26.09.2007

Monkey King, le nouvel Opéra chinois

La Chine fête en ce moment même les célébrations de la mi-automne, l'occasion de s’échanger des gâteaux de lune, de nourrir aussi son networking en envoyant des cadeaux d’entreprise aux gens à qui on veut envoyer le message : restons en contact ! fête traditionnelle surtout pour se retrouver en famille ou entre amoureux.

1f06110c28d643896522492da2c6ba73.jpgUne occasion pour les français sur Paris d’aller voir le spectacle Journey to the West d’après la légende du Roi Singe très populaire en Chine. Cette légende devenue show télévisé a marqué une génération en Chine et est connue de tous. Une vraie référence à connaître mais aussi un mélange de folklore, d’allégorie, de religion, d’histoire et de satire. C’est un véritable conte de fée, écrit pour sa première version au 16ème siècle, qui amuse des générations de chinois depuis 300 ans avec forces allégories boudhistes, taoïstes et confucianistes. Le cœur même de la culture chinoise.

C’est aussi un bon moyen pour les petits occidentaux d'aborder de manière poétique la culture chinoise. Suivre les péripéties du Roi Singe, c’est appréhender la truculente épopée d’un héros plein d’humour qui apprend les arts martiaux et les secrets de l’immortalité. Poussé par une envie impérissable d’accéder à la reconnaissance et par goût de la bonne chère et du vin, il s’aventurera dans de nombreuses contrées. Il provoquera par la même occasion le courroux de nombreux dieux. Les versions de l’histoire sont innombrables mais la trame principale est inspirée de l’aventure de Xuan Zhang, qui a vécu sous la dynastie Tang et a ramené d’Inde les écrits sacrés bouddhistes aux chinois. Avant-hier un opéra à part entière, hier un show télévisé populaire et aujourd’hui un nouvel opéra pop présenté à Paris, le Roi Singe n’a pas fini d’inspirer des générations entières.

Ce nouvel opéra, c’est aussi la Chine qui s’amuse et distrait. C’est la Chine peut-être qui s’amuse aussi à conquérir le monde, forte de ses valeurs et d'un soft power à entretenir. C’est la Chine qui construit le train rapide 100% chinois entre Pékin et Shanghai, sans l’aide directe des occidentaux. Comme une facétie du Roi Singe, les chinois ont annoncé que Siemens aurait l’honneur de s’occuper de la signalisation autour de la ligne ferroviaire. Une annonce en forme de pied de nez aux français, allemands et japonais qui s’étaient évertués à vouloir vendre leur version clé en main de train à grande vitesse.