20.07.2008
Sur la compétitivité chinoise
On a récemment attiré mon attention sur le niveau de compétitivité de la Chine suite à des articles de presse faisant état d’une baisse de l’attractivité des manufacturiers pour l’empire du milieu due aux pressions inflationnistes et à la hausse des coûts de main d’œuvre. Tout d’abord, les coûts de main d’œuvre en Chine sont encore loin de ceux observés dans les autres pays-dragons du sud-est asiatique, et on ne parle même pas de ceux pratiqués en Europe occidentale ou aux Etats-Unis. Même dans les trois plus grandes villes chinoises, le salaire moyen est encore 7 fois inférieur au salaire moyen coréen pour prendre un exemple comparable. D’autre part, la seconde raison pour laquelle les prix sont bas en Chine, à savoir l’intense compétition intérieure est toujours aussi féroce, avec de nouveaux entrants qui viennent défier les acteurs existants dans des industries majoritairement fragmentées. Il est vrai pourtant que l’inflation a atteint des records ces derniers temps et que le RMB s’est apprécié de manière substantielle depuis le début de l’année. Mais la hausse du coût des matières premières affectent toutes les économies, et donc ne vient pas contrecarrer la compétitivité chinoise. De plus les salaires augmentent mais la hausse de la productivité est concomitante, avec par exemple, l’implémentation des bonnes pratiques de lean manufacturing ou le management au plus près des fournisseurs chinois après les épisodes Mattel. Enfin un Yuan fort veut dire que les chinois achètent leurs matières premières, pétrole ou matières issues du pétrole à moindre frais. Ceci venant contrebalancer les effets néfastes sur la compétitivité des produits destinés à l’exportation. C’est aussi un signe fort que le pays veut se tourner vers sa consommation intérieure. Malgré une appréciation du RMB de 20%, les exportations vers les Etats-Unis ont augmentées depuis mi-2005. De manière plus générale, les données purement économiques ne sont pas les seules raisons pour lesquelles les compagnies se sont installées en Chine et vont y rester. A ceux qui vous diront que le Vietnam ou la Malaisie est la nouvelle Chine, il faut rappeler que la population du Vietnam représente 7% de celle de la Chine et qu’il faut atteindre un certain degré de sophistication pour pouvoir outsourcer dans un secteur comme celui de l’automobile par exemple. La Chine a appris de ces joint-ventures et a réussi à développer des infrastructures qui rendent l’environnement business extrêmement porteur.

09:15 Publié dans Vie Economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, chine, compétitivité, coût de main d'oeuvre, monnaie

