des gens de sa petite école centralienne à Manhattan. Bienvenue dans votre espace globalisation, le monde est notre village, c’est la grande pièce du millénaire et l’homme du 21ème siècle sera chinois. De Manhattan. Hommage à mon présentateur préféré de la CCTV 9, James Chau. Mon ami global James Chau m’a contait l’histoire d’une firme globale ce matin, firme qui profite de la platitude du monde pour faire des affaires, je vous présente la compagnie d’export trading : Li & Fung. A Bangalore, le monde est plat comme un écran géant où à tout moment américain, singapourien et indien peuvent discuter en direct de software reprogrammé, c’est la théorie de Friedman mais pour Li&Fung, le monde est plat depuis un certain temps déjà, depuis que cette entreprise est devenu experte à manager la supply chain globale. Aux Etats-Unis, si vous allez dans un centre commercial, 30 à 40% des produits sont passés par leurs mains mais leur marque n’apparaît pas, discrétion efficace toutefois.

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La théorie de Bruce Rockowitz est intéressante est fait échos aux propos de Friedman, aujourd’hui le référentiel n’est plus le pays ou le groupe de pays mais bien le monde global. Connecté grâce aux nouvelles technologies d’information, Li&Fung n’utilise qu’un seul centre stratégique de collection de données à Hong Kong mais reste à temps réel maître de toutes ces opérations à chaque point du globe. Sans avoir aucune industrie à proprement parlé, Li&Fung détient un capital intangible de 12 milliards de dollars et un capital humain de 11 000 personnes répartis dans 70 pays à travers le monde. Alors que la production n’a cessé de bouger, tout d’abord à l’intérieur d’un même pays ou d’une région (de la côte est américaine vers le sud par exemple), puis à travers un groupe de pays, c’est maintenant le temps où toutes les opérations doivent être localisées dans la région appropriée. Votre service comptable en Inde, vos composants en Chine et en Malaisie, et votre assemblage final chez vous mais votre logistique chez votre partenaire, basé à Hong Kong, plate forme du nouveau monde plat. Le dinosaure vertical où vous essayez de tout contrôler du début à la fin n’a plu lieu d’exister. Bienvenue dans le monde où c’est la compétition et le marché qui vous pousse à construire ces réseaux mondiaux, des aplatisseurs de monde en quelque sorte. Pour Rockowitz, il existe trois niveaux de compagnies, celle qui réagissent aux changements du monde, celles qui les anticipent et enfin celles qui arrivent à se réinventer d’elles mêmes, des « University » compagnies comme il le dit. Réinventer la platitude du monde, revenir au haut moyen-âge serait le nouveau modèle du 21ème siècle ?